Auteur/autrice : Sadegh Keyhani

  • Où est l’Iran? (3) Le déluge de Noé sur le plateau de l’Iran

    Où est l’Iran? (3) Le déluge de Noé sur le plateau de l’Iran

    Au temps du Coronavirus, la nature a de nouveau montré son pouvoir aveugle, de sorte que peut-être la fierté de cette créature à deux pattes s’estompera un peu et l’homme découvrira sa place dans l’univers. Dans ce court article, nous examinons une période de l’histoire du plateau iranien pour découvrir comment nos ancêtres étaient les jouets du changement climatique et comment à chaque période, ils ont été forcés de quitter leur lieu de résidence pour s’installer dans un endroit plus sûr pour leur survie. Ils n’avaient ni la volonté ni la capacité de nous transmettre leurs expériences de vie, et c’est encore le sol de cette terre qui porte le message de ce passé. Chaque montagne et vallée, chaque désert  cache les histoires de celui-ci en son cœur. Et selon les mots de Saadi, «les feuilles des arbres verts – chaque feuille est un livre». Mais c’est seulement cette prise de conscience de l’avancée de la technologie moderne qui nous permet de «voir» ce qui est «invisible» au cœur de la pierre.

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    « Les feuilles des arbres verts dans l’esprit conscient – chaque feuille est un livre de connaissance de celui qui agit. » Saadi

    * Ouvrez vos yeux pour voir l’âme – de voir ce qui est invisible. Molavi Balkhi/Rumi

    Souvenirs du sol du temps passé

    Cet article est basé sur le livre « Les migrations aryennes et leur lien avec le climat et les mers anciennes d’Iran » de Reza Moradi Ghiyassabadi.

     Changement climatique

    La dernière période glaciaire a commencé en 12 000 avant JC et a duré jusqu’au huitième millénaire avant JC. Cette ère  a créé de grands glaciers dans les hautes montagnes, provoquant le recul des mers. Mais le temps froid et le manque d’évaporation de l’eau ont fait monter l’eau des lacs intérieurs.

    golfe persique en 3ème millénaires a..j.c .avenacé d’eau dans la terre.

    Ainsi, pendant les périodes glaciaires, le niveau de l’eau du golfe Persique est descendu de 90 mètres et une grande partie de celui-ci s’est asséché. A l’opposé, pendant la période de réchauffement en 4000 avant JC, l’eau du golfe a avancé jusqu’à 150 km à l’intérieur de la Mésopotamie et du Khuzestan. Pendant cette période, les fleuves Karun, Karkheh, Tigre et Euphrate se sont écoulés séparément dans le golfe Persique. Au quatrième millénaire avant JC, d’importantes villes de la civilisation sumérienne étaient situées sur la côte du golfe, mais en raison du recul des eaux, leurs vestiges se trouvent aujourd’hui à une grande distance de celui-ci.

    Descriptions des photos: Dans le passé, les fleuves Euphrate et Tigre se déversaient séparément dans le golfe Persique.
    Progression du golfe Persique au Khuzestân et en Mésopotamie

    Mers anciennes
    Certains chercheurs * considèrent que la surface de la mer Caspienne au cours de la dernière période glaciaire se situait à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du niveau de la mer d’aujourd’hui. On dit que les eaux de la mer Caspienne et de la mer d’Aral (Khorezm) étaient reliées l’une à l’autre et même reliées à la mer Noire jusqu’à il y a quinze mille ans.

    Descriptions des photos: Dans le passé, les fleuves Euphrate et Tigre se déversaient séparément dans le golfe Persique.
    Progression du golfe Persique au Khuzestân et en Mésopotamie

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    Aux latitudes moyennes, y compris en Iran, les preuves archéologiques montrent qu’à partir de 5500 avant JC, avec le début des périodes chaudes et humides et le retrait des glaciers vers le nord, la quantité de précipitations augmente progressivement, notamment entre le sixième et le quatrième millénaire avant JC.  La quantité de pluie était de 4 à 5 fois supérieure à celle d’aujourd’hui. « Et il y avait une végétation riche et des forêts denses sur le plateau iranien. » Les lacs, les vallées, les déserts et les rivières asséchées d’aujourd’hui avaient une eau abondante partout en Iran. Ce climat favorisait les vastes pâturages et permettait la production de riches produits végétaux et animaux. Il créait des conditions particulièrement favorables à la vie humaine.

    Preuve archéologique

    les sites d’habitation au 3ème millénaires sur le plateau de l’Iran

    Les découvertes archéologiques confirment les conditions climatiques humides entre 5500 et 3000 avant JC. L’établissement de civilisations le long des déserts secs et salés a été le signe d’une eau abondante et douce près de ces colonies. Les rivières sèches d’aujourd’hui alimentaient en eau les villes et les villages. La Shahr*2-Soukhté du Sistan, la colline de la Sialk  de Kashan près de la plaine désertique, la colline Hesar près du désert de  Damghan, les collines de Mohammadabad de Qom, les Kénar-é- Sandale et autres collines Le bassin Halilrud de Jiroft sont autant de preuves de l’abondance de l’eau jadis sur le plateau iranien.

    Les inscriptions sumériennes parlent également de villes anciennes au bord de la mer. Dans le nord de l’Iran, dans les grottes récemment détruites de Hoto  près de Behshahr, les restes des os d’un lion de mer (mâchoire) ont été retrouvés, ce qui indique le niveau élevé de la mer Caspienne à cette époque. La mythologie et des textes anciens confirment également la réalité de la vie sur le plateau iranien avant la migration des Médo-Perses indo-iraniens vers cette région.

    Les sites archéologiques avant l’arrivée des Aryens. D’après le livre de la civilisation Jiroft écrit par Piran.

    La tempête de l’âge de Jamshid ou la tempête de Noé

    Deluge -T orate ,bible, Coran. BNF(exposition)
    déluge de plateau de l’Iran.

    La dernière pluie qui a obligé les habitants du plateau iranien à quitter leurs habitations  dans les plaines et à migrer vers les montagnes remonte à une époque où de fortes pluies ont provoqué une tempête appelée le déluge de Jamshid ou le déluge de Noé. Les premiers peuples qui l’ont subie sont les Sumériens. Dans l’histoire de Gilgamesh, il est fait référence à une tempête qui a fait migrer des humains et des animaux vers les montagnes du nord, sans doute le mont Ararat.  Plus tard, la même histoire est racontée dans le livre de l’Ancien Testament des Juifs et de l’Avesta *. Suite aux fortes pluies, l’eau des lacs intérieurs est montée et a atteint son plus haut niveau, remplissant toutes les fosses, déserts, vallées et voies navigables.

  • où est l’ Iran?

    Où est l’Iran?

    Dualité du mode de vie: » nomadisme et sédentarité »

    Peinture dans une grotte préhistorique    dans les montagnes Zagros / Lorestan.

    Les racines de ces différents modes de vie remontent au dixième millénaire avant notre ère. Les premières sociétés agricoles se sont établies en Mésopotamie et dans les  contreforts de la chaîne des Zagros, tandis qu’en Asie centrale et dans les steppes d’«Eurasie», les animaux étaient le principal moyen de subsistance de l’homme. Entre le 10ème et le 5ème millénaire, un mode de vie sédentaire s’est répandu sur le plateau iranien et la vallée de l’Indus: dans la partie centrale des monts Zagros, des unités monogames ont pu domestiquer des chèvres, cultiver du blé et de l’orge, et faire de la poterie. Ils habitaient des maisons rectangulaires, utilisaient des arceaux pour couvrir les maisons, faisaient des sculptures d’argile en forme d’animaux et créaient des objets artistiques avec des os et des pierres. Les fouilles archéologiques montrent des innovations telles que l’utilisation du silex dans le nord-est de l’Iran (dans les provinces du Golestan et du Nord Khorasan). Bref, le mode de vie des habitants du plateau iranien était devenu sédentaire. Plus tard, les tribus nomades aryennes se sont séparées des autres tribus indo-européennes et sont entrées sur le plateau iranien. Elles se sont sédentarisées à leur tour tout en apportant  leur expérience de pastoralisme. A partir de ce moment-là, la vie préurbaine s’est développée dans les différentes régions iraniennes. (Une Histoire  des civilisations / Les civilisations de la vallée de l’Indus, de l’Amou Daria et du plateau de l’Iran, pages 287 à 294.

    Le temple Chagha Zanbil dans la plaine du Khuzestan, Haft Tappeh appartient à la civilisation Ilam

    Les premières civilisations de cette terre ont été créées avant que les tribus aryennes ne pénètrent sur le plateau. La civilisation d’Ilam s’est établie avec comme centre Suse à partir du troisième millénaire avant notre ère, puis celle des Achéménides. La civilisation de Jiroft et la celle moins durable de la  Shah-é-soukhté « ville brûlée » appartiennent également au troisième millénaire.

