Auteur/autrice : Sadegh Keyhani

  • Pensées gnostiques dans les premiers siècles chrétiens

     

    Les courants de pensée préislamiques et postislamiques en Méditerranée et sur le plateau iranien sont basés  sur la philosophie néo platonicienne et la pensée gnostique, les deux principaux piliers des courants intellectuels des siècles ultérieurs.

    Pensées gnostiques dans les premiers siècles chrétiens
    L’école gnostique couvre  l’ensemble des idées mystérieuses  basées sur la dualité entre la lumière et l’obscurité. Ses disciples tentent de se débarrasser de la pollution de la matière et du corps avec austérité pour approcher l’origine de la lumière, qui est un symbole de bonté dans le monde. Ces idées ont existé de l’Inde à la Grèce, sous diverses formes, avant JC, mais au cours des premier et deuxième siècles de notre ère, la pensée gnostique en Méditerranée orientale et à Alexandrie  se développe sous la forme d’une  fusion des enseignements  néo-platoniciens et des croyances juives.  Au troisième siècle, on trouve des traces de ces idées à Babylone où les Juifs constituaient une partie importante de la population. C’est dans ce contexte historique que le prophète  Mani a grandi. Bien que ses pensées soient un mélange de zoroastrisme, de bouddhisme et de christianisme, il y a aussi une aura de gnostique  dans le labyrinthe de ses pensées.
    Les principes doctrinaux gnostiques prennent la forme d’un judaïsme hellénisé basé sur une recherche individuelle. Selon le gnosticisme, Dieu est au-delà du monde sensible et est supérieur à toute description. Il ne rentre pas dans l’imagination et ne peut donc pas être atteint par la connaissance et la logique. Ce n’est que par l’intuition et la révélation que l’on peut aborder son domaine et c’est par  des rituels mystérieux que les croyants  doivent être introduits dans la communauté à travers la cérémonie de la consécration pour profiter de la lumière qui coule du royaume du ciel et retrouver la capacité de combattre le mal.  Le « mal » et les ténèbres sont enracinés dans la matière et le corps humains. La lumière des cieux a été souillée par les ténèbres et les adeptes du chemin céleste  doivent se libérer de cette pollution avec l’austérité et des cérémonies  mystiques. La place du « mal » dans la pensée gnostique est si importante que cette idée  a été appelé la croyance « bi polaire ». Plus la lumière des cieux  descend sur la matière  plus celle-ci est souillée  par lee ténèbres du corps. Ce double mouvement « descendant et ascendant »  a été emprunté au système néo platonicien du deuxième siècle. Il faut souligner  que ces deux idées se sont répandues à Alexandrie à la même époque.
    Mais contrairement aux pensées néo-platoniciennes, les idées gnostiques croient en un Dieu créateur en dehors du monde qui transmet la voie du salut à l’homme à travers ses prophètes. Dans ce contexte, Kiomars, dans la version iranienne et  Adam selon les religions abrahamiques étaient  la première créature de Dieu à déposer « la vie du monde » dans le monde matériel. Dans la croyance gnostique au jour du jugement, les morts ressuscitent. Mais avant cela, les Christ sauveurs viendront  en aide aux disciples.

    Le «Père de l’Église», Yahya  Batiste ou  saint Jean-Baptiste * et six des  disciples du Christ  auraient été membres du courant gnostique juif. Pour clarifier le contexte de ses effets, il est nécessaire de regarder les développements historiques de cette période.
    Les croyances gnostiques sont nées dans les premiers siècles en Méditerranée orientale, à une époque où l’Empire romain cherchait à établir son pouvoir dans la région. Les Souloukides  (successeurs d’Alexandre)   déstabilisés, la région tombe sous la main des romains. Ceux-ci désignent  Hérode comme Roi des juifs  au milieu du premier siècle avant JC.  Considéré  par les Juifs comme une marionnette de Rome, il a pu cependant accroître la prospérité économique et le développement urbain grâce à ses innovations. Il a construit un  port dans le style romain  en Méditerranée orientale et l’a nommé « Césarine. Ce port a apporté beaucoup de richesses à la région. Le temple de Jérusalem a été rénové. C’était le lieu de culte le plus important pour les Juifs. La classe sacerdotale proche du pouvoir s’est beaucoup enrichie, ce qui a ravivé la colère des esséniennes qui menaient une vie austère.  Beaucoup de juifs traditionalistes étaient opposés à la propagation du mode de vie  romain à Jérusalem, notamment à  la construction  de l’amphithéâtre ou  au déroulement des  spectacles  devant le Temple!

    Ils accusaient le clergé au pouvoir d’amasser des richesses et d’être proche des Romains. Les disciples de ce groupe ont prêché la piété à travers une vie ascétique. Certains d’entre eux ont migré de Jérusalem vers d’autres parties de la région, notamment Alexandrie. Dans les années 70 de notre ère, après la répression de la révolte juive par l’empereur romain Titus et le pillage et la destruction du temple juif, la migration vers Alexandrie s’est renforcée. Dans une zone le long du lac … s’est formée une communauté d’adeptes de cette secte dans laquelle les pensées gnostiques circulaient. Les adeptes renonçaient à la propriété de leur biens, les partageaient avec d’autres et vivaient une vie ascétique dans laquelle les rapports sexuels étaient évités. Le végétarisme était également une pratique courante. La présence de juifs gnostiques et de  philosophes néo platoniciens à Alexandrie a imprégné culturellement les élites nord-africaines et dans les siècles suivants cette région a accueilli les disciples de Mani.
    Jean-Baptiste était un prédicateur juif qui a baptisé Jésus-Christ dans le Jourdain et est devenu plus tard l’un de ses apôtres. Il y avait des sectes qui croyaient en lui dans le nord de la Syrie puis dans la plaine de Mishan / la région frontalière entre l’Iran et l’Irak / appelées les Sabins ou les Mandéens. Ils adoraient  l’eau et vivaient en vêtements blancs près des rivières. Mani a grandi dans l’un de ces groupes. Certains Mandéens ne se considéraient pas comme une branche des religions abrahamiques.

