Auteur/autrice : Sadegh Keyhani

  • Le pèlerinage de Saint Jacques  de Compostelle et son rôle dans l’émergence de l’Europe moderne.

     

    Le pèlerinage de Saint Jacques  de Compostelle et son rôle dans l’émergence de l’Europe moderne.

    Les Musulmans en Espagne
    Les musulmans ont envahi la péninsule ibérique au huitième siècle après JC et ont conquis une grande partie de l’Espagne et du Portugal. La traversée musulmane des Pyrénées et la conquête de certaines parties de la France ne se sont pas poursuivies, mais c’était un dur réveil pour les gouvernements locaux européens. Venus de l’Est, après avoir conquis le Moyen-Orient, les musulmans pensaient conquérir Constantinople (Istanbul). L’ennemi commun va exiger l’établissement d’un pouvoir  puissant en Europe. Ce sera fait par Charlemagne qui devient le fondateur d’un empire dont les successeurs ont régné sur une grande partie de l’Europe pendant plus de 10 siècles. Cet Empire  se réclame  comme le successeur de l’Empire romain et le défenseur du christianisme. Charlemagne va traverser les Pyrénées à deux reprises et combat les Arabes sans succès. Pour autant, ces entreprises guerrières sont la preuve de la volonté en Europe de s’opposer aux musulmans.

      La légende de Saint Jacques en Espagne
    Selon la légende, Saint Jacques l’un des douze apôtres du Christ, a été envoyé en Espagne pour promouvoir la  » bonne nouvelle ». A son retour à Jérusalem en 44 après JC, Jacques fut assassiné par Hérode, roi de Jérusalem. La suite de la narration raconte que son corps a été mis dans un bateau par les croyants et transporté en Espagne sous la direction d’un ange. Puis son corps a été abrité dans une grotte dans la région  de Galice. Par  la suite au 9ème siècle, un croyant  a découvert Saint-Jacques grâce aux étoiles à Compostelle. Avant cette date, Saint-Jacques était particulièrement salué comme le fondateur du christianisme en Espagne parmi les croyants chrétiens en dehors de la domination musulmans . Ce contexte historique met en lumière la survenue d’un tel « miracle » dans le nord de l’Espagne, une région qui à l’époque était connue comme la « fin de la terre / fin du monde ».
    La diffusion de tels récits a fourni la base spirituelle  de la reconquête de l’Espagne. Il y avait à l’époque diverses légendes: on disait que Saint Jacques avait amené sa tête décapitée en Espagne, ou aurait monté un cheval blanc avec une croix rouge brodée * sur le ciel espagnol et promit la liberté aux croyants. Ces légendes ont donné espoir aux masses chrétiennes et ont conduit à leur future mobilisation dans la lutte contre les «infidèles occupants». Désormais, selon la tradition, Saint-Jacques sera à la tête des forces chrétiennes dans la guerre. Le titre « Mata Maure » est ajouté à Saint Jacques, signifiant le tueur de « Maures », les Arabes! Il restera le guide et le gardien de l’Espagne tout au long du Moyen Âge. A cet égard, un ordre  militaro-religieux appelée Saint-Jacques a été créé, dont les règlements et les devoirs étaient calqués sur l’ordre  des «pauvres chevaliers du Christ au Temple de Salomon» et était chargé de la sécurité des routes de pèlerinage et des lieux saints. Au neuvième siècle, le roi des Asturies,   Alphonse II se rendit à pied au sanctuaire de Santiago de Compostela et ordonna la construction d’une magnifique église. Par ailleurs l’administration de ces routes exigeait un système coordonné, d’autant plus que les dirigeants musulmans étaient conscients du danger et que Abdul Rahman Amir « Kroduba » détruisit Santiago en 997 et prit les cloches de l’église comme symbole du sanctuaire. Cet événement a montré que les deux parties en conflit étaient conscientes de l’importance du rôle du sanctuaire dans le sort des guerres futures.

     

     

    Extension du chemin de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle

                    Le déplacement de pèlerins à Santiago venant de différentes parties de l’Europe a conduit à l’émergence de routes, de ponts et de prospérité économique le long de la route. L’expansion de cette route va devenir beaucoup plus importante dans la partie espagnole. Des  monastères, des  hôpitaux, des dortoirs et divers types de services pour les pèlerins vont être construits. Les pouvoirs  européens et les nobles  vont lever des fonds publics pour aider  ces installations de service, et les branches locales de l’Église catholique vont élargir leur crédibilité et leur réseau de communication en mobilisant les fidèles.  Marcher pendant des centaines de kilomètres à pied malgré les dangers et les événements du voyage va créer une mémoire commune pour les croyants et renforcer leur lien d’appartenance à la «grande nation du Christ». De plus, le récit de ce voyage mouvementé va accroître l’enthousiasme des autres croyants à participer à cette aventure commune. L’expansion des routes et la présence de voyageurs de toute l’Europe va conduire à la prospérité économique des villes et villages tout au long de la route. Cela a permis également le transfert d’expériences dans divers domaines, y compris la culture de vigne  et l’amélioration de la qualité du vin dans le nord de l’Espagne. L’expansion des ports et du commerce en sont d’autres dimensions.

              La passion religieuse des pèlerins au service de la reconquête de la terre du Christ aux «infidèles»

                  Avec la colonisation de l’Espagne  par  des musulmans (appelés par les chrétiens « Maures » ou « Sarrasins »), seule la partie nord de la péninsule est restée entre les mains des pouvoirs  locaux qui payaient des impôts  pour conserver leur fiefs. Des pouvoirs locaux  qui, avant et après l’arrivée des musulmans, étaient toujours en conflits internes .Bien que les musulmans aient été initialement unis sous la bannière des Omeyyades, il ne fallut pas longtemps avant qu’ils subissent eux aussi une lutte pour le pouvoir et le régime tribal remplaça le régime omeyyade. Et dans ces rivalités locales, il y eut, des deux côtés, des alliances avec «l’ennemi». Le processus de diminution du pouvoir musulman sur la péninsule ibérique, appelé plus tard la «reconquête», a commencé au neuvième siècle. Dans chaque région, selon l’équilibre des pouvoirs, le dirigeant local était vassal, soit d’un roi chrétien, soit d’un émir musulman. La propagation d’un sentiment

    d’appartenance à la «nation du Christ» puis à «la terre d’Espagne» va se manifester dans la guerre contre les «infidèles occupants», et le pèlerinage à Santiago devint l’épine dorsale de ce mouvement, affectant non seulement l’histoire future de l’Espagne mais aussi l’histoire de l’Europe médiévale. La reconquête de l’Espagne a duré quelques  siècles. Son résultat fût la construction d’Etats puissants au Portugal, puis en Espagne. Les gouvernements du Portugal et d’Espagne, utilisant les divers Ordres  qui avaient acquis une vaste expérience des croisades, ont pu découvrir de «nouvelles terres» avant leurs rivaux européens et propager le christianisme parmi les indigènes. L’Église, en soutien direct à la formation des empires portugais et espagnol, leur a donné la souveraineté sur les Amériques pas encore été pleinement explorées. Bien que la présence et le soutien de l’Église aient donné à l’Empire espagnol la suprématie sur le monde au cours des XVe et XVIe siècles, la création de l’Inquisition a accru la répression religieuse, privant l’Espagne du fleuron du mouvement de la Renaissance. Un pays  possédant les réalisations culturelles et scientifiques de la période andalouse et qui avait amassé une grande richesse matérielle des colonies,  n’a pas pu profiter  de ses acquis et du progrès qui se développait en Europe en raison de la suprématie  de l’Eglise. La fusion du pouvoir politique et de l’Église catholique  a continué en Espagne jusqu’à la fin du XXe siècle.

     

  •   Les « Pauvres Chevaliers du Christ » du Temple de Salomon  

    Les Templiers sont l’Ordre  de chevaliers le plus important et le plus influent du Moyen Âge. L’Ordre  a été fondé sur des principes religieux et militaires, ce qui était en fait une hérésie dans le christianisme, mais, en raison de l’importance et du rôle de cet ordre  dans les croisades, il est devenu la plus grande et la plus populaire organisation militante religieuse en Europe. Dans les sphères économique et politique, l’ordre du Temple a formé des organisations parallèles qui ont éclipsé le règne des rois européens locaux. Ces «pauvres chevaliers du Christ» qui avaient combattu les «infidèles» pendant deux siècles sous le slogan « Dieu le veut» ont acquis une richesse légendaire. Cependant à la fin des croisades ils ont été condamnés par le roi catholique français pour hérésie et leurs chefs, sous la torture,  ont avoué avoir trahi le Christ, être de connivence avec l’ennemi et être homosexuels. Ils ont été brûlés sur le bûcher à Paris.
    Cependant, les restes de ce groupe ont joué un rôle important dans l’histoire européenne.

    Formation de l’ordre
    En 1119 après JC, 20 ans après la conquête chrétienne de Jérusalem et au cours   des croisades, un petit groupe de chevaliers français se rassembla au temple de Salomon (mosquée Al-Aqsa) et prêta le serment d’allégeance aux routes de pèlerinage et aux sanctuaires chrétiens. La condition pour que les chevaliers rejoignent ce groupe militaro-religieux était le transfert des biens personnels, l’abstinence sexuelle et l’obéissance absolue au groupe. Ces « pauvres chevaliers du Christ du Temple de Salomon se sont consacrés aux devoirs religieux et sont rapidement devenus l’épine dorsale de l’armée chrétienne dans la guerre contre les «infidèles», au point que les chrétiens de  la ville  ont demandé que le commandant de l’Ordre devienne le Roi de Jérusalem. Celui-ci a refusé et est allé en Europe pour obtenir  des  soutiens financiers et  pour la propagation de l’ordre  en Europe.
    S’appuyant sur leur bravoure et leur rôle dans les croisades, ils ont été reconnus par l’Église de Rome. Considérés comme des héros, la population  exigeait que les rois européens coopèrent avec les Templiers. Ainsi soutenir l’Ordre devint un moyen de légitimité pour  la noblesse et les chevaliers non religieux.
    Les Templiers de Champagne ont formé un vaste conseil de chevaliers et de fonctionnaires ecclésiastiques et d’État qui ont pleinement soutenu le culte. Plus important encore, Bernard de Clervaux, un haut théologien  de l’Eglise, a qualifié les Templiers de vrais disciples du Christ. Il a décrit leur défense armée des pèlerins comme une «bonne guerre/guerre sacrée» et a rédigé un code pour les Templiers pour les défendre : Le vrai christianisme et l’Église. Parce que les enseignements des Chevaliers étaient basés sur des principes religieux et militaires très stricts, l’Église accordait également des droits et privilèges spéciaux au culte, ce qui les protégeait de toute critique. Ce culte recouvre une couche de mystère, et cette fonctionnalité ajoute à son charme et à sa puissance. La reconnaissance de la fusion des enseignements religieux et du pouvoir militaire de Mélisses et la louange des Chevaliers du Temple de Salomon a été l’un des résultats de ce conseil. Selon l’église, ces chevaliers étaient considérés comme des soldats dévoués du  Christ et de nombreux chevaliers laïques ont tenté de les rejoindre.
    L’Ordre  » organisa bientôt un vaste réseau à travers l’Europe et recruta de nouveaux membres parmi la noblesse et d’autres classes: si le nombre initial de Templiers n’était pas supérieur à sept, il se serait élevé à des dizaines de milliers à son apogée  au milieu du XIIIe siècle. L’ordre avait des membres formés dans un vaste réseau dans toute l’Europe ou impliqués dans les affaires économiques. Il fonda de multiples « commanderies » qui étaient en fait des organes de gouvernement parallèles (plus de 1 200 en France, 43 en Grande-Bretagne et 35 en Espagne) qui jouèrent un rôle important dans diverses sphères sociales.