    Le premier test de « mondialisation »
    Nous avons vu que la vie sociale de l’autre côté de l’Amou Daria – en Asie centrale et dans les steppes (Eurasie) a pris une couleur différente. Dans cette région, l’homme cueilleur et chasseur  est devenu éleveur de bétail notamment de chevaux et de chameaux et les a utilisés  comme moyen de transport. Par ailleurs, leur culture, leur mythologie et leur art étaient complètement différents des celles des communautés sédentaires  du plateau iranien.

    À partir du cinquième millénaire avant notre ère, la communication entre les deux mondes s’est lentement établie et l’échange de biens, de produits puis de compétences professionnelles s’est développé. Les pierres ornementales, les articles en cuir ou en pierre, la poterie, les matières premières pour la peinture et le bitume faisaient partie des produits échangés entre ces régions très éloignées. Par exemple, les pierres ornementales du Badakhshan ont été découvertes dans la ville de la civilisation sumérienne ** en Mésopotamie au troisième millénaire avant notre ère.

    Sarazm, une site historique ,daté 5500ans avant.

    «Sarazm, une ville préhistorique multiculturelle d’Asie centrale près du lieu de naissance de Panjkand / Rudaki

    De nouvelles fouilles archéologiques indiquent l’émergence des premières communautés mixtes entre les deux mondes séparés. Un exemple de ceci est une grande zone appelée « Sarazm- » du cinquième au troisième millénaire située dans la vallée de Zar Afshan. Cette vallée possède de nombreuses mines de métaux. Cette société préurbaine avait un système agro-pastoral dans lequel plusieurs cultures vivaient ensemble dans une coexistence pacifique, mais c’est un exemple très rare. Dans les millénaires suivants, l’inimitié entre les deux mondes sera l’esprit dominant des relations.

    Fouilles abandonnées  de la shar-é- soukhté dans la région de Zabul

    Où est notre Iran?

    Ferdowsi, le pète iranien de 10ème siècle qui a raconte le mythologie et l’Histoire ancienne de l’Iran dans son livre fondateur de la langue persane

    Revenant à la première question de ce texte : Où est l’Iran? Et nous trouvons la réponse dans le livre de l’un des chercheurs les plus éminents de la région, Vassily Berthold: «L’Iran, géographiquement, ne correspond pas à la terre où les Iraniens vivaient en tant qu’unité raciale, ni à la région où l’influence de la civilisation iranienne a été médiatisée. Ni dans celle dans laquelle la langue persane, c’est-à-dire la langue littéraire de l’Iran, était devenue populaire. »« Géographie historique de l’Iran »p. 7 *

    Nous demandons: « Alors, où est l’ Iran? » Nizami Ganjavi /poète du XII siècle/ répond que « le monde entier est un seul corps et l’Iran est le cœur! »

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    Berthold explique cette affirmation dans l’introduction de son livre. Bref: l’Iran historique ne peut être défini par des frontières politiques, ni par une race particulière, ni même par une civilisation et une langue particulières, l’Iran pour ses habitants, va au-delà de ces mots: l’Iran est dans leur cœur.

  • Mémoire du sol

    Les nuages, le vent, le brouillard, le soleil et le ciel sont au travail

               pour que vous ayez du pain sur la terre et ne le négligez pas. « Saadi, poète de 13eme siècle »

    La géographie est le phénomène fondamental dans la formation des sociétés humaines. En effet, l’Histoire s’inscrit dans un territoire. Analyser la position naturelle d’un espace est la clé pour comprendre comment la vie sociale y est apparue (installation ou migration) et son type de moyens de subsistance (agriculture ou élevage), notamment. La géographie influence même la structure sociale et les rapports sociaux. Bref, le destin humain se déroule sur cette terre et la géographie est le théâtre de l’Histoire.

    Les montagnes de l’Hindou Kusch, qui séparent le plateau iranien de la vallée de l’Indus sont la source de l’approvisionnement en eau de l’Afghanistan. Elles sont la source de la rivière Helmand qui se jette dans le lac Hamoun près de Zabol.(lac sacré de la religion  Zoroastrienne).

    Mémoire du sol

    Notre terre a sculpté des événements naturels au cœur de ses montagnes, vallées, plaines et déserts. Le changement climatique à différentes époques a répandu la mer et les lacs qui l’entourent et dans ses montagnes des forêts se sont développées. Puis leur disparition a transformé une grande partie de cette terre en déserts et en marais salants, et dans ses contreforts il y a peu de terres propices à l’agriculture.

    Pour découvrir et comprendre ce qui est arrivé à cette terre et à ses habitants, la question initiale est de savoir où est situé notre Iran et quelle est sa position dans son espace régional et par rapport à ses voisins?

    Le plateau iranien ou plateau aryen (dans le dialecte afghan) est une région située entre l’Asie centrale et le Moyen-Orient. Ce plateau est situé à proximité de la connexion africaine à la « plaque Eurasie » *. Dans la quatrième période géologique, le plateau de la péninsule Arabique s’est séparé de l’Afrique et est entré en collision avec le plateau Eurasie. L’intensité de cette collision a provoqué l’émergence des monts Zagros. D’autre part, la collision entre  le péninsule Indienne et l’Asie a formé les chaînes de montagnes de l’Asie du Sud, y compris l’Elbourz.
    L’Elbourz au nord, les chaînes du Zagros ** à l’ouest et au sud,  les montages de  hendokoche et la vallée  de l’Indus   à l’est bordent le plateau iranien. Ce plateau couvre plus des deux tiers de l’Iran actuel, une grande partie de l’Afghanistan, l’ouest du Pakistan et une partie du sud du Turkménistan. Les villes de Tabriz, Shiraz, Quetta et Rawalpindi sont situées aux quatre coins de ce plateau.

    Du point de vue de la topographie

    Bien que nous parlions du plateau de l’Iran,  la terre de ce plateau n’est pas plate et plusieurs chaînes de montagnes sont éparpillées ici et là, y compris dans l’est du Khorasan et au bord du désert de Lut (si  nous relions les trois les villes » d’Iranshahr, de Qom et de Sabzevar, nous aurons un triangle d’une superficie de plus de 300000 kilomètres carrés qui comprendra deux immenses déserts, la plaine de Kavir au nord et le désert de Lut au sud. ).

    Les deux chaînes de montagnes de Zagros et de l’Erbourz ont de multiples fonctions. D’une part elles fournissent des ressources en eau et d’autre part, ses mines ont fourni les matières premières de l’artisanat  aux habitants de ces régions depuis la préhistoire. De plus, ces deux chaînes  entourent le plateau iranien comme une muraille.

    Les ressources en eau peuvent également être divisées en deux catégories : les rivières qui coulent à l’intérieur du plateau iranien et disparaissent souvent dans les terres arides du plateau iranien, à l’exception du bassin versant du lac Urmia et Bakhtagan. Contrairement à de nombreux pays asiatiques qui ont des rivières permanentes et riches en eau, le plateau iranien est privé de grands fleuves. Ceci est le résultat direct de conditions sèches et défavorables du climat de l’Iran. Le Tigre et l’Euphrate dans le Croissant Vert, l’Amou Daria, l’Oxus et le Syr Darya  au nord et le fleuve Indus au sud-est sont des exemples de fleuves riches en eau près du plateau iranien.

    Zard Kooh situé à Chahar Mahal Bakhtiari, la source d’eau en Iran

    Sur les versants  extérieurs des chaînes de Zagros et de l’Elbourz, coulent de grandes et petites rivières qui mènent au golfe Persique et à la mer Caspienne. Ces cours d’eau traversent les terres agricoles les plus fertiles d’Iran. Les quatre principaux fleuves d’Iran proviennent du Zagros moyen. Ils irriguent la plaine fertile du Khuzestân et se déversent dans le golfe Persique. Dans la partie nord de l’Elbourz, des dizaines de rivières le long de la mer Caspienne en ont fait la région la plus riche en eau d’Iran. Les rivières iraniennes ne sont pas navigables  à l’exception de Karun. L’Iran a donc été privé de voies navigables intérieures qui ont joué un rôle de communication efficace et à faible coût dans la création des civilisations.

    Eau

    Tableau des principaux fleuves d’Iran

    Grands fleuves Longueur de la source du fleuve en kilomètres Localisation du bassin versant du barrage Capacité (millions de mètres cubes) Date de fin de construction du barrage.

    Le manque d’eau sur le plateau iranien a réduit la fertilité des sols et explique la faible densité globale de la population. Cette population dispersée dans des unités rurales avec peu d’eau et sur des terres à faible rendement, ne s’est engagée dans la production qu’avec persévérance et travail acharné. A noter que malgré ces contraintes, ces populations ont respecté strictement leurs frontières et leur environnement. Historiquement, elles n’ont que rarement migré. Même lors des transhumances des troupeaux, elles se sont rarement  éloignées de leur  terre natale. Un lien fort avec la terre, une dépendance vis-à-vis de ses dirigeants ont rendu ces gens pacifiques et soumis au pouvoir.