     

    * « Gnostique » en grec signifie connaissance et cognition. La pensée gnostique couvre les croyances mystiques qui s’éloignent de la société, basées sur le dualisme des idées iraniennes et du Judaïsme. Bien que la pensée manichéenne soit gnostique, elle est fondamentalement différente du gnosticisme juif car elle rejette le Dieu juif en tant que Dieu d’effusion de sang et violent.
    * La secte essénienne  est une secte juive gnostique qui a migré de Jérusalem vers Alexandrie en Égypte pendant la période du Second Temple. Et il est dit que sept des apôtres de Jésus-Christ ont été influencés par cette secte

    *Le  premier et deuxième temples de Judée: Le premier temple, appelé le Temple de Salomon,  a été construit en 1000 avant JC par le roi Salomon de Jérusalem  et a été détruit par les Assyriens au VIe siècle avant JC. Après le retour des exilés  juifs de Babylone, le Second Temple a été financé par Cyrus et a été achevé en 521, sous le règne de Darius. Le temple a de nouveau été détruit par les Romains en soixante-dix après JC. Plus tard, la mosquée Al-Aqsa a été construite au même endroit et une partie du mur du temple (qui est aujourd’hui le mur de lamentation) se trouve également ici. Pendant le règne du Second Temple, les Juifs étaient divisés en quatre sectes: les Pharisiens, le clergé pro-romain, les  sadducéens (du nom de l’un des prêtres du Temple de Salomon, Sadegh ou Siddiq.) et les Zlotys qui réclamaient l’indépendance des Juifs de l’Empire romain.

  • Le Néo Platonisme

     

     

    L’école néo-platonicienne est un pont entre la philosophie grecque classique et les écoles philosophiques et intellectuelles de la période médiévale tant dans le monde chrétien que dans le monde musulman. Le principal représentant de ce mouvement philosophique était Plotin. Bien que Plotin soit un disciple de Platon, sept siècles les ont séparés.  Platon vivait dans la cité-État grecque et Plotin en Égypte sous la domination de l’Empire romain.   Une époque différente, dont l’une des caractéristiques était  l’émergence des grandes villes  multiculturelles et multi confessionnelles.

    Une époque où les dieux locaux ne répondaient pas aux besoins humains et les religions trans ethniques de l’Asie de l’Est à l’Europe de l’Ouest avaient pris le relais : le christianisme a pu infiltrer  l’appareil d’État de l’Empire romain et déployer ses ailes dans tout l’empire. A l’Est, les rois sassanides en dépit du bon accueil initial à Mani, sont  restés fidèles à leur propre religion, le Zoroastrisme. Les ailes manichéennes coupées ont ouvert la voie à la propagation d’une autre religion à caractère  mondial.  Cette religion sera l’islam, trois siècles plus tard, qui comblera ce vide à l’Est.

    Le christianisme et l’islam, des siècles plus tard, ont eu besoin d’outils intellectuels pour leur développement. Bien que la base de ces religions soit fondée sur la croyance, elles avaient besoin de méthodes et d’arguments pour convaincre leurs publics. Elles les ont trouvés dans la philosophie. La philosophie de Plotin était le pont qui les conduisait à leur but. Saint Augustin sera le représentant de ce changement pour le christianisme et Al-Kindi et Fârâbî pour l’islam. Ce sont eux qui ont parlé de la philosophie platonicienne et nouvelle platonicienne au Moyen Âge pour le christianisme en Occident et pour les élites musulmanes en Orient. Ce n’est qu’après la Renaissance que Platon et Plotin sont revenu des « philosophes ». Dans l’école idéaliste allemande, Kant et Hegel ont été parmi les premiers philosophes renommés à bénéficier de la pensée de Platon, suivis par Bergson et même des philosophes comme Deleuze de nos jours.

    La vie de Plotin :

    Plotin naquit dans une famille riche en Égypte au début du troisième siècle de notre ère. Il a vécu pendant la période de transition de la culture hellénistique à la pensée chrétienne. À Alexandrie, il a étudié la philosophie grecque pendant onze ans et s’est familiarisé avec la pensée iranienne et hindoue grâce à son maître Ammoniums pour qui, la philosophie était avant tout un mode de vie fondé sur  le raisonnement. Puis Plotin est allé à Rome et a formé un cercle, composé de ses disciples de sénateurs, avocats, médecins. Parmi ses orateurs  se trouvaient plusieurs  chrétiens. Ses cours de la philosophie étaient même donnés à l’invitation de la femme de l’empereur, cours auquel l’empereur lui-même participait et les femmes étaient libres d’y assister.