    « L’Ordre » bras militaire du « Pape » dans la création d’un gouvernement parallèle contre les dirigeants locaux

             La tâche principale de la secte était de garder les routes de pèlerinage et d’assurer la sécurité des pèlerins. Le rôle des chevaliers dans les zones musulmanes est devenu plus important en raison des attaques armées (le mot gendarme – homme armé vient d’ici). Dans les premières croisades, les Templiers et des Chevaliers de l’ordre Hospitalier  (un autre ordre de chevalerie) ont joué respectivement les rôles d’avant-garde et de soutien. Les templiers  ont sauvé Saint-Louis capturé lors de la deuxième croisade ** en payant la rançon du roi de France.Ils ont accompagné le roi Richard Cœur de Lion d’Angleterre dans la troisième croisade (1189-1192). Aux XIIe et XIIIe siècles, les Templiers étaient l’armée la plus puissante et la plus professionnelle d’Europe. Les chevaliers de moins de dix ans étaient formés à la guerre. En plus des techniques militaires avancées, ils disposaient du meilleur équipement militaire de leur temps: chaque templier était accompagné de plusieurs équipages. Les chevaliers recevaient une formation spéciale pour résister  à la torture en cas de capture ( pas de rançon pour un templier capturé).

             En 1139, le pape Innocent VIII, à travers un document scellé, accorda des privilèges importants au second chef de l’Ordre notamment celui d’avoir un clergé qui ne rendait des comptes qu’au seul pape ce qui renforça considérablement leur pouvoir. Ces droits ont été étendus par les papes ultérieurs. Lorsqu’il y avait un problème entre l’Ordre  et les autorités religieuses locales, le pape soutenait les «soldats de Dieu».

             Les «Pauvres Chevaliers du Christ » organisation économique la plus riche d’Europe.

                Le réseau de communication des Templiers et leurs expériences acquises lors des croisades ont placé le groupe dans une position économique particulière. Recevant de grandes  fermes comme dotations ou cadeaux des riches et sur la base de leurs expériences de l’agriculture méditerranéenne, les templiers innovèrent en multipliant la variété des cultures et les méthodes de plantation. Mais leur point fort était la connaissance  des routes maritimes et  leurs liens avec les marchands orientaux. Les «pauvres chevaliers du Christ» atteignirent bientôt une position telle que la plupart des finances de l’Europe étaient sous leur contrôle. Même les rois des pays européens leur étaient redevables. Partout où il y avait moyen de faire fortune, l’Ordre  s’en emparait: de l’agriculture aux ateliers de tuilerie et de teinture … aux affaires commerciales (l’Ordre était exonérée de taxes et de redevances routières). En matière financière, la banque de l’Ordre  fût à l’origine des premières cartes de crédit codées. Les pèlerins de Jérusalem, riches et pauvres, mettaient  leurs biens et  les objets de valeur au siège local des Templiers. Ils recevaient en échange des documents avec un mot de passe. Avec ce document, ils pouvaient sur le chemin retirer de l’argent à la section locale de l’Ordre, protégeant ainsi leurs biens contre le pillage par les extorqueurs en cours de route Le Temple a été la première banque internationale en Europe. Recevoir des intérêts sur l’argent était interdit dans le christianisme mais était considéré comme permis par la fatwa de l’Église comme un «coût de main-d’œuvre». De cette façon, l’Ordre avait l’assurance de revenus importants et devint l’institution la plus riche d’Europe.

           La fin des Templiers en France

                Après la conquête de la Terre Sainte au XIIe siècle par Saladin Ayyubid, les Chevaliers déplacèrent leur quartier général/commanderie/ vers le port d’Acre  (Haïfa). Puis lorsque les Turcs seldjoukides conquirent toute la région, les templiers durent s’installer dans  les îles méditerranéennes.
    Leur défaite en Terre Sainte mit en péril leur position privilégiée en Occident. Les Templiers cherchèrent du soutien dans divers pays européens mais la ferveur religieuse avait disparu .

                     La puissance croissante de l’Ordre en Europe avait accru le nombre de leurs rivaux et ennemis: les marchands et les artisans étaient dans une situation désespérée face aux privilèges déraisonnables de ce grand rival, les masses paysannes qui travaillaient  sur leurs terres  considéraient également les chevaliers comme des seigneurs féodaux, et les dirigeants locaux n’étaient pas satisfaits du pouvoir politique de cette organisation parallèle. En plus, il y avait une forte opposition dans le corps de l’Eglise aux chevaliers qui avaient un pouvoir religieux indépendant.

    La France, quant à elle, était maintenant dirigée par le petit-fils de «Saint Louis». Le roi de France, Philippe Le Bel se considérait plus catholique que le pape et étendit son pouvoir sous la menace du pape. Mais le trésor de l’Etat était vide et il devait beaucoup aux «pauvres chevaliers». Il ordonna l’arrestation des chevaliers à lasuite d’une conspiration minutieuse. Le vendredi 13 octobre 1312, tous les quartiers généraux des chevaliers furent occupés et leurs biens confisqués. Les chefs des chevaliers durent avouer plus d’une centaine de crimes sous la torture, y compris la trahison et l’homosexualité. Les tribunaux  les condamnèrent à mort malgré l’opposition initiale de l’Eglise et leur commandant périt sur le bucher à Paris.

    Le rôle des chevaliers dans l’avenir de l’Europe
    Avant leur disparition en France, l’Ordre sentit le danger et déplaça une grande partie de ses biens vers des endroits plus sûrs, notamment en Espagne, au Portugal et en Grande-Bretagne. Après la répression en France, de nombreux survivants ont fui vers la péninsule ibérique. En Espagne, les chevaliers ont longtemps été impliqués dans la guerre contre les Arabes et ont joué un rôle important dans la Reconquista.

               Avec leur aide, le Portugal fût repris aux Arabes avant l’Espagne, et l’un de ces chevaliers devint même roi du Portugal. Leur connaissance des voies navigables renforça la flotte navale portugaise. Vasco do  Gamma, avec un navire portant le drapeau  des Templiers, découvrit  le Cap de Bonne Espérance en Afrique du Sud. D’autres marins portugais, du golfe Persique à l’Inde et aux Philippines, amassèrent de grandes richesses et le clergé put prêcher partout la religion du Christ.

             Si les « pauvres chevaliers du Christ du  Temple de Salomon » n’avaient pas pu défendre le tombeau vide du Christ à Jérusalem, ils purent diffuser son message « dans les terres nouvellement découvertes » et convertir de nombreux indigènes à sa religion. Plus important encore, par la domination  des routes commerciales, ils purent établir le premier empire européen sur une grande partie du monde.

  • Bagdad du 8ème au 13ème siècle après JC 

     

     

    Bagdad a été fondée par le deuxième calife abbasside, Mansour, en 146 AH / 754 après JC le long du Tigre. Sa transformation a été rapide, de village en capitale des califes abbassides régnants sur un vaste territoire allant du fleuve Indus à l’océan Atlantique. La ville a été construite grâce aux ressources des terres nouvellement conquises et est devenue le carrefour des principales routes commerciales de son temps. À son apogée, Bagdad était l’une des villes les plus riches du monde et un centre majeur de la culture islamique. C’est aussi de cette ville que les réalisations scientifiques et culturelles du passé se sont répandues sur de nouvelles terres: la renaissance de la langue et de la culture iraniennes et l’augmentation spectaculaire des scientifiques et des penseurs dans le Grand Khorassan d’une part, et la civilisation florissante de l’Andalousie et de la Renaissance européenne d’autre part sont redevables au Bagdad du IXème au XIème siècle.

    Le Bagdad d’Al Mansour, dont il ne reste rien, fut édifié en quatre ans de 758 à 762 selon le vieux plan circulaire qu’avait connu l’Iran parthe. La ville était entourée par une double enceinte d’un diamètre de 2300 mètres que perçaient quatre portes surmontées par quatre salles sous coupole. Au centre était situé le mousquet de plan carré auquel était adossé le palais impérial.

     Fondation  de Bagdad
    Bagdad est un mot iranien composé de Bagh (Dieu en Sogdian) et dada/Dieu donné/. Bagdad a été construit le long du Tigre, à quelques kilomètres au sud de Ctésiphon. Le fleuve Euphrate est très proche du Tigre dans ce lieu. On estime que plus de 100 000 personnes ont été employées pour construire la ville au cours des quatre  années.
    Al Mansour est arrivé à Bagdad nouvellement construit en 146 AH. Il n’a pas fallu longtemps à cette nouvelle capitale pour éclipser la splendeur de Damas qui faisait la fierté de la dynastie Omeyyade. Bagdad, comme les villes parthes, était circulaire et avait quatre portes à égale distance les unes des autres, dont chacune était le début d’une route vers une destination commerciale importante.

    Composition de la population
    Dès le début, la population de Bagdad était composée de deux éléments, les Arabes et les Iraniens,  ce qui était  l’une des raisons  du choix  de Bagdad.  En dépit du rôle clé et du nombre  des administrateurs iraniens à Bagdad aux IIe et IIIe siècles de l’Hégire,le pouvoir des califats ne devient pas sassanide  et reste fidèle à l’Islam. Toutefois dans une grande partie de la ville, les gens parlaient le persan.

    D’autres minorités vivaient également dans leurs quartiers, leur présence aux côtés de musulmans qui avaient eux-mêmes des origines raciales très différentes – au moins au cours des trois premiers siècles – ont fait de Bagdad une métropole cosmopolite. En l’an 200 H / 816 après JC, le nombre d’agents abbassides était de l’ordre de 33 000. Au quatrième siècle de l’Hégire, lorsque la population de Bagdad atteignit son apogée, le nombre de bains publics à Bagdad était estimé à 60 000 et ses habitants à environ un million. (À cette époque, la capitale de l’empire Carolingien, Aix La Chapelle comptait environ 10 000 habitants.)

    Les minorités religieuses: Page 343 Volume de l’Encyclopédie islamique Dhimmi:

    « Les chrétiens avaient apparemment la majorité des adeptes qui, des siècles avant l’Islam en Mésopotamie, formaient une communauté influente, soit avec les Iraniens, soit avec les Arabes … Chrétiens selon les impôts(  )   qu’ils payaient au IIIe et IVe siècles de l’Hégire, il y avait environ 40000 à 50000 personnes, et leurs différentes sectes jouissaient d’une plus grande liberté et d’un plus grand respect en Irak pendant des siècles que en Byzance chrétien . Le prix du sang chrétien était au moins égal à celui du musulman, selon Abu Hanifa un des chefs de la communauté musulmane.
    Les juifs étaient plus anciennement présents en Mésopotamie que les chrétiens. Pour autant  être  juif  était  plus « dégradant » qu’être chrétien. Au VIe / XIIe siècle après JC, les juifs irakiens étaient estimés à 600 000, fuyants la  violence croissante des croisés dans les terres occidentales de l’islam. Dans  le domaine  professionnel,  les juifs étaient les rivaux des chrétiens en médecine et dans la finance mais ils étaient très présents aussi dans emplois populaires: bronze, teinture…

    Les esclaves :
    Le nombre d’esclaves  atteignit un tel niveau au 3ème siècle après JC que le mouvement Zanggi  dans la région de Bassora devint l’un des plus grands soulèvements de l’histoire de l’Irak ….. Il est vrai que la société islamique considérait  ces personnes comme des  produits d’échanges  bien qu’en particulier les  femmes esclaves, jouaient t un rôle très important dans la vie littéraire et artistique. Presque toutes les chanteuses et musiciennes étaient des femmes esclaves. 460 entre elles  ont été comptées en une journée, alors qu’il n’y avait que 10 femmes artistes libres et 75 esclaves hommes …. Ces servantes slaves  blondes ou  romaines  ou noires  fascinaient vraiment la communauté de Bagdad, et beaucoup d’hommes préféraient les esclaves  aux femmes libres. Ces femmes étaient enlevées à leur famille à un âge précoce.

    Références:
    Histoire de la civilisation islamique George Zidane

    Histoire de la science dans l’Islam Hassan Taghizadeh  Ferdows Publications.

    – La grande encyclopédie islamique de Bagdad.

    – Histoire des mouvements religieux en Iran Volume II. Éditions Rafi Kumash.

    -Histoire de l’Iran et des Iraniens »J.P.ROUX Fayar

  • Athènes, « Le siècle des Lumières dans le passé de la Grèce »

    Athènes, « Le siècle des Lumières dans le passé de la Grèce »

    Athènes est un moment  important sur le chemin de la civilisation humaine. C’est pourtant une courte parenthèse de moins de deux siècles et dans un espace équivalent à moins de deux départements français moyens aujourd’hui.  Trois mille ans après les grandes et prospères civilisations du Moyen-Orient, notamment en Mésopotamie et en Égypte, et avant les conquêtes d’Alexandre  de Macédoine, Athènes est une expérience brève mais unique.