    L’agriculture avec des ressources en eau limitées les a conduits à utiliser des Quanat, longs aqueducs souterrains  ***,  qui faisaient parfois des dizaines de kilomètres de long. Comme ces infrastructures avaient toujours besoin d’être réparés et entretenus, une vaste  structure sociale a vu le jour pour gérer ces ressources en eau et assurer leur distribution. Le rôle du Mirab (responsable de la distribution) et des représentants du gouvernement dans ce pays est une caractéristique de la structure des communautés sur le plateau iranien. Contrairement aux civilisations de la Mésopotamie et de la vallée de l’Indus ou des rives orientales de la Méditerranée, où des cités -États indépendantes ont émergé, une  structure de ce type ne pouvait pas fonctionner sur le plateau iranien. Dans les cités-états, l’artisanat  et le commerce ont joué un rôle fondamental dans la création des relations sociales et des communications interurbaines. Les anciennes villes d’Iran avaient davantage une fonction administrative et militaire, et leur rôle était davantage d’administrer les territoires sous leur domination.

    Partie II: La première «mondialisation»

    Le plateau iranien et  les régions voisines du point de vue de la géographie physique                                                                                                                                             Terres arables du plateau iranien  

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    Sous-titre

    « Eurasie  » comprend l’Asie et l’ Europe, mais la « steppe d’Eurasie  » commence par la  Moldavie au nord-est de la mer Noire et comprend l’Ukraine, le Kazakhstan, l’Asie centrale du Nord, le Turkestan, la Chine, la Mongolie et la Mandchourie.

    Zagros ** Les monts Zagros sont le résultat d’une activité tectonique, c’est-à-dire la collision de deux plaques tectoniques d’Eurasie et d’Arabie saoudite. Ce pliage ne s’est pas arrêté et la transformation de la terre dans l’ouest de l’Iran et la région des Zagros se poursuit. De nombreux plis et la présence d’abondants dômes de sel ont transformé les Zagros en une région riche en pétrole.

    ** * Dans les villes sumériennes, une sorte de pierre noire était importée de Kerman ainsi que des produits de la vallée de l’Indus et d’autres régions de l’Inde. Réciproquement, des produits des civilisations mésopotamiennes ont été trouvés à Jiroft et Shahr Sokhteh.

    * 4  Susa et Balkh ont été à certaines époques  des cités –état. Il y a également la possibilité de l’existence ce genre de structure  dans la civilisation de Jiroft.

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    les références:

  • Miroir d’Alexandre*

    Miroir d’Alexandre*

    La Coupe pleine de Vin

    est le  miroir d’Alexandre

     

    Regarde, tu verras tout

    un Royaume enchanté.  (Hafiz)**

     

                    Alexandre le Grand, du point de vue des  historians euro centriques , est  un guerrier qui a vaincu le plus grand empire de l’époque en moins de trois ans et répandu la civilisation de l’occident vers l’est en y construisant plus d’une centaine de villes.

     

     

    Mais depuis le milieu du XXe siècle, plusieurs spécialistes de l’histoire en Occident ont mis en question  cette conception du caractère d’Alexandre et l’ont replacée dans une perspective d’hégémonie européenne. A l’ère de la domination occidentale du monde, les marins et les «explorateurs» du nouveau monde se considéraient comme les porteurs de civilisation, et à la différence d’Alexandre qui promouvait l’hellénisme, eux, diffusaient la religion du Christ.

                    Parmi ces savants occidentaux, Pierre Briant est considéré comme l’une des références de cette période historique notamment par son ouvrage, « Histoire de l’Empire perse ». En présentant son livre à l’Université de Toulouse, où j’étais présent, il a répondu à l’un des participants qui lui a demandé comment quelqu’un de » soixa

    nte-huitard »  comme lui  pouvait écrire un livre de 1200 pages sur un empire. Il a répondu  que ses recherches portaient initialement sur Alexandre, mais en est rapidement venu à la conclusion qu’Alexandre suivait le modèle de Cyrus l’Achéménide ce qui l’a conduit à l’étude de l’empire perse.

                     Cyrus et Alexandre
    L’idée de créer un empire mondial existait dans certaines des anciennes cités-états de Mésopotamie, y compris l’Assyrie, mais n’a pas eu de concrétisation. C’est Cyrus qui a pu établir le premier empire mondial et subjuguer une grande partie du monde connu de cette époque pendant plus deux siècles. Bien qu’Alexandre ait lu l’Iliade d’Homère à son maître Aristote et ait souhaité succéder à Achille, il a emprunté l’idée d’un «empire mondial» à Cyrus. Alexandre visita la tombe d’Achille pour lui rendre hommage et, après avoir conquis le plateau iranien, il se rendit à Pasargades pour rendre hommage à Cyrus. *

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    * Jules César et Napoléon sont allés en Égypte pour admirer Alexandre. Suivant cette tradition, Napoléon et Frédéric II rendirent visite à Jules César et plus tard Hitler vint sur la tombe de Napoléon pour se mettre dans son sillage. Mais cette tradition a été établie par Alexandre lui-même, il a visité la tombe d’Achille, le héros de la guerre de Troie, avant d’attaquer l’empire achéménide, et quand il a conquis le plateau, il est allé à Pasargades pour rendre hommage à Cyrus.

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    Il n’y a aucun doute sur le génie militaire de ce commandant de vingt ans. Il a parcouru treize mille kilomètres avec une armée de quarante mille hommes et a conquis un territoire allant de la Grèce à l’Inde en trois ans. Il remporte de nombreuses batailles dans des terres inconnues, à une époque où il était bien plus faible que son rival en termes de combattants et d’équipement militaire.

    S’il n’y a aucun doute dans son génie militaire, il y en a beaucoup sur son sens politique et sa gestion pour préserver ce qu’il a accompli. Alexandre connaissait la tradition de la guerre et conquis la Grèce auprès de son père, le roi de Macédoine. Cependant il n’y avait aucune expérience de la gestion de vastes territoires en Grèce et le règne des cités-états ne dépassait pas un territoire limité autour de la ville. Alexandre a pu utiliser le système administratif achéménide pendant une courte période et, selon la tradition hellénique, a installé des colonies dans de nouvelles villes.

    Lorsque le général macédonien de 33 ans meurt à Babylone des suites d’une blessure par flèche  reçue  dans la vallée de l’Indus, son empire se désintégrera aussi vite qu’il avait été créé. Ses descendants prendront, chacun d’entre eux, le contrôle d’une partie de l’empire. Comparé aux deux siècles de l’empire achéménide, le règne d’Alexandre n’a été qu’une parenthèse dans le cours de  l’Histoire. Cependant, les effets de la civilisation hellénique ont été très forts et durables.

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    *Le miroir d’Alexandre, dans la littérature iranienne  est une expression allégorique  pour renvoyer au  miroir qui aurait  été installé sur le phare  d’Alexandrie pour observer le monde, esquivant de Coupe du vin de Jamsheed le Roi ans la mythologique iranienne.

    ..**Traduit par Gilbert Lazard. Cent un ghazals amoureux, Gallimard.

     

     

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    Référence:

     

    Alexandre le Grand (deux parties) | 2000 ans d’histoire | France Inter

  •  L’est du plateau iranien : une scène de guerre permanente

     L’est du plateau iranien : une scène de guerre permanente

    L’est du plateau iranien, appelé «Afghanistan» depuis le XVIIIe siècle, fait partie du monde iranien. Les découvertes archéologiques indiquent une civilisation le long de la rivière   Helmand, dont  « la ville brûlée », Shahr-é-Soukhté, au troisième et deuxième millénaire avant JC est un exemple marquant. La ville brûlée entretenait des relations commerciales avec les civilisations de Mésopotamie (Sumer et Akkad) et surtout avec la civilisation de Jīroft et celle de la vallée de l’Indus. Les découvertes archéologiques indiquent la croissance de l’artisanat de la poterie et du textile dans cette ville. Cette civilisation a disparu au milieu du deuxième millénaire avant JC en raison du changement climatique ou pour d’autres raisons inconnues.

    « .et Tang-e-Shisheh, réalisés par les artisans de Shahr-e Sokhteh / 2e millénaire avant JC

    Légende de la photo: Cimetière Shahr-e Sokhteh « la ville brûlée

    Les habitants d’autres régions d’Afghanistan vivaient dans des villages peu peuplés pour lesquels aucune information exacte n’est disponible.

                Mais de l’autre côté de l’Amou Daria se trouvaient des tribus aryennes qui ont migré sur le plateau iranien dans le deuxième  millénaire avant JC : les Mèdes, les Kurdes et les Perses se sont installés sur le plateau ouest, et une autre branche de ces tribus est entrée en Inde depuis l’est de plateau Iranien.

    Ces tribus, qui forment la branche indo-iranienne *, étaient étroitement liées en termes de langue, de culture, de traditions religieuses et de mode de vie en raison de leur coexistence ancienne en Asie centrale. Il semble n’avoir pas rencontré beaucoup de résistance après leur entrée sur le plateau iranien et se sont engagés dans l’agriculture et l’élevage dans leur nouvelle patrie avec leurs anciens habitants. Mais ils demeuraient sous la pression des tribus nomades de l’autre rive de l’Amou Daria/ Oxus.