    Plotin accompagnait l’armée romaine pendant la campagne de l’empereur contre les sassanides. C’était l’opportunité pour lui de connaitre de près  la pensée et laculture de  l’Iran et  de l’Inde. Après la défaite de l’armée romaine et la mort de l’empereur, Plotin a dû s’enfuir à Antioche puis il a pu regagner Rome et reprendre ses activités. Durant cette période, Porphyre a rejoint son

    cercle de proches, et c’est grâce à lui qu’aujourd’hui,  nous avons son œuvre écrite. Il y avait aussi un étudiant peintre qui voulait peindre le visage du maître mais comme « Plotin avait honte d’être dans un corps », celui-ci refusa, en disant: « L’ombre qui a voilé notre nature n’est- elle pas assez suffisante ?  » Vous voulez copier cette ombre avec une autre ombre pour que les prochains la voit ?.

    A la fin de sa vie, ses riches disciples ont proposé de construire une petite ville dans le sud de l’Italie pour enseigner la philosophie sous sa tutelle, mais la lèpre du maître ayant défiguré son visage, ses élèves se sont dispersés. Il est mort à l’âge de soixante-six ans à Campanile, dans le sud de l’Italie.

    La pensée de Plotin :

    Dans la philosophie grecque, la connaissance du monde est au cœur de la pensée philosophique. La recherche d’un dénominateur commun était le point central des travaux de tous les philosophes. Pour Thalès de Milet, l’eau ; pour Anaximène penseur de Milet, l’air ; pour Démocrite ou Epicure, l’atome ; pour Platon, l’idée ; pour Aristide, la Forme et pour Plotin, l’Un, le caractère unitaire, unificateur face à la pluralité du monde changeant et éphémère. L’unité face à la multiplicité.

    Certes, Platon a nourri la pensée de Plotin. Mais les sept cents ans d’écart entre les deux philosophes et la domination de divers courants philosophiques* ont permis à Plotin de développer la structure philosophique de Platon : les plantes, les animaux, les êtres humains, l’âme  du monde jusqu’à l’intellect(le noûs) qui  est de l’ordre des idées et  des formes. Dans cette hiérarchie, un mouvement ascendant tire tout vers le haut, en direction d’un monde d’idées.

    Pour Plotin au-delà de cet étape, l’intellect et le » bien » se rapprochent   car ils se sentent déficients et cela les pousse à « s’unir pour monter vers l’Un, placé dans la position de « supériorité de tout ». L’Un est inqualifiable. Aucun attribut ne peut l’affecter. Le rapport de « l’Un » avec la hiérarchie substantielle est de « progéniture et création » qui s’écoule jusqu’au le plus bas degré de l’échèle. Ce mouvement descendant est motivé par la création. Il y a un autre mouvement inverse, ascendant de la matière vers l’intellect, animé par l’Ame du monde et de là vers « l’Un « motivé par le « bien ». Ce mouvement vers le haut est activé par le désir de combler son manque. Ces deux mouvements sont simultanés. Ce mouvement à double sens est le cœur palpitant du système de l’univers

    Néo platonisme et le christianisme

    Plotin avait fait ses études de philosophie à Alexandrie. Avec Jérusalem, Antioche et Constantinople, Alexandrie était l’une des plus grandes villes où le christianisme était présent dès le premier siècle. Plotin connaissait donc les débats entre chrétiens dans sa ville.  Quand Plotin a commencé ses cours à Rome, des chrétiens y participaient et assistaient aux débats avec le Maître.

    Il y a des similitudes entre ces courants de pensée, surtout entre le premier principe de Plotin(l’UN) et le Dieu chrétien. Mais le premier est dans le système cosmique et dans des rapports d’émanation  avec le monde subalterne, alors que le Dieu chrétien est un Dieu créature.

    Chez Plotin, l’Un, l’intellect et l’Ame du monde sont en rapport direct, ce qui n’est pas sans rapport avec la Trinité des chrétiens (Dieu le Père, Jésus le fils et le Saint-Esprit). C’était l’idée soutenue par les patriarches à Alexandrie au cours des débats internes en conseils organisés au 3 et 4ème siècle.

    Bref dans les premiers siècles du christianisme, l’Église a emprunté aux philosophes les méthodes et les arguments et même le vocabulaire afin d’être mieux armée pour contrer ses rivaux. Saint Augustin, le plus grand penseur du christianisme du Moyen-Âge est fortement redevable à la philosophie néoplatonicienne et au manichéisme. L’église a mené deux stratégies : soit considérer les néo-platoniciens comme des adorateurs de Dieu et par conséquent,  leur retirer leurs outils intellectuels, soit fabriquer ces outils et proposer une pensée chrétienne en omettant les apports de ces philosophes païens. Nous savons que l’élève de Plotin, Porphyre, qui a rassemblé les œuvres du maître, a écrit un article pour rejeter le christianisme, dans lequel il a qualifié la philosophie comme une pratique intellectuelle fondée sur le questionnement et le raisonnement, fort différent de la religion qui est le résultat de la foi. Le but de la religion est d’adorer un Dieu, et elle mobilise tous les arguments et toutes les méthodes, notamment le langage philosophique pour y accéder. Pour les premiers, le résultat n’est pas défini par avance, et pour les seconds, le but est prédéterminé.

    Les œuvres écrites des platoniciens ont été brûlées à plusieurs reprises par la pression chrétienne, même lorsque le christianisme n’était pas encore une religion officielle. Plus tard, les écoles de philosophie athénienne ont été fermées et elles ont migré vers l’est, vers l’empire sassanide.