    L’élément de cohésion des sociétés des civilisations du Moyen-Orient était la « peur aveugle ». La peur des forces inconnues de la Nature s’est manifestée sous la forme d’une pure « obéissance » au souverain (Pharaon ou roi des rois) qui représentait la puissance divine. À Athènes, c’est la solidarité des citoyens libres qui a assuré la cohésion de la société. C’est une merveilleuse expérience pour l’humanité: courte, fragile et limitée à un groupe spécifique et à une petite échelle. Vivre librement, sans crainte du souverain, a été une expérience unique dans l’histoire.

     Démocratie athénienne:

    « Ce qui nous relie à la Grèce, c’est notre connaissance, notre logique et notre fierté de penser! »

      Athènes n’a pas « inventé » la démocratie, mais cette forme de gouvernance a été établie dans un processus de conflits sociaux * à la suite du changement dans l’équilibre des pouvoirs à Athènes. Avant Athènes, dans la partie la Grèce d’Asie , il y avait une ambiance relativement libre qui donnât lieu à un développement scientifique important. Les élites scientifiques et sociales y ont écrit des traités et des livres. Cette culture écrite a joué un rôle important dans le transfert de l’expérience de ses prédécesseurs à Athènes. Sur la base de ces réalisations, le système politique de la société a évolué : les groupes sociaux ont créé des courants de pensée et leurs représentants ont établi un contrat social qui permettait de régler les conflits  dans un cadre relativement paisible par la discussion et le vote. Les citoyens ont élu des cadres exécutifs, militaires, judiciaires et même religieux à l’assemblée générale de la ville pour une durée déterminée. Les tâches  exécutives étaient décidées et mises en œuvre dans des conseils qui comptaient cinquante membres et étaient appelés «Bullet». La participation directe des citoyens à la prise de décision et à la surveillance des affaires de la ville a accru l’attachement de ces hommes libres * à la destinée et à la défense de l’indépendance de la patrie avec l’émergence du citoyen soldat. Cette vision de la relation entre l’individu et la société était sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

    Les civilisations antérieures du Moyen-Orient en Egypte comme sous l’Empire Perse, la cohésion sociale et la stabilité du pouvoir politique reposaient sur la peur « aveugle »des  forces inconnue de la nature. Cela se traduisait par l’obéissance à la personne de Pharaon ou du Roi des rois. Le peuple égyptien n’était que le sujet de Pharaon, et en Mésopotamie et sur le plateau iranien, la relation entre le souverain et les sujets était basée sur le même principe. Alors que les citoyens d’Athènes étaient attachés à tous les piliers du pouvoir qu’ils avaient élu en tout liberté.  Cette liberté a influencé leur pensée philosophique  et leurs arts et a favorisé la  croissance et le développement  des sciences. Les  diverses écoles philosophiques qui ont été créées intervenaient  dans l’éducation publique.

     Des compétitions sportives étaient organisées pour renforcer l’esprit civique et notamment les Jeux olympiques. Ce contexte très particulier a créé de l’enthousiasme dans les cités-états de la Grèce continentale. Les représentations théâtrales ont attiré un grand nombre de personnes dans les amphithéâtres. Les poètes athéniens assistaient à la plupart des rassemblements sociaux, récitant des poèmes épiques dans le but de consolider la cohésion sociale.

    Ces programmes étaient même exécutés parallèlement à des rites religieux.Étant donné que tous les responsables religieux étaient élus par les citoyens pour un temps limité, cela ne générait pas de revenus pour le clergé temporaire. Les dieux grecs bien que dominant la vie des gens, n’avaient pas de pouvoir absolu et leur rôle était consultatif. Si nous voulions résumer les réalisations de la période florissante d’Athènes, il faudrait mentionner l’émergence du libéralisme civique, l’expansion de diverses écoles philosophiques (en particulier l’école de l’idéalisme) et la création du théâtre tragique * 2 *.

    Caractéristiques de la démocratie athénienne :

    La démocratie dans les cités-états de Grèce s’est formée à une époque où les puissants empires de l’Antiquité dans la région avaient disparu et un espace avait été créé pour la croissance de petites communautés avec des systèmes différents. Le nombre de citoyens dans cette cité-état était d’un peu plus de dix pour cent * de la population totale. Ces citoyens, grâce aux travaux forcés des esclaves, passaient leur temps à étudier les sciences, la philosophie ou la littérature. Ils étaient également de leur devoir d’apprendre les techniques militaires, car les non-citoyens n’avaient pas le droit de participer à la guerre et de défendre la patrie. Les citoyens étaient peu nombreux devant l’armée de l’Empire perse et pour  augmenter le nombre de citoyens athéniens à plusieurs reprises, les lois ont été rectifiées permettant par exemple aux esclaves faisant partie de la marine athénienne, d’être promus civils afin de pouvoir participer à la guerre, ou bien facilitant l’acceptation des étrangers comme citoyens. Les lois exemptant les contribuables de la citoyenneté ont également été abrogées.

    La comparaison entre la démocratie contemporaine et celle de la période athénienne à bien des égards n’est pas possible. La démocratie athénienne était une démocratie directe avec prise de décision par le peuple et contrôle des exécutifs par des instances populaires. De plus,  ce système de démocratie directe correspond à de « petites » communautés : on avance le nombre de 50000 citoyens.

         Par ailleurs, la démocratie athénienne s’est construite grâce au temps libéré des citoyens par l’exploitation des esclaves, ce qui n’est heureusement pas le cas aujourd’hui.

         En période de guerre avec les Perses, la continuité de la démocratie à Athènes était assurée par  l’afflux de richesses coloniales. (A cet égard, c’est un point commun entre les démocraties occidentales et Athènes!) A * 4 *

     

    Mais la même politique impérialiste a fait tomber Athènes. Ni Athènes, ni aucune des cités-états grecques n’ont pu réaliser le rêve d’unification. Cette tâche historique a été confiée à Alexandre  de Macédoine

    ******************* Description de la photo 3 ; »Forum » un lieu de conversation entre citoyens.

    * Athènes a abandonné la monarchie au VIIIe siècle avant JC et trois aristocrates ont été nommés pour gouverner la société. En 624 et 594, il y eût des luttes acharnées afin de  reformer les lois. Cette période a abouti par l’instauration de la Tyrannie en 561 contre les aristocrates. Cela a conduit au règne de Périclès, considéré comme l’étape la plus mature de la démocratie athénienne.

    * 2 * « perses  » est le nom de la première Pièce tragique de l’Histoire écrit par Achille et joué à l’Acropole – illustrée ci-dessus. Les deux personnages principaux sont l’empereur et sa mère, Athos. L’histoire raconte la victoire des Athéniens à la bataille de Salamine.

    * 3 * Les femmes, les esclaves et les étrangers n’ont pas droit à la citoyenneté. A Athènes  le statut de la femme, était inférieur à celui des civilisations sumériennes et de la Grèce d’Asie .

    Les hommes libres rejoignaient également les rangs des esclaves s’ils ne payaient pas d’impôts.

    * 4 * L’humanité n’a jamais eu l’expérience d’une démocratie basée sur la richesse interne de la société. Autrement dit la démocratie a toujours eu besoin du colonialisme ! Mais l’inverse n’est pas vrai ; tous les pays impérialistes n’ont pas nécessairement accès à la démocratie.

    Photo 4. Amphithéâtre grec et théâtre Saint, qui s’appelait un concert

    La place de la philosophie à Athènes

    La philosophie à Athènes n’était pas seulement une façon d’expliquer le monde. C’était aussi un mode de vie particulier pour les adeptes de cette école philosophique.

    Parmi les penseurs et philosophes athéniens, Socrate, Platon et Aristote ont une place spéciale: Socrate n’a jamais écrit ses enseignements. Ses idées ont été principalement racontées par ses disciples, en particulier Xénophon et Platon.

     

      La photo ci-dessous montre Platon entrant dans l’académie, son doigt pointé vers le ciel !

     Mais peut-être plus que tout autre philosophe, Platon exprime l’esprit d’Athènes : il est le philosophe idéaliste

     le plus éminent de l’Antiquité. Il s’est éloigné de la philosophie naturaliste et empirique de l’Asie grecque, liant les origines de la création à des phénomènes naturels tels que l’eau, les éthers, le feu et les atomes à des catégories immatérielles. On dit que sur la porte de sa classe, Platon a écrit : « ceux  qui ne connaissent pas la géométrie, ne doivent pas entrer ». Mais il a été dit que ce qui intéressait Platon à propos de la géométrie, c’est le principe de « l’abstraction», qui est largement utilisé en géométrie et non la  géométrie elle-même. À cet égard, certains chercheurs accusent Platon de piétiner les efforts des philosophes présocratiques. Les disciples de la philosophie de l’école de la Grèce d’Asie  tentaient de démystifier le concept du monde  en cherchant son origine à l’intérieur de la nature. Platon désignait les éléments métaphysiques comme étant à l’ origine  du monde. Ce n’est pas un hasard si la philosophie néo platonicienne a été si  souvent utilisée par les religions, en particulier le christianisme et l’islam.

    Bien qu’Aristote ait été l’élève le plus prestigieux  de Platon, il n’a jamais été autorisé à s’asseoir sur la chaise du Maître, car sa philosophie était en effet une continuation de la philosophie des naturalistes. L’école expérimentale d’Aristote et la connexion de sa philosophie avec les sciences naturelles et expérimentales l’éloignent de l’école de Platon. L’hostilité de l’Église envers Aristote tout au long du Moyen Âge a son origine dans cet aspect de sa pensée.

                Mais dans le domaine de la pensée sociale tous les deux étaient bien en phase avec les idées de base des cités grecques : une gouvernance juste était celle qui assignait les gens selon leur statut « naturel », l’esclave » à sa place et le citoyen à la sienne.

  • La Grèce D’Asie / VIIIème au Vème siècle avant JC:

    La Grèce D’Asie / VIIIème au Vème siècle avant JC:

     

    Selon F. Braudel, l’un des plus grands spécialistes du monde méditerranéen, les premières tribus grecques, descendues du l’ouest de la mer Noire, se sont installées sur les deux rives de la mer Marmara. Autrement dit, la Grèce d’Asie n’est pas la colonie de la Grèce continentale, elles sont aussi anciennes l’une que l’autre. Il rajoute d’ailleurs que « cette Grèce d’Asie/VIIIème au Vème/ ne prospérera, un jour qu’en raison de ses liaisons avec l’Asie profonde .

    Les premiers centres de la Grèce ancienne, notables pour leur richesse culturelle, ouverts aux échanges, propices au développement des sciences et de la pensée, sont les villes de Milet et l’île Phocée dans les régions de Ionie/Lydie[2]. Ces villes asiatiques se sont formées en contact direct avec les civilisations anatoliennes précédentes. Sur le plan culturel, ces villes d’Asie mineures sont aussi sous l’influence d’Alménar et d’Ougarit, situées au nord de la Syrie. Leurs productions culturelles et artistiques s’inscrivent en partie dans la continuité des cultures locales des peuples anatolien et phénicien. Il est important de noter que ces peuples et leurs villes se sont notamment organisés grâce à d’importantes activités commerciales mais aussi de l’artisanat lié à la métallurgie.

    Sur ces rives de la Méditerranée, les villes autonomes étaient très riches. Selon Braudel, ces villes sont comparables avec les villes italiennes de la Renaissance : « Comme celles-ci, les cités grecques se gouvernent elles-mêmes, c’est donc entre unités politiques nombreuses et de faibles dimensions que se morcelle la Grèce archaïque et classique »

    Cette terre riche sur les plans économiques et culturels a favorisé l’essor de grands penseurs. Par exemple, ceux des écoles philosophiques de Milet sont considérés comme les précurseurs de la rationalisation de la pensée humaine : ils cherchent une explication naturelle et scientifique du monde, en s’éloignant de la mystification mythologique.

    La civilisation ionique a généré une littérature brillante. Elle a aussi généré des penseurs qui ont érigé le fonctionnement de la société, la tyrannie, la justice et la liberté comme objets mêmes de la réflexion.

     

    Quelques illustres personnages ioniens

      Les sept sages de la Grèce antique.                                                                                                                                   Thalès  de Milet

    Thalès de Milet (624-549 av. J-C.), fondateur de l’École ionienne de philosophie, fut le premier philosophe à critiquer les interprétations religieuses et mythologiques du monde et des phénomènes naturels qui prévalaient à l’époque, en déclarant que le principe à l’origine de la création du monde était la matière et plus précisément, l’eau.