    L’Histoire du plateau iranien, et en particulier de sa partie orientale, est l’histoire du conflit constant entre les tribus nomades du nord et les agriculteurs résidents du pays : de temps à autre, de nouvelles tribus ont envahi le plateau et pillé villes et villages. Certaines sont restées et se sont mêlées aux anciens habitants. Ce cycle s’est poursuivi jusqu’à l’époque contemporaine. Il était courant pour les pouvoir  politiques  du plateau iranien de demander de l’aide aux tribus du désert pour combattre leurs ennemis. A partir de la période achéménide, ces tribus étaient considérées comme une composante du corps militaire  iranien, ce qui facilitait les raids et la conquête de villes pour ces tribus. Ce type de scénario s’est répété au long de l’Histoire du monde. Deux exemples célèbres étant l’entrée des germains  dans l’armée romaine, ce qui a facilité la chute de l’empire romain ; l’autre étant l’invitation du roi wisigoth d’Espagne aux Arabes musulmans pour expulser ses rivaux ce  qui  aboutira à l’occupation  de L’Espagne par  les musulmans.

    De Cyrus aux Kushans

    Fondateur de l’Empire Achéménide, Cyrus le Grand a combattu plusieurs fois les tribus du désert pour les empêcher d’envahir l’Asie centrale. Celles-ci ont été forcées de se retirer dans le désert du Turkestan chinois. Pour empêcher leur retour, Cyrus a établi des bases militaires  dans la région de la vallée de Zara shan, dont la ville de Struchan en témoigne encore aujourd’hui. Cyrus perdra sa vie  lors de la dernière guerre contre ces mêmes tribus. La guerre dans cette région a continué pendant le règne de ses successeurs jusqu’à ce que Darius conquière cette région et nomme son père Vishtaspa comme satrape de la région occidentale (Bacteria) dont le centre était la ville de Balkh.

    Photo d’un château reconstruit sur une colline de la ville de Struchan, dans la province de Sughd, qui fait maintenant partie du Tadjikistan. Ce château est également appelé Temple de Cyrus, les habitants considèrent leur ville comme la

    capitale d’été de Cyrus.

    Après la chute de l’empire achéménide et la conquête du plateau iranien par Alexandre  de Macédoine, la «bactéria» est  restée une satrapie et Alexandre a poursuivi la politique de Cyrus dans ce domaine en construisant  des fortifications militaires  et des villes pour combattre les tribus nomades. Pour autant la pression de cette tribus s’est poursuivie et au deuxième siècle avant JC, les Scythes ont réussi à conquérir l’est du plateau iranien pendant qu’une branche d’entre eux s’est installée dans le sud. Pendant quelque temps, cette zone a été appelée « Sekestan ou Sistan ». Une autre branche des Scythes est entrée dans la vallée de l’Indus et dans le nord de l’Inde et s’est installée dans cette région.

    Les Kouchanes:

    Vers la fin de la domination grecque de Balkh, les tribus Kushan ont émigré du Turkestan, en Chine, au nord de l’Amou Daria, et un certain nombre d’entre elles se sont installées dans les villes de Balkh et d’Aï Khanum. Au premier siècle avant JC, elles ont établi leur règne en Bactriane dont la capitale était  Balkh. Le roi le plus puissant de cette dynastie s’appelait Kanishka et régna du nord de l’Inde vers des parties de l’Asie centrale telles que Sughd et Kharazm. En 120 après JC, il déplaça la capitale de Balkh à Bagram et Kapisa. En 220, les Kushans ont été détrônés  par les Sassanides, et certaines de leurs branches ont établi le gouvernement du Kaboulistan ou le Royaume Sassanide Kushan, qui a régné du sud de l’Hindu Kush jusqu’aux rives de l’Indus.

    Langue, écriture et religion

    Les Kushans ont utilisé le grec comme langue de la cour à leurs débuts qui a ensuite été remplacée par la langue Balkh. Ils ont également embrassé les croyances et religions populaires de Balkh, dont les plus importantes étaient le mazdaïsme, la religion grecque et le bouddhisme. A partir du règne des premiers rois de cette dynastie, la culture bouddhiste s’est répandue sur leur territoire jusqu’à ce qu’elle devienne la religion dominante sur la Route de la Soie pendant la période Kanishka.

    Au premier siècle de notre ère, les livres bouddhistes ont été traduits dans diverses langues et envoyés dans différentes régions par des moines. De nombreux temples bouddhistes ont été construits sur les routes traversées par des caravanes commerciales, ce qui a permis la propagation du bouddhisme sur la route de la soie. Cela a ouvert la voie à l’entrée de la religion en Chine et dans d’autres pays d’Asie de l’Est.

    Relations avec les puissances étrangères

    Les rois Kushan avaient des relations diplomatiques avec l’Empire romain, l’Empire sassanide, la dynastie Han des empires chinois et indien. Les Kushan étaient proches de la civilisation chinoise en raison de leur résidence ancestrale dans le désert chinois, et le commerce prospérait entre eux. Les rois Kushan étaient sous la pression des empires parthe et sassanide au milieu des deuxième et troisième siècles après JC, et pour cette raison, ils avaient besoin du soutien de l’Empire romain et se rendirent à Rome à plusieurs reprises, en le demandant. Mais cette alliance n’a pas empêché l’effondrement du règne des Kushans en 225 après JC vaincu par l’Empire sassanide  nouvellement fondé. Ses parties occidentales, y compris Balkh (centre de l’empire), Sughde et Gandara, sont tombées sous la domination sassanide. Les Sassanides ont transformé ces régions de l’Est en un royaume semi-indépendant qui étaient gouvernés par des princes sassanides appelés Kushan Shahs. Cependant, les membres restants de la dynastie Kushan ont régné sur les parties sud et est du nord de l’Inde jusqu’en 375 après JC, quand ils ont disparu aux mains de l’empire Gupta.

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     bas  de première page

    * En 78 après JC, le roi de l’Inde du Nord (vallée de l’Indus) envoie une délégation de ses ambassadeurs à Rome pour gagner le soutien de l’empereur Vespasien et Titus contre la menace parthe. .

    Relations d’affaires. Des sources romaines disent qu’en 138 après JC, un ambassadeur a été envoyé par le roi de Balkh à la cour d’Antonius Pius. Des sources chinoises mentionnent également que les produits importés de Daquin (le nom chinois de l’Empire romain) se trouvent facilement sur le territoire de Kushan.

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    2 /L’est du plateau iranien: une scène de guerre permanente

    Parthes à l’est du plateau iranien

    Les Parthes, comme les Achéménides, ont utilisé des soldats des tribus du désert dans leur armée. Ces soldats étaient des guerriers qui ont pris une part active au service des rois persans dans la guerre avec la Grèce et les Séleucides, et cette connaissance du terrain les a aidés pour la conquête future du plateau oriental de l’Iran. Lorsque les Sakas et plus tard les Kushan sont arrivés au pouvoir dans cette région, les Parthes ont capturé le Sistan et ont établi un gouvernement fantoche appelé les Parthes et les Hindous dans la partie centrale de l’Afghanistan actuel.

    Heptaliens/les Huns

    Cette tribu était une branche des tribus « Han » dont les racines étaient les Turcs et les Mongols de l’Altaï des déserts de la région de la steppe « Eurasie ». En 420 après JC, ils ont établi une dynastie  dans le nord-ouest (Bactriane) dont le centre était Balkh. Ils ont étendu leur territoire au nord de l’Inde. Ils ont pu vaincre Bahram Gour à Merv et Yazdgerd Sassanid à Murghab. Le premier vainqueur sassanide de la guerre contre les heptaliens a été tué et son corps n’a jamais été retrouvé. En 484 après JC, les héptaliens/ les Huns/ ont conquis  Merv et Herat.  Mais en 567  le roi sassanide, Khosro, dans les batailles ultérieures et avec l’aide des tribus turques a vaincu la dynastie Heptalide, certains territoires de la terre heptalienne sont allées à l’Iran et d’autres aux Turcs.

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    Source: Histoire de l’Empire parthe. André Verstendik, traduit par Behforouzi

    Site archéologique d’Afghanistan.

    Histoire des Tadjiks, Imam Ali Romanov

    Encyclopédie de l’universalisme

  • La Chine :Le dragon se réveille

    Le dragon se réveille

    Les dynasties au pouvoir en Chine

    Jusqu’au deuxième siècle avant JC, la Chine était divisée en petits États dirigés par des dirigeants locaux. Ces petits Etats se sont ensuite progressivement regroupés, dominés par la dynastie des rois locaux . Cette tendance à l’unification a conduit au premier empire chinois. Bien que la vie de cet empire ait été très courte, le nom de la Chine vient du nom du premier empereur. Au cours de son règne, de nombreux temples ont été construits, dont le plus célèbre est sa tombe avec des milliers de statues de soldats de la garde royale qui devaient le suivre dans l’éternité. Plus de 600 000 travailleurs forcés ont été employés dans la construction de ce bâtiment, la plupart d’entre eux étant des paysans qui n’avaient pas les moyens de payer des impôt. La Grande Muraille de Chine a été construite pendant la même période avec une main-d’œuvre similaire. Signe des lois strictes de la Chine, la Grande Muraille de Chine a commencé sous le règne de la dynastie Han et a été réparée et achevée dans des périodes historiques ultérieures.

    impression des billets de banque                                                                                                                                                                                         les marins chinois ont exploré l’océan Indien et le Pacifique.