    Néo platoniciens et islam

    La migration des enseignants et des penseurs de Constantinople vers l’Est a conduit à la traduction d’ouvrages philosophiques et scientifiques grecs, en pahlavi et après l’avènement de l’islam, en arabe. Comme les chrétiens, les musulmans ont utilisé la philosophie grecque comme outil de lutte idéologique contre leurs rivaux, à la différence que le christianisme a prospéré dans la culture hellénistique et que le grec, était sinon la langue principale, mais au moins la langue de la science et de la philosophie. En Orient, de nombreuses élites ne connaissaient pas le grec et avaient accès à la traduction de ces ouvrages. Les traductions qui ont été faites n’étaient pas très exactes et les écrits des néoplatoniciens étaient considérés comme l’œuvre de Platon et d’Aristote. Le début de la pensée religieuse de l’Islam est inscrit dans le cadre des néo-platoniciens  des pensées gnostiques,  et chaque penseur a profité de l’accès à ces pensées et y a ajouté ses propres caractéristiques. De Fârâbî, qui était appelé le deuxième Maître  dont l’expertise concernait les idées d’Aristote, à Ghazali qui était connu pour son opposition farouche à la philosophie, et d’Ibn Sina, le rationaliste, à Sohroudi, qui a suivi l’illumination de Khosrowani, ils ont tous bénéficié de l’éloquence néo-platonicienne. La théologie, le mysticisme, le soufisme et la pensée islamique en général prennent leurs racines principales dans la pensée néo-platonicienne. Bien sûr, comme le christianisme, les musulmans empruntaient à la philosophie ce qui se trouvait dans le cadre de leur foi et la question et la recherche philosophique s’arrêtaient à la frontière de la foi dans ce domaine.

     

    Le Néoplatonisme avec Anne Baudart

    https://www.youtube.com/watch?v=E70txcPRDmk

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    Les nouveaux chemins de la connaissance par Raphaël Enthoven Date de diffusion : 15.07.2009 Invité : Lucien Jerphagnon (universitaire, historien et philosophe, spécialiste de la pensée grecque et romaine)

    https://www.youtube.com/watch?v=LAosjWAID_E&t=226s

    -Plotin Karl JASPER traduit en persan par Hassan LOTFI.

    Zone contenant les pièces jointes

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    Le Néoplatonisme avec Anne Baudart

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    Plotin avec Lucien Jerphagnon

     

  • la Byzance

    Byzance 30/03
    Byzance a régné pendant plus de onze siècles sur l’Europe du Sud-Est et sur l’Asie Mineure. En raison de sa situation géopolitique, son pouvoir économique et son  patrimoine culturel ont joué un rôle important dans l’histoire de l’humanité. La propagation du christianisme, la formation de l’Europe de l’Est et de l’Europe centrale ainsi que de l’empire ottoman  ont directement été influencés par cette civilisation.
    Géographie: Byzance se situe entre la mer Noire et la Méditerranée. Ces deux mers sont reliées entre elles par le détroit des Dardanelles, la mer de Marmara et le détroit du Bosphore, séparant ainsi l’Asie de l’Europe. Cette voie navigable est depuis longtemps un passage pour les navires marchands. Les ports de la Méditerranée orientale sont restés les ports les plus importants pendant la période byzantine. Des villes comme Alexandrie, Antioche et Constantinople étaient les villes les plus riches du monde pendant des siècles. Les ports exportaient le blé égyptien, le vin et les olives grecs, la céramique émaillée de Constantinople ainsi que des produits importés d’Inde et de Chine,.
    Histoire byzantine: Selon les traditions mythologiques byzantines, Byzance a été bâtie sur l’ordre de l’un des descendants de Zeus
    Mais historiquement au 7ème siècle avant JC, une colonie grecque s’est installée dans la région et a fait fortune en contrôlant le commerce entre la mer Noire et la Méditerranée. Pendant les guerres Iran-Grèce, la région était considérée comme un pont entre les deux puissances rivales. Son rôle dans les relations entre l’Europe et l’Asie est devenu de plus en plus important à partir de cette époque. Sous l’Empire romain, le choix d’une capitale à l’Est était nécessaire en raison de la vaste étendue de l’Empire et du conflit constant avec l’Iran. L’empereur romain choisit Byzance  et l’a renouvelée et agrandie. À partir de 330 après JC, la nouvelle ville, appelée Constantinople, est restée la capitale orientale de Rome jusqu’à sa chute au XIVe siècle. Les habitants de cette région étaient généralement grecs et la culture hellénique était répandue dans toute la Méditerranée orientale. C’est sous la domination romaine qu’a été établi le système bureaucratique, juridique et politique d’administration de l’empire. L’organisation économique de la ville et de l’empire ont également été modifiées. L’Empire  byzantin est donc la continuation logique de l’Empire romain.
    Le christianisme, en tant que religion d’État, est retourné à Constantinople où autrefois il était bien enraciné. Cette ville a été l’un des deux centres du christianisme dans le monde  jusqu’au  15eme siècle.