    Anaximandre de Milet (610-547 av.J-C.), philosophe contemporain de Thalès et l’un des dirigeants de l’École de philosophie pré-socratique. Il étudia les mathématiques et l’astronomie, conçu une horloge solaire, une sphère céleste mais aussi une carte de la Terre.

    Héraclite d’Éphèse (VIe siècle av. J.-C.), philosophe matérialiste, qui s’est appuyé sur le mouvement et l’évolution des objets. Il considérait le feu comme la cause principale de l’univers, qui change sous diverses formes et retrouve finalement sa forme originale (« la réalité est multiple et unique »).

    Démocrite (470-361 av.J.-C.). Selon lui, l’être est aussi existant que le non-être. La matière est indivisible et constituée d’éléments indivisibles, les atomes. Il a fait de nombreux voyages sur les plateaux iraniens et indiens.

    1 « Les  Méoires de la Méditerranée » p. 359.

    [2] Région littorale de l’ouest de la Turquie. Milet, Éphèse et Sarde sont les villes importantes de cette région. Au VI siècle av. J-C., Cyrus, fondateur de l’empire perse a également gagné beaucoup de richesses grâce à la satrapie de Lydie. Le chemin royal de Suze mène à la ville de Sarde, qui se trouve dans cette région. Aujourd’hui encore, cette région (centrée sur Izmir) est la région la plus riche de Turquie.

    [3] Les paragraphes suivant sont directement tirés de « Grèce antique » Edition M.TOUBIS.S.A.

     

  • Les Voies commerciales

    Les Voies commerciales

    La route commerciale désigne l’itinéraire, le trajet que suivent certaines marchandises pour être vendues à un endroit différent de leur production. Le long de ces routes, il fallait répondre aux besoins des caravanes. Selon la quantité de trafic sur ces itinéraires, des aires de repos, des villages ou des villes émergeront au fil du temps. Au carrefour de routes très fréquentées, les villes se développent et l’organisation urbaine est façonnée par l’économie locale. Un grand village basé sur une économie agricole et une ville construite à des fins militaires sont fondamentalement différents d’une ville commerciale en termes d’organisation interne et de gestion. La ville commerciale est conçue pour le commerce des marchandises. Elle est aussi le lieu d’échanges culturels et de  civilisation. Le développement du commerce a conduit à la formation de grandes villes et de métropoles à différentes périodes de l’histoire. Mais parfois, les routes commerciales ont entraîné l’effondrement des villes

    Routes commerciales dans les temps anciens.

    Les premières routes commerciales se sont développées en Mésopotamie, environ 4 000 avant J.-C. Des fouilles archéologiques à Sumer indiquent la présence d’une sorte de pierre noire de Kerman, de pierres précieuses de Badakhshan et de produits de la vallée de l’Indus. Les Sumériens utilisaient également la route maritime dans le golfe Persique pour le commerce. Le premier lieu d’échanges du golfe Persique s’est établi à Deilman (Bahreïn). Après la période sumérienne, le souverain de l’empire chaldéen, Sargundum (2334-2299) a poursuivi ses conquêtes le long des routes commerciales. Il a conquis notamment deux villes qui  étaient deux points de commerce importants : la ville de  Marie* connue pour la production du vin et  Abla_(Alep) pour le fer.

    * »Les listes de produits comprennent des produits tels que la laine, le poisson, l’huile, la farine, les figues, les dattes, l’orge et l’argent. Les marchands ont importé une variété de bitume, de pierres de cristal, de fruits et de nombreux autres articles en Mésopotamie. Dans la ville d’Ur, ces marchands étaient contrôlés par la cour et échangés en faveur du palais. Mais à d’autres moments, les temples les contrôlaient.

    À la fin de cet article, vous trouverez plus d’explications sur les voies du monde antique.

    Routes maritimes :

    Dans les temps anciens, les mers et même les rivières étaient considérées comme une barrière entre les humains vivant de part et d’autre. Surmonter cet obstacle et découvrir les « terres des autres « n’était rien de plus qu’un rêve. Mais le  besoin et la curiosité humaine, grâce au savoir-faire de la navigation l’ont permis.

    Les voies maritimes  étaient à bien des égards plus faciles, plus proches et plus sûres que les voies terrestres. Notamment pour transporter des marchandises lourdes et encombrantes. La première de ces routes connues est la route du golfe Persique. Au millénaire suivant, les Phéniciens, qui étaient vraiment un peuple marin, ont été les premiers à connaître les saisons et les directions des différents vents. Ils ont appris les règles du mouvement des marées. Les étoiles ont fait du ciel leur guide et ont mis toutes les côtes méditerranéennes à leur portée. Ces commerçants ont construit des villes sur la côte méditerranéenne et une centaine de comptoirs sur les côtes et les iles méditerranéennes. Ils ont même atteint l’océan Atlantique, la belle ville de Cadix en Espagne se souvient d’eux. Après cela, ce fut au tour des Grecs d’exporter de l’huile d’olive, du vin, des plats en céramique, du blé et des épices, etc. Apportant du minerai d’argent à Athènes, les descendants des Phéniciens qui s’étaient installés à Carthage, ont commercé grâce à leurs navires. Mais leurs rivaux du nord, les romains, ont pris le contrôle de la mer et des terres pendant des guerres qui ont duré deux siècles.

     

    L’itinéraire des routes maritimes pendant l’Empire romain en Méditerranée et en mer Rouge est connu grâce aux documents commerciaux  de cette période. De la même manière, on connaît  les voies maritimes des républiques commerciales italiennes (Venise, Gênes, etc.) ainsi que celles des navires chinois vers l’Afrique de l’Est.

     

    Le commerce a non seulement contribué à l’émergence de la géographie, mais aussi au développement de sciences telles que l’astronomie et les mathématiques. De longs  voyages en caravane ou en mer ont éveillé la curiosité humaine pour connaître la nature – (les vents, les courants marins, les saisons, les dangers liés aux animaux …). Découvrir d’autres terres et d’autres peuples a permis de se familiariser avec leur mode de vie, leur alimentation. Cela a facilité le transfert d’expériences et de connaissances : d’Inde, non seulement les épices (qui parfument délicieusement la nourriture européenne), mais aussi le chiffre zéro !  De Chine, le papier est arrivé à Bagdad, ce qui a facilité le développement de la science dans le monde. De Perse,la pêche/fruit de perse/

    vers la Sicile et son expérience de la gouvernance a été transmise à Rome. Dans le sens inverse, les orientaux  ont  bénéficié de la pensée et de la philosophie grecques. Rome, avec ses navires marchands, a développé la technique de la construction des routes et des structures hydrauliques dans le monde à cette époque.

    Parmi les facteurs qui ont conduit au transfert des connaissances humaines dans le monde antique, le commerce était le moins mauvais ! D’autres facteurs, notamment la guerre, le déplacement forcé de populations et l’occupation des terres d’autrui, etc., étaient tous une source de tragédie et de problèmes ultérieurs…………………………………………… …………………….

     

    Quelques exemples d’anciennes routes commerciales

    La voie indienne : Au troisième millénaire avant JC, après avoir traversé le col de Khyber, la route riche et vallonnée de l’Indus pour atteindre le plateau iranien. Cette route a été gérée par les Perses à partir du VIe siècle av.j.-c.

    Route  d’Azur:

    Depuis Badakhshan, après avoir traversé le plateau iranien, elle s’est dirigée vers les ports de la Méditerranée. Cette route est active depuis le troisième millénaire  avant JC.

    La route royale de Suse – Sard: Construite au VIe siècle avant JC pour relier Sard – près d’Izmir, en Turquie, à Suse et lau golfe Persique, elle a été utilisée principalement à des fins administratives et militaires. L’Autorité Antakya Satrapie et les Ports de la Méditerranée orientale avaient besoin d’un lien rapide entre les Satrapies et le gouvernement central. La route royale  bénéficiait de plus  de 110 relais pour le repos et l’approvisionnement  des voyageurs.

    Route des Épices : les marchands grecs et romains  se sont rendus en Inde par la mer Rouge et la mer d’Oman depuis le début du XXe siècle avant JC pour y vendre des épices.

    Avant cette date, depuis la formation des riches  dynastie  du Yémen (Reine  de Saba) au deuxième millénaire et des riches royaumes  du nord de la péninsule arabique – la civilisation nabatéenne en Jordanie aujourd’hui, le centre de « Petra » a ressenti le besoin de traverser le désert d’Arabie saoudite. Et la croissance des oasis le long de la route a conduit au développement des caravanes.

    L’Abyssinie et la péninsule arabique étaient reliées à Petra (la ville historique de Jordanie) et au port de Tir au Liban.

    De nombreuses routes  ont été créés pour le commerce  des métaux, par exemple: le cuivre (de Kerman), l’argent (éthane), l’or d’Antakya, à l’ouest de la Turquie et, plus tard, les routes maritimes pour  piller l’or du Pérou et des pays de l’ouest de l’Amérique du Sud.

    Depuis la Scandinavie et la mer Baltique,  grâce à la Volga jusqu’à la mer Caspienne. Les Vikings ont voyagé au Xe / IVe siècle après JC et ont atteint une ville du nord de l’Iran. Jamalzadeh* a décrit l’histoire de ces voyages dans « Histoire des relations Iran-Russie ». Les pièces découvertes au Danemark et dans les pays scandinaves remontent à la période samanide au Xème sc. La pièce aurait été utilisée dans les échanges locaux.

    En savoir plus sur la présence des Vikings en mer Caspienne avec ce lien en anglaishttps://en.wikipedia.org/wiki/Caspian_expeditions_of_the_Rus%27

    Une autre route parallèle est la mer du Nord scandinave, qui passe par la mer Baltique et passe par Kiev jusqu’aux ports de la mer Noire, et de là à la capitale byzantine de Constantinople-Istanbul.

  • Premier aperçu  des concepts de base de l’Islam

     

    Premier aperçu  des concepts de base de l’Islam

    « Que l’influx de l’Esprit Saint soit encore en aide

    Et D’autres referont ce qu’a fait le Messie » Hafez

    La littérature persane, comme manifestation la plus importante de la culture iranienne, est pleine d’allusions religieuses. Bien que la culture ne se limite pas à la religion, celle-ci est un élément important de la culture dans toute société. Sans connaissance de base de la mythologie grecque par exemple, on ne comprend pas grande chose à la littérature et même à l’architecture de la Grèce. La peinture, la musique, la poésie et la littérature européennes sont également étroitement liées aux références chrétiennes. Leur méconnaissance entraîne une compréhension superficielle de l’art.

    Dans le monde d’aujourd’hui, en raison de la politisation des religions, leur rôle culturel est moins pris en compte, en particulier dans la sphère bipolaire actuelle d’Iran.

    Je pense que non seulement la culture iranienne, mais aussi son histoire, sont liées à la vie de diverses religions et en particulier l’islam. La familiarité avec les concepts de base des religions est essentielle pour ceux qui s’intéressent à la culture et à l’histoire. Sans cela, la compréhension de la «philosophie de Khosravani», de Sohravardi devient impossible et la poésie de Rumi et même de Khayyam sont difficiles à interpréter. Ces deux  versets du poème de Hafez sont une preuve claire de cette affirmation.

    Il dit encore : « cet adepte qui exalte la potence, son crime  était avoir  révélé les secrets »

     

    * Mansur Hallaj; «  Je suis la Vérité (Dieu) » (« Ana al haqq »), supplicié à Bagdad en 921 pour avoir proclamé son identité avec la divinité. …Z.SAFA ; »Anthropologie de la poésie persane »

     

     

     

     

    Connaissance des différentes branches de l’islam et de ses concepts de base

    Sunnisme : La majorité des musulmans sont sunnites. Ils considèrent les califes Rachidien (les quatre premiers) comme les successeurs du Prophète et le Coran comme la parole de Dieu. Le Coran n’a pas besoin d’être interprété et ne peut être discuté que dans le domaine des significations lexicales. Les sunnites croient que la compréhension humaine se limite à comprendre la parole de Dieu et lorsqu’il y a un problème, dans celle du Coran. Le sens apparent doit suffire, car l’interprétation de la créature ne peut pas être la voie à suivre. En cas de contradiction, le consensus des musulmans est la norme

    Chiisme : Comprend les musulmans qui croient que le prophète a choisi Ali Ibn Abi Talib comme son successeur. Cette succession est transmise par l’héritage du sang, et chacun des Imams dirige sa propre génération. Ce sont eux qui interprètent le Coran. En l’absence de l’Imam Ma sum(innocent), ce sont les érudits religieux qui interprètent le Coran.