    Un autre empire important était la dynastie des « Han » au deuxième siècle après JC, qui s’est effondrée en États féodaux autonomes. L’âge d’or de la civilisation chinoise a pris forme entre le VIIe et le IXe siècle après JC sous le règne de la dynastie Tang. Les Chinois ont pu bloquer l’avancée des Arabes vers l’est lors de la bataille de Thales. Une autre dynastie a joué un rôle important en Chine : elle est appelée les « Song » (960 à 1279) pendant laquelle le néoconfucianisme était à la base du système au pouvoir. Quelques   acquis de cette époque  ont  été l’invention de l’impression, des boussoles, des compas et l’impression des billets de banque. Le règne de Gengis et de  sa lignée a duré 100 ans. Sous la  domination mongole, la société chinoise s’est ouverte vers l’ouest. La dynastie  suivante, Ming a régné de 1489 à 1644, période pendant laquelle les marins chinois ont exploré l’océan Indien et le Pacifique. Le dernier empire chinois fut celui des Mandchous,  qui régnèrent de 1644 à 1911. Pendant cette période, le Tibet fut conquis et la guerre entre la Chine et Japon prit le dessus.

    La société chinoise au fil du temps

    Le patriarcat était souverain en Chine et il était courant  jusqu’au milieu du XXe siècle. L’économie reposait sur de petites propriétés agricoles et l’incapacité financière de très nombreux paysans à payer les impôts les conduisait souvent à l’esclavage.  Souvent ces mêmes paysans étaient contraints de louer leurs enfants de l’âge de 15 ans jusqu’à 25 ans  .   L’économie paysanne chinoise n’était pas dirigée par des seigneurs féodaux mais par des dirigeants locaux, qui étaient souvent les agents du gouvernement qui percevaient les impôts.
    Ces agents étaient en charge des affaires et chaque fois qu’un gouvernement plus centralisé était établi, il coordonnait un système unifié sur un territoire plus large. Le fait d’avoir une langue  et une écriture communes a joué un rôle clé dans le fonctionnement de ce système bureaucratique. Dans le passé, l’unité de poids et le mesure de distance  étaient les mêmes en Chine, ce qui était un facteur de commodité pour la perception des impôts. Les ingénieurs de travaux publics avaient normalisé la taille/dimension/ des charrettes  et la largeur des routes était calculée sur la même base,  routes qui facilitaient le commerce vers les frontières éloignées. Y compris la route de la soie d’est en ouest.

    La Chine sous l’emprise de l’impérialisme

    Après la révolution industrielle en Europe, les pays industrialisés les plus avancés, à la recherche de nouveaux marchés, ont trouvé  la Chine, une bonne proie. Ceux-ci ont occupé de force plusieurs ports chinois en tant que comptoirs, et pendant la guerre de l’opium, la Grande-Bretagne a forcé le  gouvernement faible des  Mandchou à accepter des contrats défavorables à la Chine. Face à des conditions économiques désastreuses, en 1851, le mouvement Taiping appela à une réforme agraire radicale et à un changement du statut des femmes dans la société chinoise, mais ce mouvement fut réprimé par le gouvernement et avec le soutien des troupes britanniques et françaises. En outre de deux pays européens, la Belgique, l’Allemagne,  ainsi que la Russie et le Japon, ont cherché à étendre leur sphère d’influence en Chine. Le Japon et la Russie en Mandchourie et dans le nord de la Chine cherchaient des mines de charbon tandis que les Européens dans le sud recherchaient des matières premières bon marché et le marché chinois. Un autre mouvement appelé le Mouvement des Boxers a été formé en 1899. Il était farouchement anti-étranger et sans projet de réforme. Il a été réprimé avec l’aide d’une force militaire étrangère unie.

    La république de CHINE

    La poursuite des mouvements populaires a conduit à la chute du régime mandchou, et Sun Yat-sen, le chef du parti nationaliste Kuomintang, est devenu le premier président de la Chine. La République chinoise naissante a également accueilli  favorablement la Révolution russe: le Parti communiste chinois a été fondé en 1921 et a utilisé la présence militaire de la Russie en Chine pour étendre son influence. En revanche, avec la mort du président (en 1921) et les victoires militaires de son successeur de parti, Tchang Kaï-chek sur les seigneurs de guerre, la capitale est transférée à Nankin. L’alliance du Parti nationaliste et du Parti communiste dans la guerre contre le Japon se brise au bout de quelques années et la lutte entre les deux partis a conduit à la victoire du Parti communiste en 1949.
    Le Parti nationaliste s’est contenté du gouvernement de Taiwan et  le Parti   communiste a fondé la République populaire de Chine. Jusqu’à l’année…. Taiwan a été reconnue par les pays européens et les Nations Unies. Quelque temps plus tard, la «République populaire de Chine» a rejoint les Nations Unies et  finalement  remplace de Taiwan et  devenue membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies.
    La République communiste nouvellement formée a non seulement conquis le Tibet en 1950, mais a également envoyé plus de 1,7 million de volontaires sur le champ de bataille pendant la guerre de Corée. Cette guerre où les États-Unis ont soutenu l’opposition, a abouti à la formation de deux États coréens. Depuis chaque état a suivi son propre chemin.

        Concernant  la politique intérieure en 1957, le parti dirigé par Mao a poursuivi une politique dite «Que cent fleurs fleurissent», qui l’année suivante a été transformée en une politique du «bond en avant» visant à supprimer les «fleurs ouvertes l’année dernière». En  1966 – avec le déclenchement de la Révolution culturelle-, la répression de la dissidence au sein de la société et au sein du parti s’intensifie et de nombreux rivaux de Mao sont exclus du parti dans le cadre d’un règlement politique. Après sa mort, le chef de l’opposition du parti, Deng Xiaoping, accède au pouvoir. Il a ouvert la voie à une politique qui, s’appuyant sur l’économie de marché sous le contrôle  du parti, a mobilisé les paysans et les classes populaires urbaines  pour accroître la production en mobilisant  également  des capitaux chinois partout dans le monde.                          La politique du « grand bond en avant » s’est achevée avec plusieurs millions de victimes

                                                                                                                                                                                                        La jeunesse du parti au service du règlement des comptes entre chefs du parti.

        Le monde occidental s’est réjoui de l’ouverture du «marché chinois» mais s’est heurté rapidement à un rival dont la main-d’œuvre était bon marché, disciplinée, bâtie sur une tradition confucéenne millénaire et alimentée par le nationalisme. De nombreuses entreprises occidentales se sont établi en Chine notamment pour bénéficier de cette main-d’œuvre bon marché. Mais le succès des entreprises chinoises dans la conquête des marchés mondiaux a paniqué ses concurrents occidentaux. Ironie de l’Histoire : ce fût alors la Chine qui prônait le «marché libre» et l’Occident qui voulait protéger son économie intérieure !

    Malgré les conflits entres les pays industrialisés, la question est maintenant de savoir quel sera le futur choix du peuple chinois: vivre dans un pays qui se voit la  superpuissance du 21ème  siècle dans laquelle  les ouvriers seront les « mangeurs des miettes » des nouveaux riches ou vivre dans un pays respecté au niveau mondial, dans une société plus juste,  plus libre et sans parti unique .

    Quelques vidéos liés à ce sujet:

    La Chine : histoire et civilisation (Ve siècle av. J.-C. – XXIe siècle ap. J.-C.) (partie 2)

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  • Court récit de voyage le long du Camino del Norte.

    Court récit de voyage le long du Camino del Norte.

    Le Camino del Norte est un chemin qui longe la côte atlantique au nord de l’Espagne. C’est l’un des chemins de pèlerinage vers Saint Jacques de Compostelle.

    Du IXème siècle au milieu du XIIème siècle, les pèlerins empruntaient ce chemin côtier car il traversait des territoires encore tenus par les royaumes chrétiens d’Espagne. C’est un chemin difficile, longeant une côte très découpée et entaillée de profondes vallées. Le relief y est très marqué.

    Après la Reconquête, ce chemin est peu à peu abandonné au profit du Camino frances qui offre un déplacement plus facile par de hauts plateaux et ce, d’autant plus que le roi Alphonse Ier d’Aragon incite les pèlerins à l’emprunter. https://fr.wikipedia.org/wiki/Camino_franc%C3%A9s

    J’ai effectué ce voyage à partir du 19 octobre 2020 au départ d’Irun (ville frontière) avec un ami. Nous avons dû l’écourter le 28 octobre à Laredo à cause de la forte reprise de l’épidémie de covid en France et de l’annonce du confinement. Nous avons marché 220 km environ en 9 étapes.

    Au-dessus d’Irun.