    Les historiens divisent l’histoire byzantine en trois périodes :
    Du quatrième au septième siècle c’est la période de reconstruction de l’Empire romain dans la partie orientale. L’invasion arabe a arrêté la croissance de l’Empire byzantin pendant un certain temps, mais à la fin du neuvième siècle, Byzance a de nouveau été relancée jusqu’en 1204, avec l’occupation de la ville par les croisés chrétiens. De cette date jusqu’à la chute de Byzance provoquée par les Ottomans en 1453, le pouvoir a changé de mains au rythme des invasions françaises, italiennes ou turques.
    Une reconstruction dans le prolongement de l’Empire romain. Malgré les changements politiques, la structure démographique de la région a toujours reposé sur une majorité de culture hellénique qui allait du sud des Balkans à l’extrémité grecque de la mer Noire jusqu’au littoral oriental de la Méditerranée et Alexandrie en Égypte. Le régime byzantin et ses peuples sont l’un des fondements de la formation de l’Europe centrale et orientale d’une part et des pays du Moyen-Orient d’autre part. La civilisation byzantine était la descendante des civilisations grecques, romaines et helléniques avec également un apport des civilisations orientales. C’était une civilisation urbaine, avec les villes les plus grandes et les plus riches de cette époque. Cette  vaste région était administrée  par un appareil d’Etat développé et efficace  dans lequel toutes les affaires de l’État étaient enregistrées.
    L’empereur Justinien au VIe siècle a ordonné de rassembler et d’organiser toutes la législation de Rome. Ces lois sont devenues un des fondements de presque tout les états modernes *. Certains historiens considèrent que l’administration soviétique est basé sur celle de Byzance. Du point de vue économique, la valeur  de la monnaie byzantine est restée quasiment stable pendant quatre siècles (7ème/11ème). La quantité d’or et d’argent stockée en trésorerie  était sans pareille de  son temps. Son économie agricole reposait sur de grandes unités, les « domaines », selon le modèle romain. Mais la main-d’œuvre de ces unités, contrairement au sud de l’Italie, n’était pas composée d’esclaves. Les artisanats et  diverses professions  étaient largement développés dans les villes, mais c’est le commerce qui a permis cette place unique de l’économie byzantine. Les ports de la Méditerranée orientale et les villes non loin de la mer participaient à cette activité économique (y compris les riches commerçants iraniens sous les Seldjoukides et les Mongols qui avaient des bureaux dans la ville de Bursa).

    En cette période contemporaine de pandémie, il est à noter que de 750 à 541 avant JC, pendant plus de deux siècles, la peste bubonique – une peste qui laisse des blessures apparentes– s’est propagée à travers le territoire byzantin. Elle était aussi appelée « la peste justinienne » car l’empereur en était atteint notamment au visage.

    À cette époque, le régime byzantin était lié au sort du christianisme. En fait, Byzance se présentait comme représentant et partisan du christianisme. Après la chute de Rome, Byzance a tenté à plusieurs reprises d’expulser de la terre d’Italie les tribus  germaines. L’armée byzantine s’est également  rendue dans le sud de la France et l’est de l’Espagne pour réprimer  les sectes chrétiennes » apostats « . Les wisigoths  ont  abandonné l’Arianisme  et embrassé le christianisme version  byzantine. Byzance a éradiqué les autres sectes chrétiennes en Orient. C’est pourquoi  une  grande partie des chrétiens orientaux ont été séparés. * Une forte crise religieuse, l’iconoclasme marque de 730 à 843 cette période. Mais après un siècle de lutte interne au sein de l’église, ces interdictions ont été supprimées et les sites religieux ont retrouvé le culte des images en 843
    De la Renaissance de la  fin du IXe siècle à l’échec  de 1204.
    Byzance a perdu une partie importante de la Méditerranée orientale après l’invasion arabe. Mais « à une organisation militaire repliée et territorialisée succède le rétablissement d’une armée centrale, composée de professionnels ou s’intègrent de nombreux étrangers (Bulgares,  Russes, Arméniens et d’autres) ». Dans le même temps, nous assistons à la croissance de villes comme Thessalonique, Mira, Éphèse, Nicée, Bursa, Pergame, Sarde, Aphrodisie … et en général les villes du sud-ouest de l’Anatolie. Constantinople, en particulier, a prospéré dans sa première période au Xe siècle. La capitale byzantine comme les grandes villes musulmanes (Bagdad et le Caire), était le centre de la civilisation de ces premiers siècles  du début du deuxième millénaire. Au cours de cette période, l’urbanisation de la capitale s’est développée  comme le constate un chroniqueur  vénitien : en plus des églises et des monastères dans les  zones urbaines, des écoles et des centres d’enseignement de la philosophie et des sciences grecques ont redémarré. Il y avait aussi des hôpitaux et des hospices  pour les personnes âgées. La population de la ville est passée à plus de 400 000 habitants.
    Au cours de cette période, il y a eu deux événements importants : Le premier c’et la défaite de l’armée byzantine contre les Seldjoukides aux portes de la capitale et la possibilité d’un effondrement de la capitale si Tamerlan n’attaquait pas l’Anatolie. Au final les Seldjoukides fonderont un État en Anatolie et ne prendront pas Constantinople. Le second a été le schisme entre Rome et  Constantinople en 1054 .

    De la Renaissance de la fin du IXème siècle à l’échec de 1204.