     

    Mu’tazilites: Ils croient en la légitimité des califes Rachidien et considèrent la raison comme le critère de compréhension et de comportement des musulmans. Ils ont défini la justice de Dieu comme signifiant que tous les êtres humains ont le choix entre le bien et le mal, et sur cette base, ils ont considéré la résurrection comme le résultat du libre comportement des croyants.

    Les opposants aux Mu’tazilites critiquent le fait que l’intellect humain soit capable de comprendre le monde et la bonne façon de vivre : quel est alors le rôle du Coran et du Prophète? Qu’est-ce que la révélation et l’intuition? Les Mu’tazilites ont été accusés de dévaluer les rites religieux

    Les Mu’tazilites sont à l’origine sunnite, mais certains érudits chiites ont également utilisé certains aspects de leur pensée. Le Mu’tazilite était la religion officielle pendant la période mamoun du calife abbasside…..

    Interprétation et référence

    Interprétation du livre sacré des musulmans

    Le thème central du débat parmi les élites musulmanes est celui du Coran et de son interprétation. Il est d’ailleurs semblable aux débats théologiques des troisièmes et quatrième siècles sur la nature humaine ou divine de Jésus-Christ. Les musulmans ont des désaccords similaires sur le Coran. Les sunnites et les chiites considèrent le Coran comme l’incarnation de la parole de Dieu. La récitation du Coran, bien sûr, est la « baraka » (bénédiction) de la proximité avec Dieu, tout comme la prière pour un chrétien face à Jésus crucifié. Du point de vue des Mu’tazilites, le Coran est la parole du Prophète pour guider les croyants. Ce n’est pas éternel, car sinon cela aurait été du polythéisme dans l’unité de Dieu.

    Étant donné que le caractère sacré du Coran est au centre de l’attention des musulmans, l’interprétation et la source de son interprétation sont d’une importance primordiale: les sunnites ne considèrent pas la parole de Dieu comme interprétable et considèrent que le consensus sur la compréhension de la Oummah est suffisant. Les chiites considèrent que l’interprétation du Coran dans le contexte des hadiths prophétiques est du devoir des imams et des érudits religieux. Les Mu’tazilites laissent l’interprétation aux croyants eux-mêmes. Ceux-ci pensent qu’il appartient aux croyants d’utiliser leur libre arbitre partout où ils rencontrent des problèmes. Ils ne croient pas à l’imitation.

    Les sectes islamiques qui ont joué un rôle important dans l’histoire:

    Les Kharidjites*

    Rafi. Mouvements religieux en Iran. Volume 1, p. 210 ……. L’insatisfaction du public arabe à l’égard des politiques des dirigeants arabes, en particulier des Omeyyades, a conduit à la montée de la dynastie seldjoukide en l’an 34 de l’hégire parmi les musulmans.

    Selon les Kharijites, les califes omeyyades ont dévié des principes de l’islam primitif … Les Kharijites croient que les musulmans devraient vivre davantage grâce au butin de guerre gagné contre les infidèles, ainsi qu’avec l’hommage rendu par les autorités arabes. Le peuple de Dhimma, c’est-à-dire les infidèles, devait être obéissant et soumis ….. Les convertis à l’islam, Arabes et non-Arabes, devaient être exemptés du jizyah et des tributs…..Selon les Kharijites, le calife devait être élu par le consensus des musulmans.

    La propagande kharijite parmi les tribus arabes pauvres a été très efficace et a causé beaucoup de maux de tête aux autorités omeyyades … Si l’origine des Kharijites était arabe,  les Iraniens ont progressivement rejoint le mouvement dès le début de la seconde moitié du premier siècle. Les paysans et artisans iraniens voulant combattre les califes omeyyades sont alors devenus des alliés des Kharijites.

    Aux premier et deuxième siècles de l’Hégire, Sistan était considéré comme le centre principal des Kharijites…Les Kharijites ont été bientôt divisés en plusieurs groupes … Les dévastations de la secte Kharijite montrent la tendance des masses arabes pauvres à participer à la guerre pour son butin et à profiter de la société islamique pour gagner l’hommage des infidèles obéissants.

    Une telle vie militaire et la transformation des pauvres en guerriers religieux, les Ghazis, sont devenues la culture de l’islam. (Au Moyen Âge, une tendance similaire s’est développée chez les chrétiens pendant les croisades). Les débuts de l’islam primitif  et celui des tribus nouvellement converties d’Asie centrale dérivaient de ce mécanisme social. Parallèlement à ce mode de vie, la structure idéologique de l’islam a également émergé. Elle reposait sur la piété et l’abstinence des Ghazis, et justifiait et sanctifiait leur violence divine. Dans cette atmosphère djihadiste, l’idée de fraternité et d’égalité était conforme à la croyance au djihad dans la voie de Dieu.

    ***********************************

    *SUNNITES, CHIITES, KHARIJITES : QUELLES DIFFÉRENCES ENTRE EUX ?

     

    Zaydia:

    Zaydiyya est considéré comme chiite. Ils considèrent Zayd, le fils du quatrième imam des chiites, comme le successeur du prophète.

    D’après la Grande Encyclopédie islamique, Vol ».

    Les chiites considèrent la position de l’Imamat après le Prophète comme étant le droit de l’Imam Ali, mais ils ne sont pas d’accord pour prendre position contre le califat des trois premiers califes. Parmi ceux-ci, la vision de Zaydi sur l’Imamat est plus proche de celle des Sunnites parce qu’ils croient en l’autorité de la communauté musulmane.

    Les Zaydis considèrent chaque érudit fatimide digne d’imamate s’il se lève vers Saif et invite à l’allégeance, et accepte même l’existence de deux imams justes en même temps (voir: Shahrestani, 138/1).  »

    Le soulèvement de Zayd a d’abord été couronné de succès à Kufa, et a essayé de se déplacer vers le Levant pour renverser le califat, mais a échoué face à l’armée du calife.

    Après Zayd, son fils Yahya s’est révolté contre les Omeyyades au Khorasan et a été tué. Sa tombe dans la ville de Gonbad Kavous est toujours debout. Elle est connue sous le nom de Yahya Imamzadeh.

    Dans la bataille de Fakh près de La Mecque, l’armée du calife abbasside (en 169 AH / 786 AD) a massacré les Zaydis. Après la défaite du soulèvement de Fakh, l’appartenance au Zaydi est devenue quelque peu secrète, et l’un de ses dirigeants, Yahya bin Abdullah, s’est caché au Tabarestan pour échapper au massacre des Abbassides.

     

    Il a été le premier Alaouite à mettre les pieds à Diyalaman. La présence de Yahya a certainement été efficace pour convertir une partie de la population de Diyalaman à l’islam. Yahya a construit une mosquée à Diyala, premier centre et base de la religion islamique dans ce pays … Plus tard, pendant le règne d’Al-Buwayh au Diyalaman, dans le nord de l’Iran, celui-ci a vaincu une grande partie de l’Iran et de l’Irak actuels, et même le calife abbasside a dû lui obéir. Un autre survivant du soulèvement de Fakh est un descendant de l’imam Hassan, Idris, qui a fui en Afrique du Nord et, avec l’aide de tribus berbères locales, a établi la première règle zaidi dans l’actuel Maroc.

    La dynastie alaouite, qui désormais dirige le Maroc, est issue des descendants de l’imam Hassan, qui a émigré au Maroc à l’époque des Idrisieds. Les rois de cette dynastie s’appellent encore Amir al-Mu’minin, bien qu’ils ne respectent pas la religion zaydi. Les Zaidis au Yémen ont également établi un gouvernement qui a gouverné le Yémen pendant des siècles jusqu’au milieu du XXe siècle. »

    Sciences islamiques « Théologie: extrait du Wiki Fiqhhttp://wikifeqh.ir/%D8%B9%D9%84%D9%85_%DA%A9%D9%84%D8%A7%D9%85 »

    La théologie est l’une des sciences islamiques qui repose davantage sur l’application de la raison et de la science dans les questions doctrinales que sur l’imitation.

    La connaissance de la théologie traite des fondements doctrinaux d’une religion et de la confrontation et de la discussion avec les points de vue d’autres idées. Des instruments tels que les preuves de l’existence de Dieu, l’occurrence ou l’étape de l’univers, la prophétie spéciale et publique, la justice divine, l’imamat, la résurrection, etc. sont discutés dans ce domaine théorique.

    Les écoles  théologiques

    Il existe de nombreuses écoles théologiques dans le monde islamique, mais les plus célèbres sont :

    L’école théologique des principes (chiite)

    École théologique Akhbarian (chiite)

    )École théologique de Hadith (chiite)

    l’école théologique des Ash’arites

    école  théologique des Mu’tazilites

    ..Hadith: la même source

    Le hadith est l’une des deux sources des sciences islamiques, appelée « Sunna ». La « Science of Hadith » est une science par laquelle le mot, l’acte et la narration de ma sum (infaillible) sont connus. Il y avait une énorme différence entre les chiites et les sunnites dans la compilation du hadith.

    Après l’Ahl al-Bayt de l’infaillibilité (PSL), les chiites ont commencé à écrire des hadiths dès le début. Mais le public, suivant l’avis du deuxième calife et l’avis de certains autres compagnons, a rejeté l’écriture du hadith sous prétexte que le hadith était sceptique vis-à-vis du Coran. L’émigration du Saint Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) était terminée. Au deuxième siècle, la haine des hadiths fut contrecarrée par Umar ibn Abd al-‘Aziz, le calife ascétique omeyyade, lui-même descendant du deuxième calife.

    Jurisprudence.

    Les érudits islamiques ont divisé les enseignements islamiques en trois parties:

    • La connaissance et les croyances : le but est la connaissance, la foi et la croyance, (qui sont liées au cœur, à l’esprit et à la pensée) des questions liées à l’origine, la résurrection, la prophétie, la révélation, les anges et l’imamat.
    • L’éthique et les affaires éducatives : le but est de savoir comment l’homme devrait être et comment il ne devrait pas être en termes de qualités spirituelles (la piété, la justice, la gentillesse et la générosité, le courage, la patience et le contentement, la persévérance, etc.)
    • Règles et questions pratiques : le but est de permettre qu’une personne exécute une action particulière à l’étranger, ou à décrire l’action et comment elle n’est pas, en d’autres termes, conforme aux « règles et règlements soumis ».

    Les juristes islamiques ont inventé le terme jurisprudence pour faire référence à un serment disant que ce qui était le plus important pour le peuple était les questions pratiques. Par conséquent, ceux qui étaient des experts dans ce domaine étaient connus comme des « juristes » à la fin de la citationJurisprudence de Wikipédia.https://en.wikipedia.org/wiki/%D9%81%D9%82%D9%8

     

     

  • Mouvement de Traduction

    Mouvement de Traduction

    Les neuvième et dixième siècles de notre ère ont vu d’énormes progrès dans l’expansion géographique des connaissances, à tel point que cette période pourrait s’appeler la Petite Renaissance : un mouvement qui a commencé à Constantinople, Damas et Bagdad et s’est épanoui à Khorasan. Il s’est ensuite propagé au Caire, au Kairouan , à Tolède, à Cordoue jusqu’à l’Empire de Charlemagne en Europe. Il a, quelques siècles plus tard, ouvert une nouvelle ère dans l’histoire de l’humanité avec la Renaissance italienne.

    Nous avons déjà traité de l’évolution pendant les huitième et neuvième siècle à Byzance. Dans cet article nous examinerons le mouvement de traduction à la fin de la période sassanide et dans les premiers siècles de la période de l’Hégire.