    Les étapes basques, notamment d’Irun jusqu’à Bilbao sont les plus belles et les plus « physiques ». Relief accidenté, somptueux bords de mer et paysages essentiellement ruraux.

    Sur le chemin en Euskadi (pays basque)…

    Getaria                                                                                                               Port de Deba

     

    Guernica. On passe notamment par la ville de Guernica (Gernika-Lumo en basque), ville martyre pendant la guerre civile espagnole. Le 26 avril 1937, pendant un jour de marché, cette petite ville est bombardée par les avions allemands et italiens avec l’accord du général Franco. C’est la première fois dans l’Histoire moderne qu’une population urbaine est sciemment massacrée. Ce massacre a été voulu par Hitler, allié de Franco dans la guerre civile espagnole (https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Espagne) pour terroriser la population. Guernica est ainsi devenu un terrain d’essais militaires en prévision de la seconde guerre mondiale. Plus de 1600 civils furent tués et il y eut plus de 800 blessés.

    Cette ville de 16000 habitants est également le nom d’un des plus célèbres des tableaux de Pablo Picasso et l’un des poèmes de Paul Eluard, « la victoire de Guernica ». http://www.bilketa.eus/fr/collections/textes-choisis/2576-la-victoire-de-guernica-paul-eluard-1938

    Bouleversé, choqué, Picasso jette sa colère sur une toile de 8 mètres de long et de 3,50 de large.

    Reproduction du tableau de Picasso dans la ville de Guernica.

    Bilbao

    Sur le chemin de Bilbao sous la pluie…

    Bilbao (Bilbo en basque) est une ville d’environ 350 000 habitants située sur le fleuve Nervion. C’est la capitale de la province de Biscaye. C’est un important centre industriel qui a bénéficié d’un vaste programme de renouvellement urbain, notamment la construction du musée Guggenheim.

    Bilbao                                                                                  Musée Guggenheim

    Dans un bar de la vieille ville.                     Portugalete (en quittant Bilbao)

    Après Bilbao, on quitte progressivement le pays basque et on entre dans la province de Cantabrie.

    On traverse notamment la jolie ville de Castro-Urdiales https://fr.wikipedia.org/wiki/Castro_Urdiales

    Vue de Castro-Urdiales avec l’église de Sainte-Marie-de-l’Ascension, monument gothique le plus important de la région dont la construction date du XIIIème siècle.

    De nombreuses grottes à proximité de la ville abritent de belles traces d’art rupestre paléolithique en bon état. https://www.turismodecantabria.com/disfrutala/que-visitar/34-cueva-del-cuco/buscador-cHJvY2VzYXJCdXNxdWVkYT1vayZpZE11bmljaXBpbz0zNCY=

    On arrive à la fin de ce voyage écourté. Dernière étape, la ville de Laredo.

  • CHINE

    Tiré du cours  de « Jean-Michel Dufay » de l’Université libre de Bruxelles

    Géographie historique de la Chine

    Depuis 2500 ans, la partie orientale, la région où se trouve Pékin, est la région la plus peuplée et la plus influente de la Chine. Plus de 90% de la population appartient à l’ethnie « Han ». Alors que d’autres régions telles que la Mandchourie au nord, le Xinjiang ou le Turkestan à l’ouest, et les États du sud-ouest voisin du Tibet sont des zones qui ont été ajoutées à la sphère politico culturelle de la Chine et ont toujours joué un rôle marginal dans son histoire. Dans ces régions, les gens parlaient leur propre langue et avaient leurs propres coutumes. Dans ces provinces la population était moins nombreuse que  dans la région centrale. Aujourd’hui, la population chinoise est de 1 milliard 500 habitants (USA 340 millions, Europe 400 millions et Inde 1 milliard 300 millions). La population chinoise était de 100 millions d’habitants  au XIe siècle, de 350 millions au début du XVIIIe, a doublé au cours des 150 années suivantes et redoublé au cours des 60 dernières années .

    Le climat.

    Le sud de la Chine a un climat chaud et humide et le riz étant sa principale culture, la population a augmenté de façon exponentielle lorsque la culture du riz et les semences ont été améliorées aux XIe et XIIe siècles. Dans le nord de la Chine, le temps est froid et sec, et ses principales cultures sont le blé et les céréales.

    Religion

    La civilisation chinoise a deux caractéristiques durables: la croyance aux forces surnaturelles et à la rationalité, voire au rationalisme. En d’autres termes, un Chinois peut adhérer aux traditions superstitieuses et appliquer la rationalité dans la vie quotidienne. Dans la culture chinoise, l’appel aux anciens et aux morts pour accéder aux forces surnaturelles est une tradition de longue date. Au cœur de cette culture on trouve le penseur Confucius, dont le but était de combattre la superstition et de rationaliser la société.

    Religion de Confucius

    La religion de Confucius est devenue populaire en Chine à partir du VIe siècle avant JC. Elle repose sur une vision philosophique avec des traces de pensée religieuse. Sa dimension culturelle et sociale est très forte et est basée sur la rationalité. Les idées de Confucius ont été très efficaces pour combattre les superstitions. Elles se sont ancrées dans la société à travers l’éducation de l’individu, de la famille et de la communauté. Dans cette religion, le respect du passé préserve la solidarité des générations et assure la continuité de l’ordre mondial pour l’avenir. À cet égard, l’obéissance au pouvoir est un principe fondamental. Cette idéologie politique de l’empereur et de la classe dirigeante,  les mandarins, a été utilisée pour diriger et assurer la cohésion de la société pendant des siècles. La sélection des agents du gouvernement de haut en bas de l’échelle était basée sur les mérites des individus et non sur leur situation familiale. Tous les volontaires devaient avoir appris les enseignements de Confucius et être compétents dans leur domaine. Les candidats retenus étaient affectés à des emplois bureaucratiques  en fonction de leurs capacités. Dans l’histoire chinoise, les mandarins ont joué un rôle décisif.

    Au XIe siècle, le néo confuciusme a été utilisé sous une nouvelle forme, qui a restauré l’ordre hiérarchique de la société et l’esprit d’obéissance absolue dans la société. L’utilisation instrumentale de cette tradition est encore utilisée aujourd’hui par le Parti communiste chinois. Bien que la religion confucéenne ait été attaquée par les gardes rouges pendant une brève période pendant la Révolution culturelle chinoise dans les années 1960, elle a été rapidement rétablie par le gouvernement pour la reconstruction culturelle pour les fins politiques.

    Taoïsme

    On dit que le fondateur de cette religion est Lao Tsu, un contemporain de Bouddha et de Socrate. Cette philosophie est basée sur l’équilibre de deux forces et leur fusion. Le taoisme met l’accent sur l’immortalité de l’âme et même du corps et a donc de nombreuses instructions pour prolonger la vie. « Yin » et « Yang » sont les principes sur lesquels repose la permanence du monde et sont le symbole de la masculinité et de la féminité, respectivement. « Yin » a une nature sèche et froide et « Yang » a une nature chaude et humide. Le point important est que chacun de ces deux éléments a une petite quantité de l’autre élément en lui-même.

    « Yin » et « Yang » dans le tatouage

    Bouddhisme chinois

    Bouddha et Confucius se rencontrent.

    Bien que Bouddha soit d’origine indienne, il a trouvé la plupart de ses adeptes en Chine. Le bouddhisme s’est lentement répandu en Chine et a fusionné avec le taoïsme, dominant la scène culturelle chinoise du troisième au dixième siècle après JC. Mais la philosophie bouddhiste en Chine a été radicalement transformée. Selon les enseignements du Bouddha, on peut atteindre le stade de la sagesse en  méditant  et en évitant ses désirs matériels. Le » Nirvana » ou l’éveil  est le but ultime de cette religion. Dans le bouddhisme indien, l’étape la plus élevée de la réincarnation est de sortir du cycle permanent de la vie et de devenir » un » avec l’esprit du monde. Il n’y a pas de paradis matériel dans le bouddhisme en Inde.

    Mais le bouddhisme en Chine  est devenu plus terrestre, basé sur la compassion et la solidarité. L’effort de chaque  personne dans sa vie et ses choix est évalué, et en conséquence, dans sa vie future, sa réincarnation le transformera en un être supérieur ou inférieur. Dans ce processus, l’étape finale, le «Nirvana», ne signifie pas périr  et se dissoudre dans le monde, mais atteindre l’immortalité et la paix de l’âme.
    Une troisième tendance est courante au Tibet, appelée «bouddhisme de diamant».

     Le Bouddha sous sa forme indienne est mince et réfléchi alors que sous la forme chinoise, il est enveloppé et rieur.

    La Chine : histoire et civilisation (Ve siècle av. J.-C. – XXIe siècle ap. J.-C.) (partie 1)

    https://www.youtube.com/watch?v=hOgrA_MrhF4&ab_channel=Jean-MichelDufays

    https://youtu.be/hOgrA_MrhF4

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    La Chine selon Confucius [Documentaire]

    https://www.youtube.com/watch?v=RAwa2MRfFwo&ab_channel=TaiChiKungfuLyon-ChuanTong

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    8 inventions chinoises en avance sur leur temps

    File d’attente • 2 / 2

  • L’Inde, un pays à redécouvrir!