    Byzance perd une partie importante de la Méditerranée orientale après l’invasion arabe. Mais « à une organisation militaire repliée et territorialisée succède le rétablissement d’une armée centrale, composée de professionnels où s’intègrent de nombreux étrangers (Bulgares, Russes, Arméniens et d’autres) ». Dans le même temps, nous assistons à la croissance de villes comme Thessalonique, Mira, Éphèse, Nicée, Bursa, Pergame, Sarde, Aphrodisie … en général les villes du sud-ouest de l’Anatolie. Constantinople, en particulier, va prospérer dans la première moitié du Xème siècle. La capitale byzantine comme des grandes villes musulmanes (Bagdad et le Caire), formaient les foyers de la civilisation de ces premiers siècles  du deuxième millénaire. Au cours de cette période, l’urbanisation de la capitale s’est développée  comme le constate un chroniqueur  vénitien. En plus des églises et des monastères dans les  zones urbaines, des écoles et des centres d’enseignement de la philosophie et des sciences grecques ont redémarré. Il y avait aussi des hôpitaux et des hospices  pour les personnes âgées. La population de la ville est passée à plus de 400 000 habitants.

    Au cours de cette période, il y a eu deux événements importants : la défaite de l’armée byzantine contre les Seldjoukides aux portes de la capitale et la possibilité d’un effondrement de la capitale si Tamerlan n’attaquait pas l’Anatolie. Cependant, les Seldjoukides ont fondé un État plus à l’Est en Anatolie et Constantinople a été épargnée. Le deuxième événement a été le schisme religieux entre Rome et  Constantinople survenu en 1054.
    La quatrième croisade, précédée en 1182 par le massacre des latins de Constantinople et de Thessalonique, a entraîné en 1204 la prise de Constantinople par les croisés et le partage des restes de l’Empire.
    Les croisés ont pu arrêter l’avance des tribus turques pendant un certain temps et même les repousser, mais la faiblesse de l’Empire byzantin, associée au déclenchement de la peste noire, a ouvert la voie à la conquête anatolienne permanente des tribus turques. Un autre facteur accélérant ce processus a été la migration massive de l’élite arménienne d’Anatolie vers la capitale, qui a affaibli ces zones face aux envahisseurs d’Asie centrale. Au cours des périodes suivantes, avec la migration des Turcs, et en particulier des Turkmènes, les premiers vagues des arméniens de ces régions ont été contraints de partir. Cependant, après la fin des invasions de Tamerlan  et de Mongol, les Turcs d’Anatolie ont pris le pouvoir. Le sultan Bayezid a mis le pied en Europe par la mer Noire et attaqué Constantinople par la voie terrestre.  Les murs défensifs de la ville, qui restaient infranchissables depuis des siècles, ont retenu encore une fois le djihadiste ottoman qui rêvait de conquérir la capitale du christianisme et ses vastes richesses. Ce n’est qu’en 1452 que l’armée ottomane entrera à Constantinople et l’empire byzantin s’effondrera après un règne de 1100 ans.
    Les élites vont émigrer en Occident, en particulier à Florence, et vont participer à l’émergence de la Renaissance européenne. Par ailleurs, l’Empire ottoman hérita de la culture byzantine et de l’administration de l’Etat. Byzance était  un condensé des civilisations de son temps. La culture hellénique était la pierre angulaire de l’Empire byzantin, mais l’hellénisme lui-même était un mélange de culture grecque, de civilisation perse  et des acquis  de la civilisation égyptienne. Cet ensemble culturel auquel s’ajoutaient le droit romain et les connaissances techniques de Rome ont permis la création d’une civilisation brillante qui a sans aucun doute eu un impact sur la civilisation humaine et a notamment influencé les pays voisins.

    Selon un axe Sud-Nord: la propagation du christianisme en Russie, en Europe de l’Est et en Europe centrale est le résultat de l’influence byzantine dans ces régions. Leur christianisation entreprise par Cyrille et Méthode (les  inventeurs de l’alphabet  cyrillique) fait entrer ces régions dans la communauté chrétienne balkanique.  Ces deux frères  étaient d’origine grecque et nourris par la culture byzantine.
    Un regard sur les dômes de Kiev, de Moscou et d’autres villes d’Europe orientale illustre l’influence de l’architecture  de Byzance. Après la chute de Constantinople, l’empereur russe Ivan III, qui avait épousé la fille de l’empereur byzantin, se considérait comme un successeur byzantin et défenseur du christianisme. Ce phénomène a marqué la culture politique de la Russie jusqu’à aujourd’hui. Les liens religieux, linguistiques sont à la base de la culture d’Europe de l’Est qui veut aujourd’hui être acceptée par les autres nations européennes. La Russie s’est également éloignée de sa position historique, reconnaissant la place de la culture de ces nations

    Par ses racines helléniques, Byzance était l’héritier du système bureaucratique et administratif des achéménides, et avait non seulement l’expérience de l’administration de l’empire mais aussi des coutumes de la monarchie perse et l’a transféré en Europe. Les califes omeyyades et abbassides ont construit leur empire sur la base des systèmes politique et administratif perse et byzantin. Tout comme l’organisation bureaucratique byzantine avait une structure solide qui permettait aux tribus d’Asie centrale d’avoir une civilisation brillante avec des caractéristiques traditionnelles et religieuses propres à ces tributs. .

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    -* le réforme de Charlemagne et la Renaissance de Byzance ainsi que la construction de « madrasas » à Bagdad et aux villes de Khorassan (Boukhara ou Samarkand et Nichapour… ) témoignent d’une influence mutuelle entre les cultures. Ce phénomène s’est souvent répété dans l’Histoire des civilisations et mérite d’être souligné.