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    Contexte historique:

    La fermeture d’écoles et de centres d’enseignement de la philosophie et des sciences dans l’Empire byzantin a entraîné le départ de penseurs et de scientifiques vers l’Est. Ils se sont installés dans la périphérie de l’empire. Raha (Éphèse en Turquie), Harran et Nusaybin, entre l’Euphrate et la mer Méditerranée, étaient les principales villes où de nouvelles écoles ont été créées aux quatrièmes et sixièmes siècles de notre ère. Les rois sassanides, en particulier Shapur I au IIIe siècle, Shapur II au IVe siècle et Khosrow Anoushirvan au VIe siècle après JC, ont manifesté leur intérêt pour l’expansion de la science et ont tenté d’attirer des scientifiques immigrés. Ces écoles ont été gérées avec le soutien financier direct des Sassanides et de nombreux immigrants qui ont migré du plateau iranien vers Harran et Nassibine. Les autochtones de cette région étaient les anciennes tribus de chaldéens et d’assyriens qui parlaient la langue syriaque. Celle-ci appartient à la famille des langues araméennes dans laquelle Jésus-Christ parlait. Le christianisme s’est répandu dans cette région (le nord de la Syrie aujourd’hui) à partir du premier siècle de notre ère. Cependant, avec l’expulsion des Nestoriens par l’église de Constantinople, ces villes sont devenues le centre de l’église nestorienne, qui comptait de nombreux fidèles dans tout l’empire sassanide.

    La prospérité de cette région et de ses centres éducatifs a conduit à la traduction d’œuvres scientifiques et philosophiques grecques en syriaque. Et avec l’encouragement des sassanides, certaines de ces œuvres ont été traduites en pahlavi-persan moyen, comme indiqué dans l’encyclopédie de l’Université libre d’Amsterdam : »La philosophie grecque a d’abord manifesté sa présence dans la culture syriaque au IIe siècle après JC, souvent sous la forme de conseils moraux, et les traductions de cette période incluent des traductions de certains des dictons de Pythagore, un recueil de passages de Platon. Deux parties de l’éthique de Plutarque, l’un des discours de Socrate ».

    Deuxième période : La véritable entrée de la philosophie dans le monde de la langue syriaque a certainement eu lieu au début du VIe siècle avec les premières traductions des œuvres logiques et naturelles d’Aristote et des explications écrites à leur sujet. Le livre de » Catégories » d’Aristote a probablement été traduit par un traducteur anonyme dans la première moitié du même siècle. Le médecin et traducteur du IXe siècle, Hanin ibn Ishaq, nous informe qu’il a traduit 30 œuvres de Galien.

    Troisième période : Entre le VIIe et le VIIIe siècle après JC, après la conquête de l’islam, l’Association monastique syrienne occidentale a présenté un large éventail d’œuvres philosophiques et scientifiques sous forme de traductions et de commentaires. »*

    *Pour consulter la liste complète des livres traduits, voir l’université libre d’Amsterdam, traduite par M. Pejman Ranjbar

    Gundishapur

    Sur ordre des rois Sassanides, une école similaire aux écoles de Harran et Edsa a été créée à GundiShapur où les disciplines médicales, la philosophie, la théologie et les sciences, en particulier l’astronomie, étaient enseignées. Gundishapur avait également un grand hôpital éducatif, un observatoire et une bibliothèque qui abritait des livres en pahlavi, grec, indien et syriaque. La majeure partie des travaux grecs dans le domaine de la logique, de la dialectique, des mathématiques et de la médecine a été transférée à GundiShapur par le biais des Syriens de nationalité iranienne.

    Tombe de Yaqub Laith Sistani à GundiShapur sur le chemin de Dezful à Shushtar

    Après la défaite de l’armée romaine dans la bataille contre Shahpur I, l’empereur et soixante-dix mille soldats ont été déplacés dans la région (2) et une ville à l’architecture romaine rectangulaire a été bâtie avec des rues perpendiculaires les unes aux autres. Mais au cours des siècles suivants, GundiShapur est devenu célèbre pour ses centres éducatifs, son hôpital bien équipé et sa bibliothèque, qui ont attiré de nombreuses élites de l’empire byzantin, d’Alexandrie ainsi que des universitaires indiens. On dit que pendant le règne de Khosrow (VIe siècle), Borzouyeh Tabib , le grand vizir, s’est rendu dans la région pour inviter des médecins indiens et a apporté à Gundishapur de nombreux œuvres  scientifiques indiennes dans le domaine de la médecine et des mathématiques. Vu le nombre important de médecins indiens, l’une des langues courantes de ce centre a été la langue indienne. Le livre de « Kelileh et Demneh », source des fables de La Fontaine a été traduit en Pahlavi pendant cette période. (Liste de quelques-uns des ouvrages traduits les plus importants) 3

    Avec la disparition des Sassanides, Gundishapur a perdu de son importance, mais est resté le centre médical le plus important de la Méditerranée orientale, et les califes omeyyades, en particulier Abbasi, avaient toujours leur médecin spécial de l’hôpital de Gundishapur* (nom des califes et de leurs médecins). À Bagdad, chaque médecin compétent devait avoir trois caractéristiques : il avait une culture hellénique, il connaissait la langue syriaque et avait étudié la médecine à Gundishapur!

    L’Université de Gundishapur à notre époque!!!

     

     Mouvement de traduction à l’époque omeyyade

    Avec la création du califat omeyyade au Levant, leur proximité avec les Romains et la domination des écoles scientifiques à Antakya, les omeyyades comprirent de plus en plus l’enjeu des sciences. Les premiers califes omeyyades se sont intéressés à l’histoire en lisant et en écoutant la grande histoire de leurs prédécesseurs. Comme ils l’ont dit à propos de Mu’awiyah : « jusqu’à un tiers de la nuit a été consacré aux nouvelles et aux jours des Arabes et des non-Arabes, de leurs rois et à leur traitement des sujets et au caractère des rois des nations et de leurs guerres, astuces et esclavage ». Les premières traductions en arabe ont été faites pendant la période Mu’awiyah (680/662 après JC) et davantage pendant la période Yazid (684/680 après JC). Mais le mouvement de traduction a commencé en grande partie à l’époque des Bani Abbas, en particulier du deuxième calife Mansour.

     

    Mouvement de traduction à l’époque abbasside

    Les Abbassides ont non seulement renversé les Omeyyades avec l’aide du chef d’armée de Khorassan (Abou Mouslim) et de ses alliés, mais dès le début, les ministres et courtisans iraniens ont réorganisé l’administration à partir du modèle de l’empire sassanide.

    Les familles iraniennes « Barmakian et Nobakhti » contrôlaient la cour, et l’idéologie zoroastrienne a été transmise à l’Empire abbasside par le biais des textes Pahlavi. Les Abbassides sont arrivés au pouvoir avec l’aide de différents groupes ethniques aux intérêts différents. Ils ont dû mettre ces divers intérêts sous un même toit dans leur gouvernement afin de préserver leur révolution. « Les Iraniens étaient de fervents opposants aux Omeyyades et ont donc soutenu les Abbassides. »

    Le transfert du centre du califat de Damas à Bagdad et sa proximité avec le centre scientifique de Gundishapur ont conduit les médecins et les universitaires à émigrer au nouveau centre du califat. Sur ordre du calife, en utilisant le modèle de l’école de Gundishapur , la maison de » la sagesse » et l’hôpital de Bagdad ont été créés.

     

    La conquête de nouvelles terres et l’afflux de butin dans la capitale du califat ont placé Bagdad au même niveau que la capitale de l’Empire byzantin. Pour collecter des impôts et gérer le pays, le califat avait besoin de sciences telles que les mathématiques, la géographie, l’histoire. Pour rivaliser avec ses rivaux internes et externes qui remettaient en question leur légitimité, il avait besoin de connaître la philosophie et la logique. En raison du manque de connaissances en arabe, il était nécessaire de traduire des travaux scientifiques et philosophiques à partir d’autres langues **. Les centres scientifiques de la Méditerranée orientale, de l’Anatolie et d’Alexandrie, étaient intégrés à l’empire. Les principales œuvres grecques ont été traduites du syriaque en arabe par des traducteurs chrétiens et juifs. Grâce à Gundishapur , ce qui a été traduit en Pahlavi a ensuite été traduit en arabe avec l’aide des Iraniens. Des scientifiques indiens sont également venus de Gundishapur à Bagdad. Le marché de la traduction est devenu si important que les traducteurs ont reçu le poids en or de chaque livre traduit.

    Espace culturel de Bagdad pendant le califat de Mamun:

    Le père de Mamun, Harun al-Rasheed, est né à Rey et mort en Tus en 809. Harun lui-même a été éduqué par Bermeki et a commencé son heure de gloire sous la supervision de cette famille à Bagdad. Mamun avait une mère iranienne  et son  grand Vizir Fazl ibn Sahl, originaire du Khorasan, s’est converti à l’islam en 805 (History of Iran, 1993) était également iranienne. Harun al-Rasheed a nommé son fils aîné Amin héritier du trône. À la suggestion de Fadl ibn Sahl, Mamun se rendit au Khorasan et fit de Merv sa capitale. Marv était prospère à l’époque sassanide. C’était l’un des centres scientifiques du Khorasan et sa bibliothèque était très célèbre. Il est possible que lorsque Yazdgerd, le dernier roi sassanide, ait été tué à Merv, des moines chrétiens l’ont enterré.  Mamun a commencé son règne au Khorasan sous la supervision de son habile Vizir, Fadl ibn Sahl, et a revitalisé la bibliothèque de la ville avec des œuvres grecques traduites.

    Parmi ses principales réussites politiques au cours de cette période, citons l’invitation du huitième imam chiite à Merv et son couronnement, qui élargit la base sociale de Mamun parmi les chiites.

    Amin, terrifié par la montée au pouvoir de son frère au Khorasan, a pris des mesures contre lui à Bagdad. Fazl a été informé de ces provocations et a cherché à les résoudre.  » Les disciples du huitième imam chiite l’ont également informé des nouvelles de Bagdad, et il a informé Mamun des courants à Bagdad par bienveillance. » (History of Religious Movements – Volume I, pp. 316, p. 319). Lors d’un complot, le ministre et le prince héritier ont été tués par les serviteurs de Mamun et il est parti pour Bagdad », a déclaré la même source. Avant son arrivée à Bagdad, son armée, dirigée par des commandants du khorasan, a conquis la capitale et tué Amin, ouvrant la voie à l’arrivée du nouveau califat de Mamun .

    Mamun, qui connaissait l’astronomie sous la supervision de Fadl ibn Sahl et avait étudié de nombreux domaines scientifiques différents, a donné une nouvelle vie à la « Maison de la Sagesse » de Bagdad. Avec le développement d’un espace culturel ouvert mêlé de tolérance religieuse, ainsi que la prédominance de l’esprit rationaliste et libéral et les perspectives économiques qu’il a alimentées, Bagdad est devenue une métropole légendaire comme l’a écrit un penseur de la fin du deuxième siècle : « Quiconque n’a pas vu Bagdad n’a pas vu le monde ou les gens du monde ».

    La tendance Mutazilite du calife et l’épanouissement des assemblées scientifiques et philosophiques ont conduit à la traduction et à la compilation de nombreux livres rejetant ou prouvant les théories et les opinions des parties opposées ou d’accord. Le calife a également ordonné que de nombreux écrits philosophiques, en particulier ceux d’Aristote, soient collectés et traduits en arabe afin de consolider les vues des Mutazilites et peut-être contrer l’afflux de doutes dans les croyances islamiques. Bien que certaines sources croient que la raison de cette action et son attention sont le célèbre rêve de Ma’mun et sa conversation avec Aristote, il ne fait aucun doute que le calife a fait un effort important pour faire traduire les livres des philosophes grecs. Sans aucun doute, cette politique de donner des cadeaux « en or » aux érudits et aux traducteurs d’œuvres anciennes, les a attirés à la cour du califat et les a maintenus dans la Maison de la Sagesse.

    L’attachement de Mamun aux croyances des Mutazilites avait atteint un point qui mettait les opposants des Mutazilites en difficulté, et même Ahmad Ibn Hanbal, un juriste respecté à Bagdad, a été envoyé en prison. Un tel point où toute personne qui considérait le Coran comme « la parole de Dieu » était expulsée du travail à l’administration. (Rafi ‘, pp. 291-295)

    Cependant, l’acquisition d’œuvres scientifiques et philosophiques grecques et indiennes a contribué à changer non seulement Bagdad mais toutes les grandes villes de l’empire. Les ambassadeurs de Mamun se sont rendus dans la capitale byzantine, à Alexandrie, à Chypre, en Sicile et au Khorasan, pour recueillir des œuvres scientifiques et philosophiques. Le patrimoine scientifique de la Grèce, de l’Inde, de l’Iran et d’Alexandrie a été collecté et traduit à Bagdad. La présence active des élites nestorienne et zoroastrienne, les Sabéens, les Manichéens, ainsi que diverses sectes islamiques dans un espace culturellement libre ont contribué au développement de la science. La domination abbasside sur les vastes terres de l’empire, la prospérité économique, la langue unique des scientifiques qui dominait de l’Inde à l’Europe occidentale,  l’utilisation du papier pour écrire des œuvres traduites et les ateliers de reproduction de ces œuvres ont non seulement fait de Bagdad un centre scientifique, mais ont ouvert une nouvelle ère scientifique  de Samarkand à Tolède en Espagne avec une augmentation du nombre des chercheurs.