    L’Inde, un pays à redécouvrir!

    Géographie de l’Inde

    Le sous-continent indien s’est connecté à l’Asie il y a environ 100 millions d’années.  La collision qui s’en est suivie a donné naissance à l’Himalaya, les plus jeunes montagnes du monde et à ses vastes glaciers qui sont les sources de plusieurs grandes fleuves, l’Hindus, long de 2900 km et le Gange, long de 2500 km qui irriguent une grande partie du nord de l’Inde.  Le climat en Inde est tempéré au nord, chaud et humide au sud et plus sec à l’est.
    L’Inde a des frontières communes avec le Pakistan, le Bangladesh, le Népal, le Bhoutan, la Chine et la Birmanie. Enfin avec une population d’un milliard et trois cents millions d’habitants, une personne sur cinq dans le monde est un Indien.

    Langue et religion: Il existe plus de 18 langues officielles en Inde, dont l’hindi et l’anglais qui sont les langues nationales. Plus de 80% de la population est hindouiste et les musulmans représenten plus de 10% de la population, les chrétiens sikhs, les zoroastriens et les Baha’i  ont chacun leurs propres partisans.

    À partir du quatrième millénaire avant notre ère, une civilisation s’est formée autour du fleuve Indus (dans l’est du Pakistan aujourd’hui), pendant la période de la civilisation sumérienne en Mésopotamie. Les archéologues anglais ont découvert cette civilisation inconnue à la fin du XIXe siècle. Des fouilles ultérieures dans la première moitié du XXe siècle ont permis de découvrir diverses villes dans la vallée de l’Indus qui, malgré leur grande distance les unes des autres, présentent de nombreuses similitudes entre elles.

    Civilisation de la vallée de l’Indus 2700 à 1900 avant JC

     

    Cette civilisation est unique en termes d’urbanisme et d’architecture à son époque. En Mésopotamie et en Égypte, le palais et le sanctuaire du souverain sont situés au centre de la ville et les principales artères de la ville rejoignent ce centre avec des marchés et des installations publiques autour. Alors que les villes de la civilisation de l’Indus, comptant parfois jusqu’à 50 000 habitants, ont été construites selon les besoins des citadins. Les voies urbaines et le plan des villes ont été conçus selon ces mêmes besoins. L’existence de réseaux d’eau, de bains publics et privés dans les maisons et même de toilettes dont les déchets sont transportés hors de la ville par des égouts fermés indique le niveau avancé d’urbanisme et d’architecture de cette période. Dans l’une de ces villes, il y avait plus de 600 puits. Par ailleurs, l’utilisation de briques et de bitume était très importante dans les bâtiments urbains.

    Le fleuve Indus n’était pas seulement un facteur de développement de l’agriculture et de villes densément peuplées. C’était aussi une voie navigable commode avec d’autres cités et même avec les civilisations mésopotamiennes. De nombreux objets trouvés attestent des liens commerciaux existant entre ces civilisations. Dans des documents de la période de Sargon II le roi akkadien, nous savons également que le commerce entre l’Inde et la Mésopotamie passait aussi par le golfe Persique. Cette civilisation a disparu au début du deuxième millénaire pour des raisons inconnues. Jusque dans les années 60, l’arrivée des Aryens a été considérée comme la cause de la destruction de la civilisation de la vallée de l’Indus.
    pour en savoir plus:

    INDE Histoire – Civilisation de l’Indus (jusqu’en 1700 av JC)

    Civilisations disparues La vallée de l’Indus

     

    La période de la civilisation védique de 1500 à 600 avant JC

    Les tribus indo-européennes entrent dans le sous-continent indien au cours du deuxième millénaire, notamment les Aryens dans la vallée de l’Indus via l’Asie centrale et le nord de l’Afghanistan jusqu’au sud du sous-continent. Leur installation ne s’est pas faite pacifiquement bien sûr. Les origines indo-européennes de ces tribus ne sont connues qu’à travers la linguistique : les mots communs  et la grammaire, mais il n’y a pas de preuves  archéologiques dans ce domaine.

    Les classes sociales de cette période se composent de quatre groupes: les brahmanes, les guerriers, les artisans et les petits paysans, et dans la position la plus basse, la classe qui cultivait ou servait les autres classes (similaire à la division sociale en Iran de même époque). Ces classes en Inde sont progressivement devenues des castes.

    De la fusion des coutumes et des traditions de ces tribus indo-européennes  avec celles des indigènes naîtra une civilisation brillante qui a laissé de nombreuses réalisations dans le domaine des pensées religieuses, philosophiques, scientifiques, littéraires et artistiques. L’hindouisme est un bel exemple de cette fusion. Cette religion, sans prophète ni clergé, appelle ses adeptes au salut en accomplissant des rites publics. La vision de l’hindouisme loin des dogmes religieux était la voie vers le salut de l’Humanité. Tolérant il cohabitait avec les autres croyances. Par conséquent, lorsque le Bouddha a prêché ses enseignements aux sixième et cinquième siècles, il n’y eut aucune tension avec les adeptes de l’hindouisme. Sa vision a également été acceptée comme une autre voie de salut.

    Pour en savoir plus sur l’époque védique: Une histoire des civilisations page 470-475

     Alexandre de macédoine  les grecs  en Inde

    Pendant la période de la vie de Bouddha, l’Inde était morcelé et géré par de multiples chefs locaux. De ce fait, lorsque Darius Achéménide a conquis la vallée de l’Indus en 515 avant JC, il n’a pas fait face à beaucoup de résistance.

    Deux siècles après la dynastie achéménide, Alexandre le Grand a envahi l’Inde du nord-est et a conquis une partie du sous-continent indien. Pour autant après son retour puis sa mort à Babylone, son règne n’a pas duré.

    En 324 av J.C le chef guerrier indien défait  Seleukos et fonde le 1er empire en Inde.

    L’Inde fut à nouveau envahie par les survivants d’Alexandre: le satrape de Bactriane forma un gouvernement indépendant de Séleucides, dont le domaine  commençait à Balkh et comprenait les deux côtés de la vallée du Badakhshan et atteignait l’Indus. En 206 avant JC, le roi séleucide conquit une grande partie de l’Inde. Appelé le grec hindou, il a régné sur certaines parties du nord de l’Inde pendant plus d’un siècle. Pendant cette période, le bouddhisme était très populaire en Inde et se propagea jusqu’en Chine.

    Au 1er siècle, les missionnaires chrétiens arrivèrent en Inde mais eurent peu de succès. Une délégation envoyée par l’évêque d’Alexandrie en 189 après JC revint même les mains vides.

    Période classique de Histoire de l’inde

    Du deuxième au sixième siècle après JC, c’est la période dite classique de l’histoire indienne. La Dynastie  Gopa est arrivée au pouvoir et a régné sur une grande partie de l’Inde. Durant cette période, les sciences, en particulier la médecine et les mathématiques (création du système décimal) ont beaucoup progressé. Au cours de cette période, les Chinois ont également conquis une partie du nord de l’Inde et leurs historiens ont laissé des écrits très précieux. Les Chinois ont également laissé des écrits précieux sur l’Asie centrale et l’Iran. De courts extraits viennent d’être traduits.

    Pour plus d’informations sur la présence grecque en Afghanistan et dans la vallée de l’Indus.

    – Grec, non grec, chinois: le site de Takht i Sangin en Bactriane

    Royaumes gréco-bactriens et indo-grecs
    https://www.youtube.com/watch?v=DoiW8TX3QqM&ab_channel=CostasMelas

    Musulmans en Inde *

    Les musulmans ont conquis Kaboul deux fois en 760 et 786 après JC. Leur armée sous le commandement de Muhammad Ibn Qasim a traversé le fleuve Indus et est entrée en Inde, mais n’a pas été en mesure d’établir un gouvernement. Au 11ème siècle, Mohammad Ghaznavi a envahi l’Inde dix-sept fois sous le prétexte du jihad, qui a abouti au pillage du nord de l’Inde. Ce n’est qu’en 1206 que les dirigeants musulmans de Kaboul ont conquis le nord de l’Inde. Le sultanat de Delhi a dirigé la région et est resté au pouvoir pendant trois siècles. Pendant cette période, l’islam en abolissant  le système des castes, a gagné de nombreux adeptes, notamment chez les artisans qui ont accédé à une meilleure position sociale.

    Au 16ème siècle, en 1525 Babur, le petit-fils de Timur, venant de Kaboul et a conquis Delhi. Il a fondé la dynastie mongole de l’Inde. La période de prospérité de cette dynastie est contemporaine de celle de Shah Abbas le Grand en Iran. Pendant cette période, l’économie indienne a prospéré, le persan était la langue de la culture et de la littérature. Le Taj Mahal est le symbole architectural de cette période. Nader Shah Afshar envahit l’Inde en 1739 et provoque la chute de dynastie  mongole.