    **Le rôle de protecteur des peuples chrétiens était un élément de la politique de Pierre le grande pour conquérir les pays du sud de la Russie comme l’Arménie et la Géorgie. La Russie était bien décidée de même à « libérer » Constantinople si elle gagnait la guerre de Crimée. C’est l’intervention de l’Angleterre et la France qui va empêcher la réalisation de ce projet.

    Ce rôle de «sauveur» transformé en «château fort rouge de la Révolution » à l’époque soviétique et aujourd’hui ressort de la bouche de Poutine.

    Tout cela n’empêche pas l’égocentrisme de l’Europe occidentale qui nie la place de l’autre moitié de l’Europe et de la Russie. D’où l’importance de l’Empire Byzantin !

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    Références :

  • Histoire de Rome

     

     l’Histoire de Rome

     Les Étrusques :

    Les Étrusques étaient des immigrants de Lydie en Asie Mineure (aujourd’hui la Turquie). Ils s’établirent dans l’ouest de l’Italie (de la Toscane au sud de Rome) et bâtirent leurs premières villes en Toscane. Ils découvrirent dans les îles voisines de la mer Méditerranée de riches mines de métaux, en particulier de l’or et de l’argent. L’extraction de ces métaux les conduisit à des relations commerciales avec la Grèce au VIIIe siècle avant J.-C. Pendant cette période, les Étrusques apprirent l’alphabet grec.

    Leur religion était polythéique et ils avaient une approche non dogmatique de leur livre saint. Leurs sanctuaires ressemblaient à ceux des temples grecs. Ils déposaient leurs morts dans des cercueils en pierre sculptée souvent notamment d’images festives, avec la présence notable de femmes et d’hommes. Ce qui démontre le rôle des femmes dans ce type de cérémonie, ce qui n’existait pas en Grèce et à Rome.

    Dans leur société, le pouvoir appartenait à l’aristocratie, et le peuple, bien que non esclave, était inférieur. Les Romains apportaient leur aide au maintien de cet ordre social. Par conséquent, lorsque les Romains envahirent leur territoire, ils conquirent facilement leurs villes et détruisirent leur civilisation.

    Rome

    Selon les récits mythologiques,  deux frères Romulus et Remus, abandonnés et élevés par une louve seraient à l’origine de la ville de Rome.

    Mais selon les historiens grecs, trois tribus vivaient à Rome : les Sabéens près du Capitole, les Latins à l’ouest de Rome et les Étrusques qui ont émigré à Rome dans la seconde moitié du VIIe siècle s’installant dans une zone marécageuse. Ces tribus décidèrent de collectivement construire Rome. Les Étrusques savaient drainer et la construction de canaux permit de développer considérablement les zones agricoles. Rome vit l’émergence d’un système de royauté au VIIe siècle av. JC. Sur ce principe, chaque tribu gouverna à tour de rôle Rome. Au Ve siècle, alors que les Étrusques régnaient, le peuple se révolta et le système républicain remplaça la monarchie.

    La communauté romaine  se composait alors de deux classes principales : les Patriciens – de même origine que le mot « patron » – et la Plèbe. Ces derniers travaillaient dans l’agriculture et l’élevage et n’avaient pas de droits politiques.

    La communauté romaine était basée sur la famille élargie avec un homme âgé à la tête de chacune d’elle. Plusieurs familles d’ascendance commune formaient un clan et les anciens de ces clans constituaient le Sénat qui était la plus haute juridiction politique de la ville. Parfois, le Sénat confiait l’exécutif à un dictateur élu.

    Le clientélisme était partie prenante du système politique romain. Les familles patriciennes, pour accroître leur influence, accordaient des concessions à leurs populations qui, ensuite votaient pour le chef de famille lors des élections sénatoriales.

    En 494 avant JC, il y eut une sédition de la plèbe. Les patriciens craignant que le peuple ne les rejoigne, durent accorder de nouveaux droits à la plèbe. Dix magistrats furent élus et rédigèrent du droit civil et pénal afin de réconcilier les deux groupes. À la fin du quatrième siècle avant JC, la classe dirigeante a été élargie aux échelons supérieurs de la plèbe.

    Par ailleurs, dans le cadre du nouveau système politique et militaire, deux consuls sont élus pour un an. Le Sénat conserve son rôle consultatif et désigne un préteur  pour les affaires administratives et un questeur pour les affaires fiscales.

    Rome était une petite ville jusqu’au troisième siècle avant JC. Son expansion débute en direction des villes grecques du sud puis ensuite à toute l’Italie. Mais la véritable puissance de Rome a commencé avec la victoire contre l’Empire de Carthage après de longues guerres qui lui permirent de conquérir les voies maritimes et les comptoirs  en Méditerranée. Les Romains vainquirent également les successeurs d’Alexandre en Macédoine, en Anatolie et en Égypte, affirmant leur domination impérialiste dans la Méditerranée orientale, gagnant ainsi d’énormes richesses et une armée d’esclaves.

    Dans la première période de la République, les conditions de travail des esclaves étaient meilleures à Rome qu’en dehors, ce qui les a amenés à fuir vers Rome. L’utilisation de la main-d’œuvre esclave est devenue de plus en plus courante dans les zones non urbaines dans le travail agricole ou le travail forcé. De vastes domaines, unités économiques indépendants, ont été créées dans le sud de l’Italie qui pratiquaient toutes sortes d’agriculture et d’élevage. Ces unités vendaient leur surproduction aux villes. L’utilisation généralisée de la main-d’œuvre esclave gratuite a causé la faillite des petits propriétaires et les a poussés vers les villes. Ce groupe se nommait les « prolétaires » qui avaient à peine les moyens de nourrir leurs familles. Ceux-ci ont été souvent manipulés par l’armée et les classes dirigeantes.