    Bien sûr, le tâche de Mamun ne se limitait pas à la diffusion de la science. Il était le calife des musulmans et cherchait à élargir les frontières du califat et à combattre les « infidèles » de l’intérieur comme de l’extérieur. S’il y avait de la tolérance devant les savants du forum de discussion, pour la population et ses opposants la réponse était la chaîne, la prison et la mort. Il est devenu célèbre en tant que conteur et figure multiforme : une figure érudite, rationaliste, d’origine iranienne qui, afin de maintenir son pouvoir héréditaire, n’a pas hésité à conspirer et tuer ses rivaux, à conseiller de tuer ses serviteurs iraniens. Il avait hérité de son père et appelé hérétiques et infidèles ses opposants politiques afin de confisquer leurs biens.

    Le mouvement de traduction a pris plus de deux cents ans, et ce n’était en aucun cas un événement transitoire. Pendant ce temps, toutes les élites de la société ont défendu ce projet : le calife, les princes, la bureaucratie, les chefs militaires et les marchands. En d’autres termes, celui-ci ne remplissait pas un objectif limité et bénéficiait du soutien financier du gouvernement et des habitants de la communauté. Le soutien au projet comprenait également des non-arabes et des non-musulmans.

    Le mouvement de traduction a été le facteur historique le plus important dans la croissance et le développement des connaissances et de la pensée sur le plateau iranien.

    ………………………………………………………….

    *Traduction du grec vers le syriaque :  — Introduction du mouvement de traduction syriaque de l’encyclopédie philosophique Springerhttps://3danet.ir/%D8%AA%D8%B1%D8%AC%D9%85%D9%87-%D8%B3%D8%B1%DB%8C%D8%A7%D9%86% DB% 8C

    Pour écrire cet article, les livres suivants sont cités.

    L’histoire de l’Iran aux premiers siècles de l’islam. Volume Un. de SPUIER,Bertold. Traduit par Javad Platoni.

    Histoire des mouvements religieux en Iran Volume 1 et 2 Abdul Rafi Haghighat

    Histoire des Sassanides Saeed Nafisi

  • L’avènement de l’Islam

    L’Avènement de l’islam

    Un regard sur le chemin emprunté dans les articles précédents suggère que nous avons commencé avec la civilisation « hellénisme », en tant que produit de civilisations orientales et occidentales. Après la conquête de la Mésopotamie, du plateau iranien et de l’Inde par Alexandre au IIIe siècle av. J.-C., pendant les quatre siècles suivants, ses successeurs vont propager la civilisation hellénistique en Méditerranée orientale de la Grèce à l’Égypte. Puis, avec la conquête de ces terres par l’Empire romain, les réalisations de la Cour romaine ont été ajoutées, et l’Empire romain   oriental ou byzantin – du IVe au XVe siècle après JC – est devenu une manifestation de la culture hellénistique, de la jurisprudence romaine et du christianisme. Au même siècle, le manichéisme a également été promu dans l’Empire sassanide nouvellement créé, mais les tenants de cette ancienne religion ne lui ont pas permis de grandir. Jusqu’à l’avènement de l’islam, les deux empires voisins entretiennent des relations commerciales et culturelles pendant quatre siècles tout en étant en conflit et en guerre bien souvent. Leurs principaux motifs de discorde concernaient la souveraineté sur la route de la soie, sur l’Arménie et sur les ports de la Méditerranée orientale.

    Le développement des routes commerciales a non seulement conduit à la prospérité économique des villes, mais aussi a permis le développement de grandes villes – généralement en Méditerranée orientale – regroupant des cultures différentes vivant ensemble. Dans ces régions métropolitaines, les dieux de chaque ethnie ne pouvaient pas répondre de manière universelle. Ainsi le christianisme s’est répandu rapidement en Occident et le manichéisme en Orient avec des caractéristiques trans-ethniques. La conversion au christianisme à l’Empire romain a renforcé le lien entre les différentes tribus dirigées par les Romains. Un processus similaire a commencé pendant le règne du premier Sassanide Shahpur en rapport avec Mani, mais a échoué. La suppression des Manichéens et des autres religions, ainsi que les lacunes du gouvernement, affaiblissaient chaque jour les liens sociaux de la société.

    Les guerres entre l’Iran et Rome se sont poursuivies dans une telle atmosphère. Mais d’un autre côté, le christianisme oriental avait trouvé un refuge dans les premiers siècles de notre ère dans les empires perses, et les Nestoriens, de la Méditerranée orientale jusqu’à la péninsule arabique, étaient soutenus par les Sassanides et entretenaient de bonnes relations avec l’Église nestorienne d’Iran. Cependant, à partir du quatrième siècle, ils ont été soumis à deux poids deux mesures par les dirigeants sassanides. Les Nestoriens, persécutés par la Grande Eglise orientale de Rome, cherchaient des zones plus sûres, loin du centre du pouvoir de l’empire pour atteindre le Yémen, où les Juifs avaient longtemps été y s’installés, et le mythe de la reine Sheba – Belqis – était encore dans les mémoires. Par ailleurs, la présence de tribus juives dans la péninsule arabique ne se limitait pas au Yémen. Les tribus juives ont émigré en Arabie saoudite à divers moments historiques. La première fois, lorsque l’Empire romain a détruit et pillé le temple principal de Jérusalem et asservi les Juifs, plusieurs tribus ont migré vers la péninsule et se sont installés dans la ville de Yathrib – Médine.

    Un autre facteur important dans l’évolution des communautés tribales saoudiennes a été la proximité des villes méditerranéennes, en particulier les ports de Syrie et de Palestine. Ces ports ont été utilisés pendant des siècles par des convois pour transporter des marchandises de l’Extrême-Orient vers les riches villes méditerranéennes. La domination sassanide sur une grande partie de cette route a contraint de modifier l’itinéraire des caravanes pour l’Empire romain. Des sous-routes en provenance d’Afrique de l’Est, et en particulier de la « route de l’encens » dans la péninsule arabique. Ces développements ont conduit à la relocalisation de tribus entre les deux régions arabes et la Syrie  – Shamat. La présence croissante des tribus juives et la propagation du christianisme en Arabie saoudite, ainsi que le boom commercial, ont incité la communauté tribale d’Arabie saoudite à embrasser des événements qui ont modifié la géographie stratégique du millénaire et changé l’histoire jusqu’à nos jours.

    Géographie de l’Arabie saoudite

    Extrait de « Histoire de l’Arabie saoudite et du peuple arabe » par Taghizadeh Ferdows Publications

    << La péninsule arabique, comme les Arabes l’appellent eux-mêmes, a presque deux fois la taille de l’Iran, et ses frontières sont les suivantes : Palestine, Shamat-la Syrie, Iraq au nord, golfe Persique à l’est, océan Indien au sud, mer Rouge et canal de Suez. Au nord-ouest de la péninsule de la Palestine à l’Irak, le désert possède des oasis habitables. Ce désert a une étendue d’environ 640 km d’ouest en est et 320 km du nord au sud. Il est situé entre Jouf et Jabal Shamar et Najd. Dans la partie sud de la péninsule centrale, c’est un très grand désert. Ce qui comprend tout le centre et l’est de l’Arabie saoudite sauf les côtes d’Oman. Les zones côtières proches de la côte sont la péninsule du Sinaï entre le golfe d’Aqaba et la Palestine à l’est et le canal de Suez à l’ouest. À la fin de l’Aqaba se trouvait le port d’Ileh, qui était un centre important du commerce saoudien. Sur sa côte est, le golfe la région est connue sous le nom de Muqna, et ses habitants étaient apparemment juifs dans les temps anciens.

    Tribus arabes

    « L’histoire traditionnelle arabe classe les peuples arabes en trois catégories, à savoir : les « arabes disparus », les « arabes arabisants » (Qahtân), et les « arabes arabisés » (‘Adnân), ces derniers descendraient d’Ismaël fils d’Abraham. Qahtân, originaire du Yemen, est considéré comme l’ancêtre des « Arabes du sud », et ‘Adnan, le descendant d’Ismaël ibn Ibrahim, celui des « Arabes du nord ». Selon les textes coraniques et bibliques, Ibrahim (pour les musulmans) ou Abraham (pour les hébreux et les chrétiens) descendrait de Sem, fils de Noé. Il est considéré comme l’ancêtre principal du peuple arabe. Son fils Ismaël ayant épousé la fille d’un descendant de Qahtân nommé Mudâd, engendra les douze tribus ayant peuplé La Mecque avant de se disperser de toutes parts en Arabie ». Même référence.

    La tribu  Quraysh était une tribu très importante et dominante à La Mecque qui détenait le rideau et la clé de la Kaaba .

    Juifs et chrétiens de l’Arabie : cité de « la grande encyclopédie islamique. Volume 12, p. 682″

    Bani Qinqa ‘était l’une des trois tribus juives de Médine au moment de la migration. Elle serait l’une des tribus juives qui se sont installées dans la ville entre 70-135 après JC. Les juifs vivaient dans des fortifications appelés Atam .Mais il faut dire que les Bani Qinqa n’avaient ni terres agricoles ni bois. Ils travaillaient l’or et commerçaient. Les Juifs jouissaient depuis longtemps d’une influence et d’un pouvoir politiques…… Ils ont fait la paix avec les musulmans au moment de l’arrivée du Prophète à Médine. Mais après la bataille de Badr, ils ont craint pour leur avenir et ont finalement quitté leurs maisons et laissé leurs biens. Ils ont quitté Médine pour la Palestine. Cependant, lors de cette expulsion, le principe de khoms* a été révélé et pour la première fois….. Le premier Eid al-Adha a été célébré après cette victoire.

    Yaqubi écrit: Les Arabes avaient des religions différentes en raison de leur proximité avec les adeptes des religions et des allées et venues dans des pays lointains et proches. Ils venaient au Hajj et visitaient la Kaaba et accomplissaient des rituels et d’autres cérémonies du Hajj à la mémoire d’Abraham. D’autre part, en raison de leur proximité avec les juifs et les chrétiens au Yémen, à Najran et à Khyber, au fil du temps, certaines tribus arabes ont accepté le judaïsme et le christianisme. Le roi du Yémen envoya deux érudits juifs dans certaines régions du Yémen qui convertirent certains Yéménites au judaïsme. En outre, deux tribus d’Aws et de Khazraj sont devenues juives après avoir quitté le Yémen pour Médine en raison de leur proximité avec les Juifs de Khyber, Bani Qurayzah et Bani Nadir. Certains membres de ces  tribus  ( Bani Harith, Ghassani, Bani Asad, Bani Tamim, Bani Taghlab, Tari, Mahjaj, Behrad, Salih, Tanukh et Bani Lakhm), ont acdoptéé la religion chrétienne. Hajar ibn Amr Kennedy a également converti à cette religion des  mages et les religions  hérétiques. …..De nombreuses coutumes juives étaient courantes parmi elles, telles que la circoncision, le baptême, l’abstinence des femmes pendant les menstruations et les jours fériés (les vendredis et samedis).

    Émergence de l’Islam. Citation de la source précédente

    En plus des juifs et des chrétiens, certains membres de la tribu Quraysh étaient également des monothéistes, connus sous le nom de Hanafis. Le jour où les Quraysh se sont réunis dans un bosquet près de Taif et ont célébré l’Aïd pour le bien-aimé, qui était la grande divinité de Bani Saqif, quatre d’entre eux  qui  étaient convertis à la religion Hanif) une religion  d’Ibrahiique.