     

    Taj Mahal, un palais construit par ordre de Shah Gourgani à la mémoire de sa femme

    Pour en savoir plus; » L’Héritage Timouride  » Cahier d’Asie centrale  ,EDISUD

     époque coloniale

    Dans la première phase, en 1757, la Compagnie orientale des Indes renversa la dynastie Gore Kani et acquit le monopole du commerce. La politique de la compagnie  consistait à acheter des matières premières bon marché et à vendre des produits manufacturés aux Indiens, ce qui lui apportait une énorme richesse. Par ailleurs la méthode de collecte des impôts s’inspirait de la période musulmane et les Maharadjahs autochtones étaient responsables de collecter les impôts. Les paysans devinrent chaque jour plus pauvres et contraints de vendre leurs terres.

    À la suite de la rébellion de Sipai, le gouvernement britannique décida de changer le système de gouvernance. Un ministère spécial pour diriger l’Inde fût mis en place avec à sa tête  le père de la reine. La reine d’Angleterre  devint également reine de l’Inde. En plus de la domination britannique, la France contrôlait 5 ports et le Portugal celui de Goa.

    Indépendance de l’Inde

    Des soulèvements anticoloniaux occasionnels ont eu lieu au XIXe et au début du XXe siècle. Avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, l’armée indienne a servi les intérêts britanniques et a subi de lourdes pertes sur le champ de bataille. Comme  la Grande-Bretagne avait également subi de lourdes pertes, elle n’était pas en mesure d’affronter le mouvement d’indépendance indien dirigé par le Mahatma Gandhi. Gandhi a pu diriger le peuple indien dans sa lutte par des moyens pacifiques et par la désobéissance civile. Parmi leurs luttes symboliques figuraient un boycott des produits britanniques et une marche du sel qui a conduit à une mobilisation publique.

    Mahatma  Gandhi ;fondateur de l’indépendance de l’inde.

    Depuis l’indépendance de l’Inde, les tensions entre les hindous et les musulmans   se sont intensifiées, et après de nombreuses effusions de sang, le Pakistan occidental et oriental a fait sécession de l’Inde.

     

    les photos: Gandhi et Mohammad Ali Janah fondateur de Pakistan
    Jawaharlal Nehru est l’un des leaders de l’indépendance de l’Inde et fût son premier Premier ministre. Il a été l’un des fondateurs du mouvement du tiers monde.

    une emission intéressante sur une région de sud de l’Inde

    L’Inde : Kerala – Echappées belles

  • Les concepts de base des religions indiennes

    Religions en Inde et en Chine

    Dans les civilisations chinoise et indienne, la « religion » est organiquement liée à d’autres catégorisations sociales telles que la science, l’économie et il est difficile de séparer ces concepts comme cela est courant en Occident.

    A- Inde
    1- Hindouisme:

    La propagation de la religion védique dans le sous-continent indien a eu lieu dans un contexte local de traditions pré-aryennes. L’ensemble de ces rituels est basé sur le «samsara», le « flot » indéfiniment recommencé de l’existence (l’Individu ne meurt que pour renaître, dans une condition déterminée par ses actes,- le karma -, accomplis dans ses existences antérieures), par le désir de « délivrance » de ce cycle et enfin par une relation  d’amour, appelée bahiki, entre le fidèle et la divinité. Ces doctrines se ramifient à l’infini et elles sont exposées dans d’innombrables textes, notamment les « Purga« .

    Les caractéristiques de ce rituel entraînent une hiérarchie et une division des tâches entre les différents dieux. Indra est le chef des dieux, comme Zeus le Grec. Dans cette optique, le monde est similaire à un être humain dont la bouche est celle des brahmanes, le bras est celui des guerriers, les jambes sont celles des artisans et les pieds sont ceux des agriculteurs et au service de ces trois groupes. Le système de la société en découle et le système céleste est pensé de la même manière que le système social.

    Au début du védique, les guerriers étaient en charge des affaires religieuses et des rituels.  Des «sacrifices» étaient accomplis pour les dieux sous leur supervision. Le but du «sacrifice» à ce stade était d’offrir un cadeau au dieu protecteur pour qu’il satisfasse à son tour les désirs des êtres humains dans leur vie quotidienne. Mais ensuite les brahmanes (les intellectuels)  ont reçu la responsabilité d’accomplir les rituels. Un nouveau dieu nommé « Pachantapi  » a remplacé « Indra » qui gouvernait le monde. Il  consacrait  toute son énergie et sa puissance au monde, les fidèles faisant des sacrifices  pour le nourrir afin qu’il puisse gérer le monde. Ainsi, le dessein du «sacrifice» dans la deuxième étape a changé substantiellement et n’était plus une affaire personnelle mais  une participation dans le déroulement de l’ordre du monde.

    L’hindouisme classique 660 à 300 avant JC.

    Les trois dieux de cette période sont appelés les trimourti : Brahma est le créateur, Vishnu le gardien et Shiva le responsable de la destruction  et de la préparation de la renaissance. Les croyants recouraient à chacun de ces dieux qui étaient complémentaires et non rivaux. C’est pourquoi l’hindouisme considère la «tolérance» comme un principe et le respect d’autrui est obligatoire.

    2 Bouddhisme
    Le bouddhisme est originaire de l’hindouisme. Bouddha vécut au cinquième siècle après JC, en même temps que Socrate, Laotsé  et Confucius. Le mot Bouddha était utilisé pour sa fonction  spirituelle. Prince de la caste guerrière, il rencontra un matin quatre personnes malheureuses qui n’avaient aucun moyen de sortir de leur douleur et de leur souffrance. Bouddha fut affecté par toute cette impuissance et passa le reste de sa vie à chercher le moyen de délivrer l’homme de ce cycle infernal de souffrances. Selon les enseignements de Bouddha, on peut atteindre le stade de la sagesse en s’abstenant et en détruisant ses désirs et aspirations matériels par la méditation. La sagesse ou l’éveil, – Bouddha   signifie éveillé – est le but ultime de cette religion, car il faut périr dans l’univers, cet état ultime   s’appelle « Nirvana ». Il n’y a pas de paradis matériel dans le bouddhisme. Le bouddhisme est basé sur l’action et la pensée individuelles dans le but du salut et du «Nirvana», tandis que l’hindouisme est basé sur des rituels collectifs.

    Après la mort de Bouddha, d’autres bouddhas ont continué la diffusion de ses enseignements. La langue du bouddhisme appelée «Bali» était la langue commune du peuple et contribuait à la croissance du bouddhisme à l’opposé du sanscrit, (la langue des brahmanes pour enseigner l’hindouisme) qui était difficile à comprendre pour le peuple. Parce que le système de castes n’y avait pas sa place, le bouddhisme a convaincu de nombreux adeptes.
    Le bouddhisme a eu de nombreux adeptes en Inde jusqu’à l’arrivée des musulmans, mais leur nombre a progressivement diminué.
    Le bouddhisme indien est toujours répandu dans l’est de l’Inde, comme au Myanmar, en Thaïlande, au Cambodge et au Laos, alors qu’en Chine, une autre lecture du bouddhisme a émergé, influencée par les anciennes religions chinoises.

    Durgā pūjā à Calcutta.

    *Les Brahmanes, – comme les Lévites chez les Juifs – étaient ceux parmi lesquels le clergé était choisi. Plus tard, les «anciens» leur ont été ajoutés. En Égypte et dans les civilisations mésopotamiennes, les clercs et les fonctionnaires de la cour étaient également choisis dans une certaine classe.

    **En 1966, la Cour suprême de l’Inde a défini le cadre de la foi hindoue27,28 comme suit :

    1. l’acceptation respectueuse des Vedas en tant que plus Haute Autorité sur les sujets religieux et philosophiques et l’acceptation respectueuse des Vedas par les penseurs et philosophes hindous comme base unique de la philosophie hindouenote 5 ;
    2. l’esprit de tolérance et de bonne volonté pour comprendre et apprécier le point de vue de l’adversaire, basé sur la révélation que la vérité comporte plusieurs apparences ;
    3. l’acceptation des six systèmes de philosophie hindoue et d’un rythme du monde qui connaît des périodes de création, de conservation et de destruction, périodes, ou yuga, se succédant sans fin ;
    4. l’acceptation de la croyance dans la renaissance et la préexistence des êtres ;
    5. la reconnaissance du fait que les moyens ou les manières d’accéder au salut (moksha) sont multiples ;
    6. le fait que, malgré le nombre des divinités à adorer, on peut être hindou et ne pas croire qu’il faille adorer des idoles ;
    7. à la différence d’autres religions ou croyances, la religion hindoue n’est pas liée à un ensemble défini de concepts philosophiques.——————————

    Référence  

    :L’Inde : histoire et civilisation (XIVe siècle av. J.-C. – XXIe siècle ap. J.-C.) (partie 1)-

      https://www.youtube.com/watch?v=L51tPAOXZOc&ab_channel=Jean-MichelDufays    

    :_channel=KTOTV, L’Hindouisme et le Salut-

    https://www.youtube.com/watch?v=xSybp-ICFw8&ab-

      Une histoire des civilisation : L’Inde, de la période védique à l’empire mongol, Edition Inra