    L’expansion des territoires conquis, la main-d’œuvre libre et le contact avec le culte royal hellénique ont lentement préparé le terrain à la montée des dictateurs militaires qui étaient plus aptes à gérer les affaires. Dans la dernière partie du deuxième siècle avant JC, Marius a été le premier grand chef militaire, chargé de supprimer les insurgés sur les territoires nouvellement conquis.  Il dirigea également l’armée romaine contre l’empire Parthe.  Un autre chef militaire, Salla, mata les révoltes de la population pendant la guerre civile. Le conflit entre ces deux chefs militaires reflètait bien leur objectif d’accéder au pouvoir politique.

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    Révolte des esclaves dirigée par Spartacus :

    En l’an 73 avant JC, la révolte menée par Spartacus et Crixos comprenait de nombreux esclaves mais aussi de nombreux petits agriculteurs. Le soulèvement qui commença dans le sud, s’étendit à d’autres parties de l’Italie. À plusieurs reprises, les soldats romains furent battus. À l’automne, Spartacus commandait 40 000 hommes et occupait la Campanie. Des foules de déshérités ralliaient son camp. Mais un désaccord stratégique entre les dirigeants affaiblit leur mouvement. Crixos voulait le remplacement des dirigeants romains par les révoltés, tandis  que Spartacus décidait d’étendre  la rébellion au nord de l’Italie. Ils remportèrent de nombreuses victoires contre l’armée romaine dans le nord jusqu’à la troisième année de la rébellion et Crassus l’ami de César fût alors désigné par le Sénat pour mâter la rébellion.

    Spartacus* avec 2000 esclaves rebelles décida de se retirer en Sicile à l’aide de pirates qui devaient les emmener à Messine. Mais ceux-ci   trahirent Spartacus qui fût tué dans le sud de l’Italie. Plus de 8 000 rebelles furent crucifiés et les commandants de l’armée romaine, Pompée et Crassus se déclarèrent victorieux.

    *Spartacus était un berger originaire de Terrace en Bulgarie actuelle. Capturé par les romains comme esclave, il devint un grand gladiateur révolté mais pas révolutionnaire. Chef d’une armée de 80000 hommes qui devait piller pour survivre pendant les trois ans de la lutte.

    Bien qu’il voulût rentrer chez lui, face à la demande de ses compagnons d’arme, il resta leur chef jusqu’à son dernier souffle.

    Pour en savoir plus

    https://youtu.be/R-pR0We_RWs

    Les guerres civiles et étrangères ont accru le pouvoir de l’armée et accéléré sa professionnalisation. Ces conditions ont conduit au premier «triumvirat » des commandants militaires, Crassus, Pompée et Jules César.

    César qui était un jeune partisan du parti populiste, devint le chef militaire conquérant de la Gaule et les tribus germaniques. Ces guerres ont fait plus d’un million de morts, mais le succès militaire l’a amené au poste de consul. Crassus a été tué pendant la guerre contre les Parthes, et Pompée a été vaincu par César pendant la guerre civile et s’est enfui en Égypte où il a été assassiné, faisant de Jules César le chef du Sénat à vie. Mais le 15 mars de la même année, lorsqu’il voulût présenter son projet de guerre contre les parthes au Sénat, il fut assassiné par plusieurs sénateurs dirigés par son fils adoptif, Brutus. Selon Shakespeare, César a demandé à Brutus au dernier moment, Brutus toi aussi ? Et son fils adoptif a répondu : « Si je te tue, ce n’est pas parce que je ne t’aime pas, mais c’est parce  j’aime plus Rome!

    Après la mort de César, la guerre civile a de nouveau éclaté. En 43 après JC, trois commandants militaires, Lipide, Anthony et Octave Augustus qui combattirent aux côtés de César prirent le pouvoir et formèrent le deuxième  triumvirat. Ils se partagèrent l’empire, Anthony l’Est, Octave l’Ouest et Lipide l’Afrique. Lipide décéda rapidement et Anthony épousa Cléopâtre, la Reine d’Égypte. Mais Octave rapidement envahit l’Égypte, entraînant le suicide d’Antoine et de Cléopâtre ce qui mit fin au règne des derniers descendants d’Alexandre.

    Le 27 octobre, Octave fût élu par le Sénat comme seul responsable des affaires civiles et religieuses. Il fût appelé désormais Auguste. Il fît  une vaste réforme dans la ville de Rome et dans d’autres régions.

    ** L’expansion de Rome du Tigre à l’océan Atlantique a nécessité une armée permanente et régulière sous les ordres d’une puissante hiérarchie militaire. Les successeurs d’Alexandre transférèrent la souveraineté de grand Roi d’Orient aux Romains. Le Sénat romain ne considérait pas que l’administration d’un tel empire fût  possible au sein de la république et mit en place l’empire. En Iran, par exemple, le peuple n’était pas l’esclave mais le sujet du Chah, tandis qu’en Grèce et à Rome, même les dictateurs régnaient dans un cadre juridique doté d’un système administratif indépendant, et le dictateur lui-même servait le peuple, et non l’inverse.