    Umayya ibn Abu Salt, membre   de la tribu Bani Saqif et contemporain du Prophète, est l’un des célèbres Hanafis qui prêchait le monothéisme. Il voyageait beaucoup en Syrie et parlait à des moines et érudits juifs et chrétiens. Quand il a entendu la nouvelle de la résurrection, il a dit: « Je connais plus que Mahomet les livres et les nouvelles des nations, et je connais aussi la langue araméenne et hébraïque. Je suis plus digne que lui.  Dans ses poèmes, il a utilisé beaucoup de mots qu’on trouvera par la suite dans le Coran. De nombreux polythéistes Quraysh ont eu le nom d’Abdullah, y compris son propre père se prophète. L’inviter à quitter l’idolâtrie et à se tourner vers Dieu Tout-Puissant n’a pas été sans précédent. » fin de la citation.

    Calendrier islamique:

    605: (18 avant Hijrat)  Naissance  de Fatemeh Zahra, fille de Mohammad et épouse d’Ali In Abi Talib

    605: (18 avant H) Muhammad reconstruit la maison de Kaaba

    .610: (13 avant h) La révélation du Coran dans la grotte de Hara. Muhammad reçoit le premier message de Dieu à travers Gabriel

    .620: (3 avant H) Le voyage de Muhammad à Taif et l’ascension du Prophète de l’Islam.

    622: Le début de l’année Hijri – cette origine a été déterminée lors du califat d’Umar -. Pendant ce temps, le Prophète de l’Islam a émigré à Yathrib (plus tard appelé Médine) et, en plus de propager l’Islam, a repris le commandement des musulmans puis de Médine. La même année, un traité de paix a été signé avec les tribus et familles importantes de Yathrib. Le but du traité était de mettre fin aux guerres et aux effusions de sang entre les deux tribus d’Aws et de Khazraj et leurs tribus alliées.

    624: (an 2 après la migration) de la bataille de Badr, expulsion des Juifs de Bani Qinfagh de Médine.

    624: (année 2 après la migration) changement de la qibla des musulmans de Jérusalem à La Mecque

    625: (3 après H.) La bataille d’Uhud, expulsion des Juifs de Bani Nadir de Médine

    627: (5 ans après la migration) Guerre de la tranchée et occupation de Bani Qurayzah.

    628: (année 6 après la migration) Paix d’Hudaybiyyah et envoi d’une lettre du Prophète des Musulmans aux rois des terres environnantes dans le but de les inviter à l’Islam.

    632: (an 10 après la migration) La mort du prophète Fatemeh, la fille de Muhammad. Hojjat al-Wada ‘et le dernier sermon du Prophète et l’événement de Ghadir Khum.

    ……En moins de vingt ans, l’armée  musulmane composée de tribus arabes, après la conquête de la péninsule arabique, de Bahreïn, d’Oman, du Yémen , a vaincu l’Empire sassanide, conquérant l’Egypte et le Caucase, et infligeant de lourdes pertes à l’empire byzantin en Asie mineure. Certaines de ces conquêtes ont eu lieu pendant le règne du premier calife Abu Bakr 632-34, et la plupart pendant le règne du deuxième calife Omar 634-644. Pendant la règne du troisième calife, Uthman 644-656, la domination syrienne et Shamat ont été confiées à Mu’awiyah.655/35 AH. Le début du califat d’Ali Ibn Abi Talib

    658: 38 AH La bataille de Nehruvan

    659: Conquête de l’Égypte par Mu’awiyah I.

    661: Ali ibn Abi Talib, quatrième calife est tué par un »  Kharidjite ».

  • Mais j’adore la Nature!

    Je m’étais promis d’éclairer mes points de vue sur mon « voyage de vie ». Dans ce court texte je tente de me positionner par rapport à deux points essentiels : « la Nature » » et « la Société ».

    La Nature d’abord: j’aime la nature. Même si je sais qu’elle est aveugle et impitoyable. Du  point de vue d’un être négligeable que je suis, je n’ai pas eu le choix de l’origine de mon « existence »: ni la famille, ni le lieu de naissance, ni l’époque où j’ai vécu n’étaient de mon choix. Aucune des caractéristiques naturelles de mon être n’est due à ma volonté et à mon désir: santé, beauté et non-beauté, mon intelligence et mes capacités….mais j’adore la nature, même si je sais que je suis condamné à mort depuis ma naissance. De ce point de vue, je n’ai eu aucun rôle sur mon existence.
    J’aime la nature parce que nous lui sommes redevables, mais je sais aussi que cette nature n’a pas d’affinité particulière avec moi. Dans son travail, il n’y a aucune détermination ou volonté de me préserver ni  moi et ni  mon espèce, l’Homme. Notre relation avec la nature d’un point de vue ontologique n’est pas différente de  celle de la relation avec des espèces animales qui ont disparu. La race humaine peut également périr.

    Je suis né de la nature, mais elle n’est pas une mère de compassion pour moi. Nous avons tous quelque chose en commun à « être » dans ce monde, mais ce caractère universel  n’a pas créé un «droit» pour nous face aux autres composants de l’univers. Si nous considérons ce « droit  »  ontologiquement  naturel,  pour quelle  raison nous ne donnons pas un tel droit aux autres animaux  et même aux plantes ? Dans ce cas, pourquoi sacrifions-nous leur vie pour notre propre survie?
    Donc il y a une autre loi  dans la nature, selon laquelle notre existence est liée à celle des autres animaux et des plantes. Si nous les protégeons, en fait, nous maintiendrons nos conditions de survie, et  c’est dans ce cadre que notre respect pour eux aura du sens. Il vaut donc mieux appeler un chat, un chat. Ce « droit naturel » ou » loi naturelle « est le résultat d’un raisonnement humain pour  mieux organiser la vie humaine. Ne sacralisons pas la nature et ne se prétendons pas d’être amoureux de la nature.
    Mais ne pas sacraliser ne veut pas dire lui être hostile: l’inimitié avec un phénomène dont nos conditions de vie et notre  survie dépendent, n’a pas de sens. La nature nous a donné la vie et cette vie, bien que courte, est injuste et dure, mais elle peut être agréable et belle. A condition que je sache où est ma place dans cet univers  et que j’établisse une relation harmonieuse avec lui. Que  je ne cherche pas à le dominer, ce qui est un projet fou. A condition d’essayer d’augmenter ma capacité biologique sans la détruire. Si je dois prendre la vie d’un animal et consommer une plante, au moins respecter sa courte vie et ne pas lui faire de mal. En acceptant le cycle de la création, de la vie et de la mort, j’ai une coexistence constructive avec d’autres êtres. Je ne leur imposerai pas mon style de vie, et j’observerai la condition d ‘ »équité » en les apprivoisant et en les utilisant et en les « exploitant ».

    Moi et la Société:

    Avec la formation et le développement de la société humaine, répondre aux besoins naturels de la biocompatibilité a pris une couleur sociale.  La complexité des relations de la production dans la société engendre un tel  grand changement dans la notre relation avec la nature  que souvent c’est  très difficile de reconnaître la caractère « naturel « de ces phénomènes. *
    De ce point de vue, ma relation avec la société est un reflet  de ma relation socialisée avec la nature. Avec de nouvelles lunettes et avec ce filtre, mes yeux voient ce monde  d’une nouvelle manière. Si nous ne sommes pas conscients de l’existence de ces lunettes, nous étendrons notre vision spéciale aux autres, à l’humanité, et parfois à l’ensemble de la nature, et nous souffrirons d’égocentrisme. *
    Comme au moment de ma naissance  je n’avais pas le choix de mon environnement naturel, de la même façon,  je suis  une créature de la culture, des  traditions,  de la famille et du  statut de classe  qui ont façonnaient mon existence sociale. Par conséquent, chacun de nous est un « héritier unique » de notre Histoire. Nous sommes le produit de toute l’histoire de la société et nous n’y échappons pas. Notre champ de liberté se limite aux conditions de notre vie sociale. Si on veut profiter de cette liberté, cela nécessite de connaitre nos limites et d’accepter la responsabilité des résultats de nos actes.
    De ce point de vue, les inégalités sociales résultent d’une série de causes «sociales ontologiques» et reposent sur les mêmes inégalités naturelles et sociales. Dans une nature où la « loi des forts » et  » la survie du plus apte »  règnent, ces lois aveugles prennent pour l’homme socialisé diverses formes sociales : la richesse et le statut social.

    Jusqu’à l’ère moderne, cette inégalité était considérée comme un résultat  du système universel et transhumain, et la culture dominante la voyait   comme un devoir moral individuel et social. Dans les temps modernes, les penseurs sociaux parlent  du « droit naturel » par lequel les êtres humains naissent égaux et ont le même droit de vivre. Il a été souligné auparavant que nous partageons avec tous les phénomènes de l’univers une « existence » commune, mais ce « droit » n’est reconnu ni par la nature ni par ses composantes, et peut être aboli à tout moment. Hobbes, John Locke et Rousseau ont été les premiers penseurs à proposer un nouveau système de pensée pour analyser la société humaine, chacun avançant ses raisonnements pour expliquer ce phénomène, mais tous s’accordant sur  » le droit naturel ». John Locke est allé plus loin et a ajouté » le droit de fonder une famille et le droit de propriété ».
    Comme l’ont dit les anciens, le droit et la loi ont été fixés par les faibles afin de se protéger, quoique de manière limitée, des excès de pouvoir de groupes dominants. En d’autres termes, le droit et les lois  naissent de la lutte et de la pensée humaines, et s’ils sont attribués à la nature, leur raison devrait être considérée dans la motivation de ses prédicateurs à légitimer leur raisonnement. «La loi et le droit » découlent de l’équilibre des pouvoirs dans la société, qui détermine dans une certaine mesure les intérêts des classes les moins puissantes dans le contexte général des intérêts des puissants. La base de ces lois est expliquée par « l’esprit des lois » de Montesquieu. Auparavant, même Hobbes et Locke considéraient la racine des « droits » en dehors de la société. Mais il attribuait les racines de la loi à des facteurs qui étaient tous internes à la société. Et cela était une rupture radicale avec l’ancien temps*.
    On peut donc dire que d’une part, les lois coercitives naturelles ont pris une couleur sociétale, et les êtres humains, limités aux conditions naturelles, ont subi  aussi des restrictions sociales : le progrès  de la division du travail a, à la fois augmenté les capacités humaines et accru les inégalités entre les groupes sociaux. Les « lois »  réglementaient la vie sociale. La sécurité de la société face aux menaces externes et aux troubles internes est assurée par ces lois. Ces lois définissaient  les relations des groupes sociaux, et selon le rapport de forces entre les groupes et les classes sociales, un ordre se forme et conduit à l’émergence de l’État. Les racines terrestres étant la source de la loi alors que les droits féodaux et le système précapitaliste, étaient définis sur la base de facteurs extérieurs à la société, cette nouvelle approche sur les racines des droits  a ébranlé les fondements de la pensée féodale. Cette fois, la classe dirigeante ne pouvait plus  garantir sa légitimité comme venant de « l’extérieur » de la société. Avec l’avènement de l’humanisme, l’homme est devenu le centre de l’univers. Avec l’acquisition des connaissances, les êtres humains se sont retrouvés dans une nouvelle position capable de changer les conditions naturelles et sociales à leur guise. Le « Libérer les êtres humains des chaînes des illusions de l’ancien monde » était confronté à un monde qui devait être redéfini. Mais utiliser la liberté acquise n’était pas une tâche facile. Si à l’époque ancienne  la voie de la vie  était tracée par les traditions ancestrales, à l’époque de la« liberté », le mode de vie individuel et social devait être reconstruit. Mais comment? … Les esclaves affranchis des  temps modernes, ont pris des directions différentes pour construire leur utopie. Leur histoire est l’Histoire de nos siècles contemporains, pleine de hauts et de bas, de malheurs et de bonne fortune. Mais dans toutes ces « voies » et « détours », la vie continuait de donner un cadre pour que  l’amour puisse se réalisait et que nous les êtres humains puissent continuer  la « voie » sous  son ombre!
    Compagnons, les questions soulevées dans le texte ci-dessus sont mes principales  préoccupations. Si vous me faites savoir ce que vous pensez de ces sujets, vous m’aideraient beaucoup. Je vous remercie.

    La première vidéo est en français et la seconde en anglais pour connaître ou rappeler brièvement  les pensées  de Hobbes, John Locke et Rousseau. Des dizaines d’autres vidéos de différents niveaux y sont disponibles.

    La nature de l’homme selon Rousseau et Hobbes – Jocelyn Maclure, Xavier Brouillette (2017)

    ÉPINES POLITIQUES -Thomas Hobbes